LA FRANC-MAÇONNERIE A EXTORQUE LE POUVOIR
— Mais la France s'est donnée librement par le suffrage universel, osent dire quelques-uns. C'est son affaire et c'est son droit. Il faut toujours bien que quelqu'un la gouverne.
Non. La France ne s'est pas donnée librement. Car il y a un fait aussi indiscutable que celui de l'absorption de la République par la Maçonnerie : c'est que cette absorption s'est opérée d'une manière clandestine et frauduleuse, à l'insu de la nation, à laquelle les francs-maçons n'ont cessé de répéter qu'elle était souveraine, tout en lui subtilisant sa souveraineté.
La France ne s'est pas donnée à la Franc-Maçonnerie, puisqu'en élisant des sénateurs et des députés francs-maçons elle ne savait pas qu'elle confiait ses destinées à des citoyens qui avaient prêté serment à une autre puissance qu'à elle-même, et qui, en fait, ne pouvaient se soustraire à la domination de ctlle-ci
parce qu'elle les tenait par leur intérêt. La vraie faute, le crime inexpiable de touscesélus francs-maçons, ce qui fait d'eux des traîtres vis-à-vis de la France, c'est précisément d'avoir caché qu'en acceptant le mandat de sénateur ou de député ils livraient le pays à la Franc-Maçonnerie, société secrète, société inconnue, dont il se peut que la direction soit antifrançaise.
Nous devons ajouter que l'exercice du pouvoir est aussi frauduleux et clandestin qu'en a été l'absorption.
On ne cesse de nous dire, en effet, que le régime sous lequel nous vivons est celui d'une République démocratique. En réalité, c'est là un mensonge hypocrite ; car rien n'est plus contraire à un régime démocratique que celui qui nous est imposé.
Sous une République démocratique, le gouvernement doit appartenir à la nation, et à elle seule. Ce gouvernement doit être exercé au grand jour, par l'intermédiaire de délégués obéissant uniquement aux citoyens dont ils reçoivent mandat; et cela, pans intervention d'aucune puissance, d'aucune force, d'aucune association, de quelque nature qu'elle soit. Gouvernement au grand jour surtout ; c'est la condition sine quâ non d'une République démocratique.
Or, dans la République maçonnique actuelle, ce n'est pas la nation qui se gouverne elle-même ; c'est une association qui gouverne la nation. Cette association ne gouverne pas au grand jour, mais en se dissimulant. Ses membres se réunissent secrètement. Ils se mettent « à couvert», sous la protection des« frères tuileurs », dans des locaux appelés par eux loges, pour
y délibérer sur les affaires de l'Etat. Ils préparent là les lois qu'ils méditent de nous imposer et qui tendent en particulier à assurer de plus en plus leur domination. Ils portent ensuite ces lois sous forme de projets, à la Chambre et au Sénat, où ils se sont introduits en majorité grâce à la fraude que nous avons dite. Ils font semblant d'y délibérer sur elles avec ceux des sénateurs et députés qui ne sont pas francs-maçons. Mais ces délibérations n'ont lieu que pour sauver les apparences, pour tromper le peuple. En réalité, tout est prévu, arrangé à l'avance dans les conciliabules secrets des loges. C'est dans ces conciliabules qu'est le vrai Parlement; et celui-là échappe au contrôle national. Toute la mise en scène politique est pure comédie. Les discoureurs francs-maçons de la Chambre et du Sénat s'entendent avec les ministres également francs-maçons comme larrons en foire. Les uns votent ce dont ils sont convenus ; les autres exécutent les lois votées. Le peuple regarde faire sans pouvoir comprendre, sans pouvoir se rendre compte du mensonge dont il est victime.
Nous n'avons pas même l'ombre d'une République démocratique. Nous vivons sous un régime de dictature secrète.
De tout ce que nous venons de dire, les preuves surabondent. Elles sont fournies par les procès-verbaux officiels des travaux maçonniques. Nous n'avons cité que quelques-uns de ces procès-verbaux ; mais il y en a des centaines, des milliers d'autres qui pourraient servir à établir que la tractation des affaires publiques françaises a lieu dans les loges et les con-
vents maçonniques, et que la Chambre et le Sénat ne sont plus que de simples assemblées d'enregistrement ; par conséquent que la France est soumise à la tyrannie d'un maître qui n'ose même pas se montrer au peuple, qui préfère lui mentir lâchement et qui s'appelle la Franc-Maçonnerie.
Ces documents sont si nombreux qu'ils remplissent des volumes, et ces volumes ont été écrits. Si la conviction du lecteur n'est pas faite par la démonstration qui précède, il n'a qu'à lire la Pétition contre la Franc- Maçonnerie du député de Paris, Prache ; la Franc- Maçonnerie et la Question religieuse que j'écrivais en 1892 et qui est encore d'aujourd'hui, sauf pour ce qui concerne les chiffres, le mal ayant empiré comme je le prédisais ; Le Plan Maçonnique^ de Michel Le François ; les ouvrages de Georges Goyau, Paul Nourrisson, Jean Bidegain ; les brochures de MM. Louis Dasté, Gabriel Soulacroix, l'abbé Tourmentin, moi-même, et bien d'autres.
Enfm, depuis quelques années, les publications périodiques antimaçonniques : La France chrétienne^ de M. de la Rive ; La Franc- Maçonnerie démasquée^ de l'abbé Tourmentin, et La Bastille, que je dirige, sans compter les journaux d'opposition, en ont recueilli à profusion, au fur et à mesure des nécessités de la discussion quotidienne.
Les preuves sont donc à la portée de tous. Et, puisqu'il s'agit de la liberté et peut-être de l'existence de la France, nous sommes obligés de dire que traîtres ou lâches sont ceux qui refusent de regarder l'évidence et d'agir en conséquence.