LES PAS. L ASCENSION DANS LA BETISE
IMPOSSIBILITÉ d'expliquer PAR TOUT CELA LA PUISSANCE MAÇONNIQUE.
Si burlesques qu'elles soient, ces cérémonies, nous le répétons, ne sauraient être comparées à la scène du cadavre.
Il semble donc bien que les francs-maçons se livrent à des exercices d'autant plus stupides qu'ils montent plus en grade. Cette sorte d'ascension dans la bêtise semble, d'ailleurs, marquée par les « pas » qui sont particuliers à chaque grade. Car il faut savoir que les francs-maçons, lorsqu'ils pénètrent dans leurs ateliers, une fois les travaux commencés, ne marchent pas comme tout le monde.
Chaque grade a son pas. Celui d'apprenti, le seul qu'il soit permis d'exécuter dans les tenues solennelles en présence des apprentis, est déjà passablement ridicule. Celui de compagnon l'est davantage. Quant à celui de maître il atteint les dernières limites du grotesque. Le franc-maçon qui exécute le pas de maître doit rassembler dans un même exercice le pas d'apprenti et celui de compagnon, et il termine en enjambant et réenjambant de droite à gauche et de gauche à droite, trois fois de suite, en lançant le pied très haut, le fameux cadavre d'Hiram qui, bien entendu,
est absent, mais que l'exécutant doit cependant s'appliquer à ne pas heurter.
Ce n'est pas sans motifs, on le voit, que les francsmaçons bas gradés se montrent portés, ainsi que nous l'avons dit, à n'attribuer aucune importance aux hauts grades. Ils acceptent sans aucune difficulté l'opinion qui circule dans les loges, — venant on ne sait d'où, — et d'après laquelle les hauts grades seraient réservés à ceux des maçons qui sont assez vaniteux pour ne reculer devant aucune stupidité par amour du galon.
L'observateur inaverti partage en cela l'opinion des bas gradés. Il est réduit en conséquence à ne chercher nulle part ailleurs que dans les « tenues d'apprentis )) la raison de la force de la Maçonnerie. Or, il n'y voit rien, — rien autre chose que ces discussions fanatiques dont nous avons parlé, entremêlées de i( batteries d'allégresse )>, de « batteries de deuil », de récitations de catéchismes et d'initiations qui, en somme, n'initient le profane à rien du tout, si ce n'est à l'état d'enfance dans lequel son admission dans la Franc-Maçonnerie l'a fait incontinent rentrer.
Mais alors, plus nous avançons et plus la question s'obscurcit. Car enfin, ce n'est pas d'aujourd'hui que les francs-maçons se livrent à de pareilles pitreries. Voici deux cents ans que cela dure. Et ces paillasses, honteux d'eux-mêmes, sont nos maîtres !
Gomment nos chefs politiques ont-ils pu conquérir le pouvoir en se livrant à d'aussi stupides exercices? Car ils n'ont pas d'autres titres. C'est ainsi pourtant qu'ils sont arrivés à la puissance. C'est ainsi qu'ont été formés les ministres civils auxquels on a remis, depuis
quelques années, la direction de notre défense nationale. C'est ainsi également que tant de nouveaux chefs militaires ont conquis leurs droits à l'avancement. C'est là' qu'ils ont été dressés. A la place du pas de charge, c'est le « pas de maître » qu'ils ont pratiqué avec des jetés de jambe semblables à ceux des chevaux de cirque, sanglés dans leurs uniformes, ridicules, grotesques, l'éperon à la botte et l'épée de la France au côté !
En vérité, c'est affolant ; et Ton se demande avec effarement comment ces choses peuvent arriver, comment une telle association peut durer.
. Ni supériorité chez les affiliés ! ni supériorité chez les chefs ! ni supériorité d'organisation! Au contraire, l'absurdité ! Voilà ce que nous montre la Franc-Maçonnerie. Et cependant elle persiste! Voici deux cents ans que sont pratiquées les momeries dont la stupidité provoque notre étonne aient. Voici deux cents ans que tous les nouveaux initiés en sont tour à tour . ahuris. Beaucoup ne se sont jamais remis de cette première stupéfaction. Infiniment nombreux sont les francs- maçons qui rougissent des cérémonies rituéliques auxquelles ils s'astreignent. Ils ne les voient nécessitées par rien. Ils en demandent et redemandent la suppression, de génération en génération. Et cependant on les maintient quand même ! Qui donc les maintient, et dans quel but? Encore une fois c'est affolant ! Il y a là quelque chose d'illogique et d'impossible à comprendre. Ce mystère parait inexplicable, et nous n'avons plus maintenant, semble-t-il, qu'à abandonner la partie.