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LES AUTEURS QUI FONDERENT LA SCIENCE ANTIMAÇONNIQUE

Il était nécessaire de s'appuyer sur d'autres données pour appeler l'attention sur les méfaits maçonniques.

Ces données ne manquaient pas; car des ouvrages de grande valeur avaient été publiés sur la Franc- Maçonnerie, et depuis longtemps. Malheureusement, leur étude exigeait de sérieux efforts. Et c'est pourquoi le public catholique avait commis la faute de les dédaigner. Il avait trouvé plus commode, le fait maçonnique étant mis sur le dos du diable, de prier Dieu de terrasser son ennemi. Il oubliait le mot de Jeanne d'Arc : « Les hommes d'armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. » C'est cette faute de paresse qu'il paye aujourd'hui.

Parmi les auteurs qui s'étaient fait particulièrement remarquer par leurs travaux sur la question maçonnique, il faut citer en premier lieu l'abbé Barruel qui publia, en 1797, un ouvrage en cinq volumes

intitulé : Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme. Dans cet ouvrage, Barruel, s'appuyant sur une documentation abondante, dénonçait la Franc- Maçonnerie comme Torganisatrice de la Terreur.

Après lui, un homme qui n'était pas dominé par ce qu'on a pris l'habitude d'appeler le préjugé catholique, le protestant saxon Eckert, recommença, de 1840 à 1850, la même démonstration, qu'il appuya sur des éléments nouveaux, en l'étendant à la Révolution de 1830. Il dépensa toute sa fortune et il s'usa lui-même dans son effort de dix années contre la Franc-Maçonnerie.

Trente ans plus tard. Deschamps et Claudio Janet reprirent et développèrent la thèse de Tabbé Barruel et du protestant Eckert. Dans leur ouvrage : Les Sociétés secrètes et la Société^ qui représente plus d'un quart de siècle de recherches documentaires, ils montrèrent la Maçonnerie inspiratrice et organisatrice de la Terreur, de la Révolution de 1830 et de celle de 1848. Ils lui attribuèrent la création de l'unité italienne, celle de l'unité allemande, la Révolution du 4 Septembre et la Commune.

Mais tout cela était si peu en rapport avec l'apparence de bonhomie, voire même de niaiserie, que prenait la Société maçonnique àl'heureoùparaissaient les études dont nous venons de parler, que non seulement le grand public, mais même la fraction la plus éclairée de ce public, dédaignèrent de regarder ce qu'on leur démontrait pourtant avec documents à l'appui. Il fallait quelque chose de plus simple et qui, en même temps, fût corroboré par les événements.

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