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CHAPITRE VIII L'invisible

NÉCESSITÉ d'une FRANC-MAÇONNERIE INTERNATIONALE ET INVISIBLE

La Franc-Maçonnerie française n'est pas seule constituée sur le type que nous avons décrit. Toutes les autres Maçonneries le sont aussi. Toutes superposent des sociétés secrètes, de manière à ce que celles d'en bas soient dominées, sans s'en douter, par celles d'en haut. Toutes, par conséquent, tendent à créer la possibilité de transmission d'une direction occulte. On voit partout cette superposition monter jusqu'à certains groupes analogues au Grand Collège des Rites.

Devons-nous admettre que, si les francs-maçons de tous les pays n'étaient reliés par une organisation internationale, ils eussent ainsi abouti à la même conception? Evidemment non, attendu que les différences de tempéraments, d'habitudes, de mœurs, ont pour conséquences naturelles des différences dans la manière d'envisager les choses et de les organiser?

Il est impossible qu'il se soit rencontré dans chaque pays, aussi bien parmi ceux à tempérament démocratique que parmi ceux à tempérament monarchique, dans les protestants comme dans les catholiques, des groupes d'hommes éprouvant tous le besoin d'imposer

leur manière de voir, en usant des extraordinaires procédés que nous avons constatés et en rêvant partout une organisation pareillement basée sur le mensonge !

L'organe de transmission des volontés invisibles existant partout, nous devons conclure qu'il y a eu unité de direction pour le mettre en mouvement. Si un Pouvoir occulte, universel en ce sens qu'il agit partout, ne transmettait incessamment ses volontés par l'organe universel, cet organe serait sans fonction ; en conséquence il se modifierait ici ou là, s'atrophierait et disparaîtrait. Or il ne s'atrophie pas. Il persiste. Il fonctionne toujours et partout de la même manière ; et, circonstance très significative, c'est, ainsi que nous l'avons fait remarquer, en dépit des réclamations d'une quantité considérable de francs-maçons qui ne comprennent rien, et pour cause, à cette organisation des grades et aux ridicules pratiques auxquelles les oblige son fonctionnement. Cette persistance dans de pareilles conditions est bien la preuve de l'existence d'un Pouvoir occulte qui est international, en ce sens qu'il possède des moyens d'action internationaux. C'est à cette conclusion que nous avions déjà abouti à la fm de notre première partie. Nous la trouvons maintenant corroborée par l'examen de l'organisation secrète maçonnique auquel nous venons de nous livrer. Il y a une tête au sommet de cette organisation, disions-nous, et cette tête a des moyens d'action universels. Nous avons maintenant bien plus de raisons encore pour l'affirmer.

Faut-il croire qu'entre ce Pouvoir occulte inter-

national et lea Francs-Maçonneries des hauts grades réparties dans chaque fédération, dans chaque pays, il n'existe rien? C'est impossible. Autrement, il y aurait un trou dans l'organisme, une solution de continuité entre la tête et les membres. Nous devons envisager qu'il existe certainement une superposition de groupements plus secrets que ceux de la Maçonnerie bleue et de la Maçonnerie des hauts grades, que ces groupements sont internationaux comme le Pouvoir occulte, et qu'ils constituent une autre Franc-Maçonnerie, supérieure, invisible, et internationale, qui joue vis-à-vis des deux que nous venons d'étudier le rôle que jouent celles-ci vis-à-vis du monde profane.

Simple conjecture, dira-t-on. Oui, simple conjecture. Mais peut-on nous reprocher de conjecturer, alors que, si nous y sommes réduit, c'est par la perfidie de ceux au profit desquels fonctionne le mystérieux organisme qui est employé pour l'asservissement de notre pays? Il y a des circonstances dans lesquelles conjecturer est un devoir ; c'est lorsque la conjecture est plus raisonnable que l'abstention. Nous sommes dans une de ces circonstances-là. L'organisme que nous étudions est mis en mouvement par des menteurs ; nous l'avons prouvé. Ces menteurs ne multiplient leurs mensonges que pour arriver à dissimuler cet organisme et ce à quoi il sert. Tel qu'ils nous le montrent, il est inexplicable. Il nous faut donc bien conjecturer pour arriver à l'expliquer, à moins que nous ne restions stupides en face de lui. L'important est que notre conjecture soit dans la logique générale du système maçonnique et

qu'elle s'adapte exactement aux éléments déjà connus du problème. Alors elle peut acquérir une valeur scientifique. Elle est tout au moins plus rationnelle que ne l'est l'abstention.

Or, nous avons la connaissance de plusieurs de ces éléments : tout d'abord, en bas, la Maçonnerie visible ; en second lieu, au sommet, le Pouvoir occulte, dont nous avons prouvé l'existence ; puis le mécanisme qui met la première sous la dépendance du second ; et enfin la préoccupation qui éclate partout, dans cet ensemble, d'assurer la domination de l'invisible sur le visible.

Rapprochez ces données, et un raisonnement s'imposera immédiatement à votre esprit. Vous vous direz :

Pour que le Pouvoir occulte puisse demeurer complètement invisible, ce n'est évidemment pas assez qu'entre la Maçonnerie bleue et lui, il n'y ait que la Maçonnerie des hauts grades. Le manque d'épaisseur des nuées ainsi créées eût laissé filtrer depuis longtemps quelque rayon visible émanant du centre de direction. Puisque le fait de l'invisibilité du Pouvoir occulte existe, après deux siècles de fonctionnement de la Maçonnerie, il faut qu'une zone ait été créée que nous ne connaissons pas, et que la Maçonnerie bleue et celle des hauts grades ne connaissent pas non plus.

D'autre part, les manœuvres du Pouvoir occulte international seraient singulièrement facilitées par l'existence d'une Maçonnerie supérieure, invisible et internationale. On doit même dire qu'elles ne peu-

vent guère se concevoir sans cela. Dès lors, il serait bien extraordinaire que le Pouvoir occulte n'y eût pas pensé, ou qu'y ayant pensé il n'ait pas procédé à une telle organisation, lui qui crée des Maçonneries dans lesquelles il imagine plus de quatre-vingt-dix superpositions de sociétés, et qui ne recule pas dans certaines autres devant des suppressions de vingtcinq de ces sociétés. S'il les crée ou les supprime ici, selon ce qu'il croit nécessaire, il peut tout aussi bien les créer ou les supprimer là, lorsqu'il y trouve utilité.

Il est difficile, disons-nous, de concevoir le fonctionnement du Pouvoir occulte s'il ne peut s'appuyer sur une Franc-Maçonnerie internationale et invisible comme lui.

Comment en effet ce Pouvoir, qui, bien qu'agissant internationalement, est composé d'hommes appartenant à une même race ou à une même religion, ou plutôt à une même race et à une même religion à la fois, ainsi que nous le verrons, parviendrait-il à transmettre ses volontés, sans se découvrir, dans les ^laçonneries des différents pays, s'il y agissait par luimême? Pour que la dite transmission s'effectuât, il faudrait que, dans toutes les nations, les francs-maçons acceptassent parmi eux des étrangers appartenant à la race qui est l'organisatrice du Pouvoir occulte. Dans une époque comme celle-ci, où l'internationalisme fait tous les jours des adeptes, passe encore ! On peut en effet constater que les francs-maçons de nos jours ne s'offusquent pas de voir des Juifs dans les ateliers de tous les pays, ou à peu près. Encore

convient-il de remarquer que les Juifs jouissent là d'un privilège qui n'appartient qu'à eux. On peut croire, en effet, que les mêmes francs-rnaçons, qui les supportent sans ombrage partout ou à peu près, n'agiraient pas de même si, au lieu de Juifs, il s'agissait d'Anglais. Au dix-huitième siècle, pareille chose eût été impossible, même pour les Juifs. Le Pouvoir occulte n'eût donc pu fonctionner en l'absence de cette Maçonnerie internationale et invisible, et, comme conséquence, la Franc-Maçonnerie visible n'eût pas été fondée. En supposant que, par impossible, on fût parvenu à établir celle-ci, les différents nationalismes, à défaut du sentiment religieux, se fussent révoltés au sein même des Maçonneries envahies partout par la race étrangère. Le Pouvoir occulte eût été mis dans l'impossibilité d'agir; et, par suite, la plupart des Maçonneries eussent été bientôt disloquées.

Nous verrons plus tard comment les choses ont pu se passer avant la création de la Franc-Maçonnerie et au moment de cette création.

Quant à notre époque, si l'on suppose des groupes maçonniques internationaux complètement invisibles, composés d'éléments pris dans les différentes Maçonneries, après les sélections minutieuses que nous savons, on comprend sans peine que ces groupements, pénétrés et dominés par le Pouvoir occulte de la manière que nous connaissons maintenant, transmettent à leur tour la pénétration et la domination dans les Maçonneries des différents pays.

La réalisation d'une telle Maçonnerie supérieure n'est nullement en dehors des données du problème

maçonnique. Son recrutement peut s'effectuer dans les conditions où s'effectue celui de tous les groupes inférieurs. Les membres de cette Maçonnerie invisible se promènent dans les ateliers des hauts grades et dans les loges, dont ils font partie. Ils y observent ceux des maçons qui leur paraissent présenter les aptitudes voulues. Ils les font monter des loges dans les ateliers des hauts grades. Là, ils continuent à les étudier. Si l'examen leur donne des doutes, ils peuvent les laisser où ils sont, ou les pousser, tout en continuant à les observer, dans les ateliers des kadosch, des trente-et-unièmes, des trente-deuxièmes et des trente-troisièmes, comme en autant d'exutoires. Ils gagnent ainsi du temps et s'assurent les moyens de sélectionner en toute certitude. Ils laissent de côté en définitive qui il leur plaît, et ils n'attirent dans la Maçonnerie invisible que ceux qui leur paraissent remplir toutes les conditions voulues. Voilà pour le recrutement.

Quant à l'invisibilité, si elle est impossible dans les groupes d'en bas, parce que ceux-ci sont forcément recrutés par à-peu-près dans le monde profane, il n'en est plus de même dans un groupe comme celui qui nous occupe, groupe peu nombreux, dont les membres ont subi des sélections successives opérées d'une manière aussi rigoureuse qu'on le peut supposer. Il est avéré qu'il n'y a pour ainsi dire pas d'exemple que les maîtres révèlent aux apprentis ce qu'ils ne doivent pas leur faire connaître. Et, cependant, les secrets à garder au grade de maître sont de la plus complète insignifiance. Il n'en est plus de même au

degré où nous supposons l'initié arrivé. Ici, le secret, c'est celui de la domination du monde... Qu'on y réfléchisse, en effet : les membres de la Maçonnerie supérieure dont nous parlons sont fondés à se considérer comme en voie de conquérir le monde sur les souverains et autres chefs des nations, puisque, par les Maçonneries inférieures, ils peuvent arracher ces nations aux dits souverains, comme cela a été fait pour la France en 1792, en 1830, en 1848 et en 1870. Il faut ajouter à cela que les hommes dont nous parlons sont complètement fanatisés au point de vue religieux. L'enseignement qu'ils ont reçu dans les ateliers maçonniques les a pénétrés de l'idée que l'homme est Dieu. Ils se regardent comme les organisateurs de l'Humanité-Divinité. Ils considèrent, par conséquent, que leur rôle est sublime, que leur royauté est sacrée !... On garde son secret, en pareil cas, comme les membres des sociétés religieuses antiques gardaient les leurs, précisément parce qu'on est fanatisé. Quant aux ambitieux, ils ont d'autres raisons pressantes, et qu'on devine, d'être muets !

Parmi les élus qui font partie de cette Maçonneriereine circulent les membres du groupe qui constitue le Pouvoir occulte, — représentants d'une race, ceux-là, d'une race et d'une religion à la fois, ainsi, que nous le prouverons. Comme tels, ils disposent de ressources matérielles et morales qui manquent aux membres de la Maçonnerie invisible, venus de partout, sans autre lien que celui qui résulte de la commune idéologie dont ils ont été savamment imprégnés. Et ainsi s'explique qu'en lin de compte les premiers puissent

dominer les seconds ; qu'ils se rient du faux idéal qu'ils leur ont donné ; qu'ils en jouent ; que, par lui, ils les fassent manœuvrer comme des pantins. Les pauvres idéologues croient ne servir que leur rêve ; en réalité, ils servent la race et la religion dont les représentants ont su, grâce à un effort séculaire et invisible, leur arracher de l'âme les traditions qu'ils avaient reçues de leurs aïeux et les employer à dénationaliser les nations auxquelles ils appartiennent.

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