‹ Le drame maçonnique (volume 2)Chapitre 48 sur 66 · PAR LA FRANC-MAÇONNERIE DEPUIS CENT VINGT ANS · texte numérisé non relu

PAR LA FRANC-MAÇONNERIE DEPUIS CENT VINGT ANS

Nous avons prouvé que la Franc-Maçonnerie est actuellement maîtresse de la France, et qu'en conséquence c'est au Pouvoir occulte que remonte la responsabilité de la politique de haine, de fanatisme et d'abaissement matériel et moral que nous subissons.

Il convient maintenant de rechercher si ce môme Pouvoir occulte n'a pas d'autres comptes à nous rendre. Voici bientôt deux cents ans que les loges fonctionnent en Europe. Il serait bien extraordinaire que

nous ayons, pour la première fois, maille à partir avec la Franc-Maçonnerie, c'est-à-dire avec le Pouvoir occulte dont cette association n'est que l'instrument. Il serait extraordinaire également, la Franc-Maçonnerie étant internationale, qu'elle n'ait jamais agi que chez nous.

Précisément, depuis qu'elle existe sous sa forme actuelle, la France a été bouleversée par des crises incessantes, et l'Europe a subi le contre-coup de ces crises, — sauf jusqu'en ces dernières années la Russie, où la Franc-Maçonnerie n'est pas tolérée. Cette association et le Pouvoir occulte ne sont-ils pour rien dans les bouleversements qui ont précédé les destructions actuelles que nous leur devons?

Nous répondons : Il existe un rapport étroit entre ces bouleversements et l'action du Pouvoir occulte exercée par l'intermédiaire de la Franc-Maçonnerie.

Toute notre histoire, depuis cent vingt-cinq ans, roule autour de ce fait : la Révolution ! Or, c'est la Franc-Maçonnerie qui a voulu cette Révolution, qu'elle nous donne comme une œuvre de fraternité, comme un effort magnifique tendant à l'émancipation des races humaines, et qui n'est en réalité qu'une tentative aussi perfide que gigantesque en vue de la réalisation des plans secrets du Pouvoir occulte.G'est elle qui l'a préparée. C'est elle qui l'a faite. C'est elle qui l'a étendue à toute l'Europe. C'est elle qui en poursuit l'achèvement, en nous conduisant à des ruines que préparent celles d'aujourd'hui, comme ellesmêmes ont été préparées par celles d'il y a cent vingt ans.

Ainsi s'explique l'apparente incohérence de notre histoire contemporaine qui, envisagée de cette manière, se déroule avec la logique inHexible que nous allons montrer.

C'est la Franc-Maçonnerie, disons-nous, qui a fait la Révolution. On va se demander comment il a pu arriver, s'il en est ainsi, que les historiens ne s'en soient pas aperçus, qu'ils n'en aient pas soufflé mot.

Que ceux qui seraient disposés à s'étonner veuillent tout d'abord se souvenir que la Franc-Maçonnerie est une société secrète, qu'elle ment constamment pour qu'on ne sache pas ce qu'elle fait, et qu'en conséquence les historiens peuvent avoir été trompés sur son compte.

La manière dont les choses se passent maintenant doit nous faire comprendre le silence de l'histoire sur l'action antérieure du Pouvoir occulte et de la Franc- Maçonnerie. Malgré que rien « ne puisse bouger en France sans la permission de la Franc-Maçonnerie )>, est-ce qu'on s'occuperait de cette association si un certain nombre d'antimaçons résolus et tenaces n'avaient rassemblé les documents qui établissent l'omnipotence maçonnique et s'ils ne s'acharnaient à les présenter et représenter au public? Et encore, en dépit de l'effort de ces apôtres de Tantimaçonisme, estce qu'un nombre de Français très considérable ne demeurent pas convaincus de la complète insignifiance de l'association maçonnique? Quoi d'étonnant, après cela, que la France ignore le passé politique de la Maçonnerie, alors que celle-ci s'est appliquée à faire disparaître toutes les traces de son intervention dans

les affaires de l'Etat, alors qu'elle s'est toujours efforcée de s'effacer derrière des individualités qui obéissaient sans le dire, et souvent sans le savoir, à ses inspirations?

; V Rappelons qu'au surplus certains auteurs ont bel et bien signalé les méfaits politiques de la Franc-Maçonnerie. Seulement le Pouvoir occulte a organisé la conspiration du silence autour d'eux, tandis qu'au contraire il a fait une propagande et une réclame extrêmement actives en faveur des historiens qui ont écrit selon ses vues secrètes et sans démasquer l'association maçonnique. Il a pu réussir en cela comme en tant d'autres choses, précisément parce que personne ne s'est avisé qu'il agissait, ni même qu'il existait.

'^G'est ainsi, nous l'avons dit, que l'abbé Barruel dénonçait, dès 1797, la Franc-Maçonnerie comme organisatrice de la Terreur. L'abbé Barruel écrivait les cinq volumes de ses Mémoires pour servir à V Histoire du Jacobinisme en s'appuyant sur des documents qui n'ont jamais été sérieusement contestés. Néanmoins, on ne l'a pas entendu. On a refusé de l'étudier, parce que tous ceux qui, consciemment ou inconsciemment, parlent et agissent selon les suggestions maçonniques ont travaillé à répandre l'opinion que l'abbé Barruel était un visionnaire. On a cru ceux-ci sans examiner. Après Barruel, le protestant Eckert est venu à la rescousse ; et, après Eckert, Deschamps et Claudio Janet ont accumulé à leur tour des monceaux de documents pour montrer que l'his toire du xix^ siècle se déroulait tout entière selon les

plans secrets de la Franc-Maçonnerie. Ce n'est donc pas que le monde profane n'ait pas été averti. Il n'a pas voulu voir, et les historiens non plus.

L'un d'eux pourtant, et non des moins célèbres, a fait exception ; c'est Louis Blanc.

Cet écrivain, bien qu'il soit pénétré de l'esprit révolutionnaire, a publié dans son Histoire de la Révolution un très curieux chapitre qu'il a intitulé « les révolutionnaires mystiques )), dans lequel il laisse bien voir, lui franc-maçon, mais franc-maçon non complètement discipliné, à quel point il est convaincu de la part prise à la Révolution par la Franc-Maçonnerie. Malheureusement, si Louis Blanc a senti l'action maçonnique et s'il l'a signalée, il n'a pu faire toucher du doigt le comment et le pourquoi de cette action, parce que lui-même n'avait fait qu'entrevoir la vérité. Son chapitre, si impressionnant qu'il soit, semble le rêve d'un imaginatif plutôt que l'appréciation raisonnée d'un historien. C'est, sans doute, à cause de cela que le silence n'a pas été organisé autour des œuvres de cet auteur. Somme toute, le Pouvoir occulte les a jugées plus utiles que nuisibles à sa cause.

Voici comment Louis Blanc s'exprime dans le chapitre dont il s'agit :

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