‹ Le drame maçonnique (volume 2)Chapitre 50 sur 66 · AU POUVOIR · texte numérisé non relu

AU POUVOIR

sous LA RÉVOLUTION COMME MAINTENANT.

Taine vint enfin. Il sut discerner le travail anarchique que dissimulait ce soi-disant enthousiasme de nos pères pour le pillage et le massacre. Mais Taine ignorait, lui aussi, l'organisation grâce à laquelle une

volonté occulte peut parvenir à tromper toute une nation et à la faire travailler pour lui, alors qu'elle s'imagine travailler pour de grandes idées. En raison de cette ignorance, il fut amené à conclure que l'anarchie qui avait précédé la Révolution était une « anarchie spontanée ».

Nous en serions sans doute encore là si l'affaire Dreyfus ne nous a^^ait montré une anarchie toute pareille à celle d'il y a cent vingt ans ; si, d'autre part, nous n'avions été informés de l'envahissement actuel du gouvernement par les loges ; si nous n'avions pu constater que celles-ci étaient les véritables organisatrices de l'anarchie dont les Juifs avaient besoin pour sauver le prédécesseur d'Ullmo. Or, ces loges, elles existaient avant la Révolution. Pourquoi donc n'auraient-elles pu faire alors ce qu'elles font aujourd'hui? Justement, Louis Blanc nous dit que la Franc-Maçonnerie s'ouvrit, jour par jour, aux hommes qu'on devait rencontrer plus tard comme acteurs principaux dans le drame ré\olutionnaire. De leur côté, Barruel, Eckert, Deschamps et Claudio Janet nous prouvent que les doctrines et les méthodes maçonniques étaient au pouvoir pendant la Révolution. Ils nous montrent que les francs-maçons peuplaient les assemblées, de 1789 à 1799, comme ils peuplent aujourd'hui notre Parlement. On comprendra qu'il n'était pas facile d'établir ce dernier point, alors que nous avons tant de difficultés pour prouver la qualité maçonnique des députés, sénateurs, ministres et fonctionnaires d'aujourd'hui. Si ces derniers prennent tant de précautions pour dissimuler leur afTi-

liation, ils en prennent davantage encore pour cacher celle de leurs « grands ancêtres )). Nous avons cependant des données certaines sur la plupart de ces derniers. Nous savons que tous ceux qui ont joué un rôle prépondérant, depuis Marat jusqu'à Robespierre et Danton, depuis Mirabeau, Lafayette et Pétion jusqu'à Barras, Saint-Just et Philippe-Egalité, étaient francs-maçons, membres des loges les plus importantes de l'époque.

Barruel, Deschamps et Claudio Janet nous ont appris à quels ateliers la plupart d'entre eux appartenaient. Un écrivain de notre temps, M. Gustave Bord, grand collectionneur de documents relatifs à la Révolution, est venu fortifier encore les certitudes qui nous avaient été fournies par les auteurs précités.

Il faut ajouter à cela que la Franc-Maçonnerie était îa seule organisation politique existante comme elle l'a été jusqu'en ces dernières années. Il n'y avait donc qu'elle qui pût préparer et organiser les mouvements inattendus qui se sont produits alors ; les historiens ont cru ces mouvements spontanés, sans remarquer la logique qui les reliait entre eux, comme sont reliés également tous les événements qui se sont produits depuis un quart de siècle, qu'on a crus spontanés eux aussi..., jusqu'au jour où la preuve a été faite qu'ils émanaient tous de l'association secrète maçonnique.

Si les mêmes éléments se retrouvent ainsi à cent vingt ans de distance, il semble presque impossible que le travail que nous voyons s'accomplir sous nos yeux ne soit pas la reproduction exacte de celui dont nos aïeux furent victimes

Le doute là-dessus ne peut exister que chez ceux qui se refusent, de parti pris, à reconnaître les vérités les plus éclatantes. Il devient d'ailleurs de plus en plus difficile, attendu que de nouveaux indices sont recueillis tous les jours et viennent ajouter leur force probante à celle des documents sur lesquels s'étaient appuyés jusqu'ici les adversaires de la Franc-Maçonnerie.

Page 1