COMMENT ON ENTRE DANS LA FRANC-MAÇONNERIE
Voici vingt-quatre ans que je suis aux prises avec la question maçonnique. C'est, en effet, en 1884, que je demandai l'initiation au F.*. Caristie Martel, pensionnaire de la Comédie-Française et Vénérable de la loge Y Aidant-Garde maçonnique. J'y avais été amené par un ami franc-maçon. C'est à peu près toujours ainsi que les choses se passent. Cet ami, dont j'ignorais la qualité maçonnique, s'était mis en tête de faire ma conquête, lorsqu'il se fut aperçu que j'avais perdu la foi catholique. Pour y arriver, à différentes reprises, il m'avait vanté les mérites de la Franc- Maçonnerie. D'après lui, cette association était. une société d'élite dans laquelle toutes les vertus étaient pratiquées, en particulier celles de tolérance et de fraternelle solidarité. Cette dernière, m'affirmait-il, était étendue non pas seulement à tous les francsmaçons, mais à tous les hommes, sans distinction de cultes ni de nationalités. On ne s'occupait en loge' que de philosophie, d'histoire, de sciences et d'œuvres d'assistance. On n'y faisait pas de politique. Jamais
on n'y discutait sur les choses de religion, par cette raison que le respect de toutes les croyances y était admis comme un dogme.
Comme je me montrais incrédule, mon ami me fit lire le premier article de la Constitution du Grand Orient. Le texte en était formel. Aucun doute ne semblait possible. Je fus persuadé que les choses étaient bien telles qu'elles m'étaient dépeintes et, en conséquence, j'adressai ma demande d'initiation au Vénérable de la loge VAçant-Garde maçonnique^ à laquelle appartenait mon ami, en me conformant aux indications que me fournit celui-ci.
Je passe sur la cérémonie au cours de laquelle on me donna la lumière. J'en ai raconté ailleurs tous les détails comiques (1).