‹ Le drame maçonnique (volume 2)Chapitre 9 sur 66 · PARTICULIÈREMENT DIFFICILE · texte numérisé non relu

PARTICULIÈREMENT DIFFICILE

Pour cela, je me donnai, aussi complètement que je le pus, à Tétude de la question maçonnique.

On sera sans doute tenté de croire que je devais la connaître parfaitement, cette question, puisque j'avais passé six ans dans les ateliers de la Veuve.

Il n'en était pourtant rien. Je pouvais m'imaginer la connaître. En réalité, je ne la connaissais pas. Je n'en savais que ce que j'avais vu. Or, ce qu'on voit de la Maçonnerie, ce qui vous en est montré, — que vous soyiez ou que vous ne soyiez pas franc-maçon, — n'est jamais qu'une apparence destinée à vous tromper sur ce que vous ne voyez pas. Et c'est seulement lorsqu'on s'est aperçu de cela qu'on se trouve dans les conditions voulues pour commencer à apprendre quelque chose. J'en puis parler, car j'en ai fait l'expérience personnelle.

J'avais été successivement apprenti, compagnon maître et rose-croix. J'avais occupé les offices de secrétaire, d'orateur et de premier surveillant dans ma loge. J'y avais disposé deux fois de celui de Vénérable, que j'avais fait attribuer à ceux que je croyais plus capables que moi d'assurer la prospérité de l'atelier. J'avais aussi, dès mon entrée dans le chapitre La Clémente Amitié^ été bombardé secrétaire de ce chapitre. J'avais donc été « une lumière » chapitrale. Bien plus ! Une circonstance dont j'aurai occasion de parler plus loin m'avait permis d'entre-

voir qu'un monde existait derrière le monde maçonnique, plus secret encore que celui-ci, insoupçonné de lui, tout comme du monde profane.

'ij Ma vie maçonnique s'était ainsi trouvée beaucoup plus remplie que celle de l'immense majorité des francs-maçons ; et, par là, j'avais acquis une expérience pratique de la question qui devait me garder des erreurs que commettent presque inévitablement ceux auxquels manque cette expérience.

Malgré cela, je le répète, je ne me doutais pas de ce qu'était l'association dont j'avais été membre très actif. Tant les choses y sont habilement disposées pour illusionner les francs-maçons, tout comme ceux qui ne le sont pas !

De sorte que ce sont surtout mes réflexions et mes études ininterrompues depuis 1890, études et réflexions appuyées, il est vrai, sur ce que j'avais regardé sans voir ou vu sans comprendre pendant six années, qui m'ont permis d'envisager la question et de la concevoir telle que je l'exposerai au cours de cette étude.

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