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LA SEULE EXLPICATION POSSIBLE

Pour l'avenir, la situation peut être précisée plus nettement encore.

Nous allons en effet voir le Pouvoir occulte aux

prises avec une contradiction fondamentale, une contradiction telle qu'il n'y a qu'une explication possible à sa manière d'agir : c'est qu'il médite et prépare l'asservissement du monde. Et cela ferait comprendre le si extraordinaire besoin qu'il éprouve de se cacher.

Il apparaît aux moins clairvoyants que nous sommes poussés par une force qui semble invincible, au renversement de l'ordre social actuellement existant. Aux sociétés hiérarchisées, l'avant-garde de la Franc-Maçonnerie, suggestionnée, nous verrons comment, par le Pouvoir occulte, affiche de plus en plus la volonté de substituer des sociétés dont tous les membres seront égalisés par l'application du régime collectiviste.

Or rien n'est plus contraire aux lois de la nature, puisque celle-ci n'a voulu nulle part l'égalité, puisqu'au contraire, elle a mis partout la hiérarchie. Pense-t-on que la nature se laissera ainsi violenter sans opposer de résistance? Ce serait fohe de se l'imaginer. C'est d'elle que notre existence dépend. Elle n'est donc pas soumise à notre caprice. Elle nous domine au contraire à un tel point qu'aucun être n'a jamais pu vivre en se révoltant contre elle. L'homme ne parvient qu'à grand peine et seulement dans une certaine mesure à lui faire résistance. Et comment? Ce n'est qu'en s'appuyant sur cette force spéciale qui procède d'un sentiment religieux, c'est-à-dire d'une croyance relative à l'origine du monde et à l'au-delà de la vie.

Pour arriver à constituer une société égalitaire et collectiviste, c'est-à-dire, en somme, une société anti-

naturelle, il faudrait donc substituer à la loi matérielle d'écrasement du faible par le fort, une autre loi qui prescrirait la fraternité.

j Or, cette loi de fraternité, nous voyons bien son support dans les religions chrétiennes ; il est dans la parole du Christ : Aimez-vous les uns les autres ! Pourquoi devons-nous nous aimer ? Parce que, nous répond le Christ, vous êtes tous enfants du Dieu qui vous a créés, par conséquent tous frères.

Le système chrétien, que le Pouvoir occulte déclare inepte, est au contraire et très visiblement en cette partie essentielle et fondamentale de sa doctrine, d'une logique admirable. Si tous, petits et grands, pauvres et riches, esprits faibles et intelligences supérieures, nous sommes les enfants de celui qui, d'après la doctrine catholique, a créé l'univers, qui par conséquent est le maître, qui a le droit d'ordonner, et qui sait mieux que nous pourquoi il ordonne, si nous sommes les frères du Christ, à ce titre, nous avons, certes ! de grandes et sublimes raisons de nous aimer et de nous sacrifier les uns pour les autres, comme le Christ s'est sacrifié pour nous.

Le principe chrétien de la fraternité humaine repose sur une doctrine si pure, il est appuyé sur des idées et des conceptions si nobles et si héroïques, il donne si bien satisfaction aux besoins affectifs qui sont au fond de notre nature, que si le christianisme était, comme l'affirment ses adversaires, d'origine humaine, si le Christ n'avait pas existé, si son histoire n'était qu'une fable comme d'autres le prétendent, ceux qui auraient imaginé cette fable seraient à la

fois des êtres admirablement dévoués à l'humanité et de prodigieux génies. Car cette histoire du Christ, qu'ils auraient inventée répond à tout ; elle a prévu tout ; elle s'adapte à tout..., même aux modifications sociales dont on nous annonce la future réalisation. Elle mériterait donc encore, à cause de cela, non la haine et le mépris, mais l'étonnement, l'admiration et le respect.

En effet, s'il est ordonné dans la doctrine chrétienne au nom des raisons les plus hautes, que le pauvre, le faible, l'infirme d'intelligence, soit considéré comme l'égal du riche, du fort, de l'intelligent, on voit très clairement le point d'appui que trouveraient dans une pareille doctrine ceux qui prétendent vouloir organiser le régime égalitaire collectiviste. La force des principes chrétiens se trouverait directement opposée aux résistances de la nature qu'il faudrait vaincre pour établir ce régime. Comment se manifesteront ces résistances de la nature? Où? Ce sera chez les forts, chez les riches, chez les intelligents,, puisque c'est ceux-là qui auront à souffrir de voir leur force et leur intelligence courbées sous le niveau égalitaire. C'est en eux que la nature s'irritera d'être combattue dans ses manifestations. Or c'est précisément à ceux-là que la loi chrétienne dit : Tu es le frère du pauvre, du faible et de l'inintelligent. Tu dois les aimer et te sacrifier pour eux. Encore une fois, nulle doctrine ne pourrait être plus favorable que celle-là à l'établissement d'un régime d'égalitarisme collectiviste, si un tel établissement était réellement possible, s'il était vraiment juste et vraiment utile que l'humanité

aboutît là..., si ceux qui prétendent vouloir l'imposer ne poursuivaient pas la réalisation d'autre chose qu'ils nous cachent. Il semblerait donc que ceux qui déclarent rêver la transformation dont ils nous parlent, devraient être d'ardents défenseurs des religions chrétiennes. Ils devraient s'attacher d'une manière spéciale au catholicisme, puisque celui-ci, grâce à la force de sa discipline, aurait chance de lutter avec succès contre les instincts égoïstes. Et, au lieu de cela, c'est à l'anéantissement de cette discipline catholique qu'ils travaillent.

Leur illogisme ne se borne pas là. Non seulement ils poussent à l'anéantissement de la discipline catholique et même du christianisme tout entier, mais ils veulent remplacer celui-ci par « la religion du matérialisme ».

Double folie ! Car quel appui moral trouveront-ils dans le matérialisme pour violenter la nature hiérarchisée? Si l'on me persuade que je ne suis qu'un résidu chimique, au nom de quoi me convaincra-t-on que je dois aimer les autres résidus chimiques, même ceux qui sont mal venus, ceux qui déparent la nature. Le résidu que je suis est capable de sentir la jouissance et la souffrance 11 aime furieusement la première. 11 a une horreur absolue de la seconde. Sa jouissance et sa souffrance, c'est en lui qu'il les sent. Pourquoi donc s'occuperait-il d'autre chose que de lui? Il existe aujourd'hui. Il n'existera plus demain. Pourquoi sacrifierait-il cet aujourd'hui si court à un lendemain qui ne viendra peut-être jamais ou à d'autres résidus qui lui sont totalement étrangers puis-

qu'il ne souffre pas en eux, auxquels ne le rattachent pas plus de liens qu'il n'en existe entre la plume de l'hirondelle et le grain de sable roulé par les mers? Pourquoi s'imposerait-il cette souffrance dont il a horreur, par égard pour l'avenir, pour « l'éternel devenir », c'est-à-dire pour des résidus actuellement insensibles, qui, par conséquent, ne souffrent pas, et qui n'existeront et ne souffriront peut-être jamais?

Par « altruisme » répond-on. Vain mot ! car pourquoi, dans un pareil système, l'altruisme est-il une vertu plutôt que l'égoïsme? Qu'est-ce même que la vertu, pour un matérialiste pur? Sur quoi reposet-elle? Qu'est-ce qui la constitue? Peut-il exister des actes vertueux et des actes qui ne le soient pas, dès lors que nous ne sommes que des résidus formés par l'action de forces aveugles et inconscientes qui dominent toute la création? En un pareil système, il ne saurait y avoir place que pour la force. Elle est la vraie, la seule loi. Elle est la seule vertu, puisqu'elle seule est conforme à cette loi de la nature qui travaille incessamment à constituer des forts en broyant des faibles.

En somme, le système égalitaire collectiviste tend à violenter dans les sociétés la loi de hiérarchie qui est partout dans la nature. Non seulement ses inventeurs, étant antichrétiens, ne peuvent s'appuyer, pour lutter contre cette loi de la nature, sur aucune force morale, mais ils ne peuvent établir leur système qu'en violentant ces autres lois naturelles qui sont l'amour de la jouissance et l'horreur de la souffrance. Et en qui les violenteront-ils? Précisément en ceux

d'entre les liommes qui sont les plus capables de résister, puisque ce sont les forts et les intelligents. Et ils s'imaginent faire œuvre logique et scientifique ! Vraiment les résidus chimiques qui forment un pareil rêve, sont des résidus chimiques atteints de folie !

Il est visible qu'en détruisant les religions chrétiennes et en cherchant à les remplacer par la religion matérialiste, les évangélistcs de la société égalitaire collectiviste font juste le contraire de ce qu'ils devraient faire pour arriver à une réalisation ne seraitce que partielle de leur conception.

Cela peut-il s'expliquer?

Oui, il y a à cela une explication, et il n'y en a qu'une.

Si nous supposons que le Pouvoir occulte rôve l'asservissement du monde chrétien, il agit comme il convient pour réaliser son but. Dans tout autre cas, il agit stupidement. Or ses troupes sont stupides, c'est certain ; mais lui ne l'est pas.

Si le Pouvoir occulte est un groupe humain, s'il représente une race dont les membres sont reliés par un pacte social et religieux, cette race possède, par un tel pacte, ce qu'il faut pour durer. En détruisant dans les nations chrétiennes le pacte social et religieux qui les reliait et les faisait durer, elles aussi, elle les infériorise et elle se donne ainsi chance de les vaincre. En remplaçant ce pacte par la religion matérialiste qui supprime tout idéal, en précipitant ces nations à la poursuite d'un état social d'autant plus incohérent que ce principe matérialiste dont on leur donne la suggestion est précisément celui qui est le

plus susceptible de rendre impossible un tel état, le Pouvoir occulte réussit à mettre le monde chrétien en pleine absurdité, en complète déraison, c'està-dire hors des. lois de la vie. Il désagrège son intelligence, il l'afîole ; il le déshumanise. Que ce travail de déchristianisation s'achève, et un jour viendra où les fils de la race à laquelle appartient le Pouvoir occulte se trouveront seuls en possession du pacte social et religieux qui différencie les hommes des brutes. Ils seront donc restés des hommes, et ils n'auront plus en face d'eux que des brutes. Conséquemment, ils nous domestiqueront alors aussi naturellement et sans plus d'efforts que nous domestiquons aujourd'hui les animaux de nos basses-cours.

Si telle est l'œuvre poursuivie, s'il s'agit vraiment d'établir par surprise la domination d'une race sur les autres, on comprend le travail de déchristianisation auquel nous assistons. Dans le cas contraire, on ne le comprend pas.

On comprend aussi, en ce cas, la constitution de la Franc-Maçonnerie, organisme tendant à assurer la domination de l'invisible sur le visible. Un tel plan doit en effet rester insoupçonné pour être réalisé. On comprend également la prodigieuse accumulation de dissimulations et de mensonges grâce à laquelle cette Franc-Maçonnerie a été présentée au monde comme une association chrétienne, fondée par des chrétiens, initiatrice de tous les progrès humains, dévouée aux institutions politiques sur lesquelles reposaient les nations, acceptée, choyée à cause de cela. On comprend enfin pourquoi elle a été

dressée à attaquer dans l'ombre, avec acharnement : d'une part, le catholicisme, forteresse centrale, abri de la rigoureuse et intangible discipline chrétienne, et d'autre part les monarchies gardiennes des S'iciétés ; pourquoi elle se couvre pour cette double attaque du masque de la tolérance et du respect ; pourquoi elle se dissimule derrière « la Raison » le « Progrès », « la Liberté » ; pourquoi enfin, n'osant pas encore, avec tout cela, s'en prendre directement à l'adversaire qu'elle sent le besoin de toujours tromper pour arriver à le terrasser, elle a inventé ce« fanatisme de la tolérance » et cette hypocrite distinction entre le catholicisme et le cléricalisme par laquelle ont été aveuglés tant d'esprits qui n'étaient pas mal intentionnés.

Toute la question maçonnique devient alors compréhensible. Elle est éclairée dans toutes ses parties, alors qu'elle ne peut l'être d'aucune autre manière. Le Pouvoir occulte nous apparaît combinant ses efforts infâmes avec une logique aussi rigoureuse ici que partout ailleurs...

Il ne peut donc y avoir doute : c'e.st dans cette voie que nous devons chercher.

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