LE POINT DE DEPART
Depuis le drame du Calvaire, la race juive a persévéré dans sa haine du Christ. Elle a persisté à préférer le voleur Barabbas à Jésus. Cela est manifeste puisqu'elle a gardé sa religion, qui est en opposition fondamentale avec la religion chrétienne. Elle va même parfois jusqu'à nier, ou plutôt jusqu'à faire nier la réalité de la personnalité de Jésus-Christ, ce qui lui permet de supprimer de l'histoire la trahison de Judas.
Que les Juifs nient, contestent, dénaturent ou non, il est pourtant une chose qu'ils sont bien obligés de reconnaître, c'est l'universelle expansion du christianisme. Cette religion qui, d'après eux, reposerait sur une fable, a enfanté une nouvelle civilisation, elle a
créé un monde. Cela, ils ne peuvent le nier actuellement, puisque c'est contre ce monde qu'ils luttent. La domination de la religion du Christ pendant des siècles est un fait. C'est de ce fait que nous partons.
Il est de toute évidence que plus s'étendait l'empire du christianisme, et plus se trouvaient humiliés dans leurs croyances et confondus dans leurs espérances ceux qui apparaissaient au monde comme les meurtriers du fondateur de cette religion. La haine que les Juifs négateurs du Messie, manifestèrent dès le début à celui-ci en le mettant à mort, n'a évidemment pu que s'accroître à mesure que grandissait la puissance chrétienne. Gela est conforme à la logique des sentiments humains. D'autant plus que la race juive, au lieu de se fixer comme toutes les autres sur un point du globe, était répandue par petits groupes plongés dans l'océan chrétien, comme si elle eût voulu vivre étroitement attaché à ce qu'elle maudissait. Elle suivait ainsi le christianisme pas à pas dans toutes les phases de son développement triomphal, et elle ne perdait par là-même aucune occasion d'humiliation pour ses propres sentiments.
Notons, dès maintenant, que notre raisonnement ne se trouve en rien infirmé par la négation de ceux qui disent : « Le Christ n'a pas existé. Son histoire est une invention. » Car même en supposant que la religion chrétienne reposât tout entière sur une fable, il suffirait qu'une telle fable fût acceptée comme vérité pour que la religion juive se trouvât humiliée.
Il n'est pas niable qu'une pareille situation, pour un peuple qui ne s'abandonne pas, qui n'abdique pas,
— et c'est le cas du peuple juif, même après dix-huit siècles de dispersion — contient les éléments dont la rencontre est nécessaire pour que se développe une haine aussi implacable et aussi persistante que celle qui nous est révélée par la création maçonnique.
Mais les raisons que nous venons d'évoquer ne sont pas les seules par lesquelles les Juifs furent portés à haïr les chrétiens. A côté de celles-là il en exista d'autres, dès les premiers siècles de notre ère, de nature très différente et qui devaient entraîner ceux d'entre eux qui eussent résisté aux premières. Elles résultèrent de la situation qui se trouva faite à la race juive par sa dispersion.
Voici bientôt dix-neuf siècles que le peuple juif a cessé d'être chez lui. Alors que tous les autres possèdent une patrie territoriale, un coin du monde où ils sont libres de vivre comme il leur plaît, voici bientôt dix-neuf cents ans que, répandu par petits groupes parmi les autres peuples, il est condamné à cette contrainte pénible où se sentirait chacun de nous dans une maison étrangère et peu hospitalière.
Peu hospitalière, disons-nous ; c'est qu'en effet les populations, chrétiennes ou non, qui étaient envahies par les Juifs, ne pouvaient, dans la majorité des cas, voir d'un bon œil cette intrusion d'étrangers. Si les dispersés s'étaient séparés les uns des autres, s'ils avaient pénétré isolément dans les milieux où ils décidaient de vivre, s'ils s'étaient efforcés de s'y fondre et de faire oublier peu à peu leur caractère d'étrangers, le fait de la dispersion n'aurait pas eu les mêmes conséquences. Mais non, les Juifs entendaient réaliser
cette impossibilité d'emporter leur patrie à la semelle de leurs souliers. Ils voulaient que la Jérusalem qu'avaient détruite les Romains demeurât vivante en eux, et pour cela ils eurent soin de se grouper partout en petites agglomérations qui constituaient de véritables corps étrangers au milieu des autres groupes humains. Une défiance réciproque ne pouvait que résulter d'une situation si anormale. N'est-ce pas ce qui aurait lieu si des gens que nous ne connaîtrions pas venaient pour s'installer dans notre maison? N'est-ce pas encore ce qui se passe tous les jours dans certains villages sur le territoire desquels tente de s'établir à demeure une troupe de bohémiens?
A cette défiance instinctive se mêla forcément bientôt l'hostilité qu'engendre l'opposition des intérêts.
Qu'apportaient les colonies juives dans les pays où elles s'introduisaient? Rien que leurs besoins. Et ces besoins, elles ne pouvaient les satisfaire qu'au détriment des natifs. Les nouveaux venus étaient-ils du moins capables de rendre des services et lesquels? C'est une question. C'en était une autre qu'on consentit à recevoir ces services. Sans qu'il soit nécessaire d'examiner les choses par le détail, on comprend qu'il a dû s'établir entre les envahis et les envahisseurs, si pacifiques que pussent se déclarer ceuxci, un régime de lutte analogue, par un côté, à celui qui existe entre certain insecte parasite et l'animal sur le corps duquel il s'installe. Celui-ci se défend comme il peut. Il se gratte là où il se sent gêné, mordu. Il éprouve le légitime et naturel besoin d'expulser l'intrus. Le parasite, au contraire, ne veut pas être
chassé. Il se refuse à partir, parce que ce qui produit la gêne de son amphitryon lui procure à lui, la vie. Plutôt que de s'en aller, il se cache, au risque de ce qui peut s'en suivre, derrière les obstacles susceptibles de le dérober à la griffe ou à la dent par lesquelles il est poursuivi. Telle a été, et cela en raison des lois de la nature, la situation que se sont faite les colonies juives au milieu des autres peuples depuis la dispersion. Et par là, disons-le en passant, peut se comprendre ce qu'il y a de mal fondé dans les réclamations juives formulées au nom de la justice, du droit, de l'égalité, de la fraternité. Mensonge que tout cela dans les bouches juives, comme ce le serait dans la bouche de la puce qui réclamerait du chien le droit de le mordre « au nom de la fraternité ». C'est au nom de la lutte pour la vie que la puce mord et suce ; et c'est au nom de la lutte pour la vie que le chien se défend. Ainsi en est-il du peuple juif à l'égard des autres, attendu qu'il est à leur égard le peuple parasite. Sans compter que cette idée de fraternité qu'il invoque est une idée chrétienne. En conséquence, dès lors qu'il la trouve bonne, bien loin de haïr et de combattre l'idéal auquel il l'emprunte, il devrait respecter celui-ci. En faisant le contraire, il détruit lui-même toute la force de son invocation.
Dès le début de sa dispersion, la race juive s'est donc placée en dehors du droit commun au miheu des peuples, dans des conditions tout au moins gênantes et irritantes pour ceux-ci, tant au point de vue moral qu'au point de vue matériel.
C'est là un fait qu'on ne peut nier et que d'ailleurs
on ne nie pas, mais qu'on est assez naturellement porté à regarder d'un œil distrait, ou même à ne pas regarder du tout.
En réalité, nous ne devrions jamais le perdre de vue : car, si insignifiant qu'il puisse nous paraître, il devait forcément engendrer des conséquences d'une portée incalculable.
On peut même dire que l'écarter de l'histoire comme on l'a fait, c'est fausser cette histoire dans ses sources, car c'est fermer les yeux sur une des causes les plus constantes et les plus agissantes dans la chaîne des événements politiques et sociaux. Cette situation si anormale de la race juive suffît en effet, à elle seule, à expliquer l'état d'hostilité ouverte ou latente qui n'a presque jamais cessé d'exister partout entre cette race et toutes les autres. Si l'on veut bien considérer qu'elle s'est perpétuée dans son irrégularité depuis tant de siècles, et que pendant un si immense espace de temps elle a forcément développé et multiplié les conséquences fatales qu'elle entraînait dès le début, on comprend qu'elle mettait la race juive en état de guerre éternelle contre toutes les autres, et que, par suite, elle portait en elle une suite ininterrompue de luttes, de violences, de révolutions qui ont bien eu lieu, mais dont nous n'avons jamais songé à chercher la cause lointaine là où elle est. Il existe ainsi dans l'histoire quelques faits qui, en se perpétuant ou en se renouvelant, ont créé des situations et ont été par cela même d'éternels générateurs de conséquences. Et nous passons sans les voir ! Ces conséquences pullulent; et nous ne savons pas dire : elles viennent de
là ; ce qui fait que nous ne savons pas non plus y remédier.
L'établissement des colonies juives à l'état de kystes au milieu des organismes politiques et sociaux est de ceux-là. Ou bien ces organismes devaient rejeter le kyste ; ou bien le kyste devait dévorer les organismes.
Mais n'anticipons pas.
Si l'existence de colonies parasites au milieu des peuples suffît à expliquer l'inimitié dont la race juive a toujours été poursuivie par toutes les autres, combien plus cette inimitié avait-elle de raison d'être dans les pays chrétiens !
Là, l'hostilité provoquée par des raisons d'intérêt, surexcitée de part et d'autre par des motifs d'ordre religieux, n'a pu faire autrement que de se transformer en haine réciproque.
Haine violente chez celles des populations chrétiennes qui, issues des invasions, portèrent si longtemps en elles les fougues et les fureurs de l'originelle barbarie. Combattue pourtant par les chefs de la Chrétienté, par ces Papes qui se sont bien souvent constitués les défenseurs des Juifs, dominés en cela par le principe de fraternité chrétienne, et apitoyés sans doute aussi par cette pensée inspirée de leur foi : que si le peuple juif était réduit à l'état errant, c'était en vertu de la condamnation tombée des lèvres de celui dont le divin exemple commandait néanmoins toutes les commisérations.
Haine infiniment plus âpre dans les âmes juives où elle n'était tenue en échec par aucun principe d'or-
dre aussi élevé ; où elle était au contraire entretenue par les difficultés quotidiennes de la lutte pour la vie entreprise dans des conditions d'infériorité auxquelles il fallait suppléer par l'astuce ; où elle était exaltée par le douloureux souvenir de la Jérusalem veuve de ses fils, par l'éternel et crucifiant spectacle de l'éternel triomphe du Crucifié. Dans de telles conditions, n'est-ce pas de cette haine que devait être nourri presque exclusivement tout ce qu'il pouvait rester de vivant, d'actif et d'offensif dans l'ancien nationalisme juif?
Telle était la situation matérielle et morale créée entre les populations chrétiennes et les Juifs par la coexistence de ces trois faits : la dispersion, le triomphe du christianisme et la constitution des colonies juives. Elle était une conséquence naturelle de cette coexistence. Celle-ci s'étant produite, celle-là devait se produire aussi. C'était fatal. Ou bien c'est que les lois de la nature eussent cessé d'agir,