LA BRECHE OUVERTE PAR LE PROTESTANTISME
Par la Réforme, la discipline qui constituait le véritable obstacle aux plans juifs, se trouvait en fait supprimée. Le libre examen la remplaçait Chacun pouvait examiner la loi, l'interpréter et décider de la discipline qu'il devait s'imposer à lui-même. Donc autant de disciplines que d'individus. Partant, plus de discipline du tout, là tout au moins où un pouvoir politique n'en organiserait pas une, en créant une réforme nationale, de sa propre autorité et de par le droit de sa force. Une fois ouverte cette immense brèche dans la doctrine et dans l'organisation du
monde chrétien, rien ne pouvait empêcher le Pouvoir occulte d'y jeter avec succès sa semence de société secrète.
Nous n'avons pas à rechercher ici la part exacte qu'a pu prendre le Pouvoir occulte juif dans le grand mouvement de dislocation du xvi^ siècle. Nous avons assez fait remarquer que la race juive a toujours dû considérer comme son devoir de fomenter des divisions dans le monde chrétien, d'y provoquer et d'y élargir les déchirures, parce qu'en le faisant, à toutes les époques, elle servait son idéal national et donnait satisfaction à sa haine. A cause de cela, elle est certainement intervenue comme nous l'avons dit, dans toutes les hérésies. Son action dans le mouvement réformiste ne saurait donc faire doute. On l'a d'ailleurs constaté.
Quelle qu'ait été l'étendue de cette action, il est certain que grâce au succès de la Réforme dans la moitié de l'Europe, la situation, considérée au point de vue des facilités qu'elle allait donner au Pouvoir occulte juif, se trouvait désormais absolument transformée.
Jusqu'alors, ou bien les éruptions hérétiques avaient été vaincues ou résorbées, ou bien, lorsque de grandes séparations avaient eu lieu, comme celle de l'Eglise orthodoxe, les séparés et ceux dont ils s'éloignaient ne s'étaient pas trouvés géographiquement placés en contact immédiat les uns avec les autres. Après le suc- <ès de la Réforme, catholiques et protestants allaient au contraire vivre côte à côte, mêlés, pour ainsi dire fonfondus. Les intérêts ])olitiqiies compliqueraient
de leurs oppositions les conflits de sentiments et de croyances. Le génie juif, si étonnamment habile à profiter des divisions de ses adversaires, voyait s'ouvrir devant lui un champ d'action nouveau, essentiellement favorable au succès de ses manœuvres. Puisque deux consciences étaient désormais en présence et en perpétuelle et violente opposition dans le monde chrétien, il était tout indiqué que le Pouvoir occulte juif s'alliât à l'une pour combattre l'autre. Il était également indiqué qu'il s'attaquât tout d'abord au bloc resté discipliné sous l'autorité des Papes. C'était donc contre le catholicisme qu'il devait commencer par engager la lutte. En le faisant, il s'en prenait à ce qui lui faisait plus directement obstacle ; il favorisait ce vers quoi il devait naturellement pencher : le protestantisme qui représentait l'élément de dissociation ; il s'assurait la collaboration des partis jeunes, par conséquent les plus disposés à l'offensive ardente. Ajoutons que, s'il commençait par là, il lui était facile de réaliser la condition que nous avons signalée comme indispensable à la constitution d'une société secrète, c'est-à-dire de proposer un idéal susceptible de passionner, d'enthousiasmer ses alliés — ce qui lui était impossible du côté catholique. Il n'avait qu'à choisir cet idéal en conformité avec l'idéal protestant lui-même, c'est-à-dire en opposition avec l'idéal de discipline catholique. Toutefois comme la société secrète à fonder était destinée à pénétrer plus tard dans le monde catholique lui-même, ce dernier caractère devait être dissimulé sous des expressions plus ou moins vagues et même sous des formules
contradictoires, afin qu'on pût, selon le besoin, ici allécher les protestants, là tromper les catholiques. Si on y réussissait, c'était le grand moyen de destruction assuré, puisque c'était la société secrète acceptée par ceux qu'elle était destinée à détruire ; c'était le poison injecté dans les veines et jusqu'au cœur du christianisme maudit ; c'était le couronnement victorieux de tant d'eiïorts si longtemps infructueux ; c'était le vieux rêve toujours irréalisable enfin réalisé.
C'était bien mieux encore.
En étudiant l'organisme maçonnique, nous avons acquis la certitude que cet organisme tend à la réalisation de deux buts dont l'un n'est d'ailleurs qu'un moyen pour arriver à l'autre. Ce dernier, le but définitif, c'est le remplacement du monde catholique par quelque chose que nous ne savons pas encore mais dont nous nous rendrons compte dans les chapitres suivants. L'autre but, celui qu'il était indispensable de réaliser d'abord pour arriver ensuite au but définitif, c'est la possibilité de fonctionnement pour une autorité qui ne doit pas être aperçue et que nous avons nommée le Pouvoir occulte.
Rendre possible l'existence d'un Pouvoir invisible qui agirait par suggestion et par lequel le monde catholique se laisserait conduire à sa perte : voilà ce que devait réaliser la société secrète chrétienne rêvée. Or pour arriver à ce résultat il était nécessaire que jamais, à aucun instant, avant comme après la création de la Franc-Maçonnerie, le dit Pouvoir occulte ne se laissât soupçonner. Qu'on y réfléchisse et l'on se rendra compte que, dès avant la naissance de la
Franc-Maçonnerie, le Pouvoir occulte dont cette association était destinée à assurer le fonctionnement, a été obligé d'agir par des intermédiaires, et non par lui-même. Le jour où il eût failli à cette règle, il eût rendu pour toujours impossible l'invisibilité qu'il voulait s'assurer.
Pour toujours, disons-nous, car comment un Pouvoir qui a cessé un seul jour d'être occulte peut-il le redevenir? Et d'autre part, en supposant, par exemple, que le Pouvoir occulte qu'il s'agissait de constituer fût anglais, comment les suspicions des gouvernements européens n'eussent-elles pas été éveillées si le plan avait été tant soit peu entrevu ou même seulement deviné? Si au lieu d'être anglais, le Pouvoir occulte était juif, comment le monde chrétien tout entier n'eût-il pas flairé quelque piège tendu par les inlassables ennemis du Christ, le jour où une influence juive, de quelque nature qu'elle fût, eût été constatée dans les premières loges qui furent fondées, et comment, en ce cas, eût-il accepté l'établissement de celleci? Donc cela tombe sous le sens : ceux qui entendaient constituer un Pouvoir occulte à leur profit étaient obligés non seulement de dissimuler leur but, mais de s'envelopper d'obscurité ; et, comme conséquence inéluctable, l'action directe leur était interdite. Dès le début ils se sont trouvés dans la nécessité de procéder selon la méthode indiquée dans ces lignes do la Revue Maçonnique auxquelles nous avons souvent fait allusion : « Une sommation officielle venant de la Maçonnerie est vouée à l'avance à l'avortement. Le procédé est mauvais, quoique prétentieux. Il faut,
tout différemment, user d'influences individuelles soigneusement couvertes. »
Cela se comprend sans qu'il soit nécessaire d'insister.
Il fallait donc au Pouvoir occulte des intermédiaires qui, croyant travailler uniquement pour eux tout en travaillant pour lui, consentissent à se mettre en avant pour se faire les propagateurs de la future société secrète dans le monde chrétien.
Rien de plus facile dès lors qu'il existait au sein du christianisme une âme protestante ennemie de l'âme catholique, et des états protestants rivaux et adversaires des états catholiques. Il n'y avait qu'à proposer comme idéal de la société secrète un programme tel que les chefs protestants, religieux ou politiques, fussent naturellement portés à le considérer comme excellent pour battre en brèche les principes catholiques et conséquemment à ébranler les nations restées fidèles à ces principes. En agissant ainsi, le Pouvoir occulte juif prenait les protestants par leur esprit de prosélytisme et leurs gouvernants par l'intérêt politique. Il était donc sûr de voir les uns et les autres se dépenser en faveur de la société à créer.
Avait-il quelque chose à redouter de cette intervention religieuse et politique dans la direction de la future société? Nullement ; par la raison que cette direction ne serait qu'apparente. N'avait-il pas partout en effet ses affiliés chrétiens, membres des sociétés secrètes juives dont il avait faussé la conscience et perverti l'intelligence comme on sait faire dans les sociétés secrètes? Ceux-là étaient ses esclaves, comme
les francs-maçons sont les esclaves inconscients de ceux qui les poussent. Il leur suggérerait d'entrer dans les groupes de la nouvelle association. Ils y porteraient ses inspirations et ils lui en assureraient la direction.
Les fondateurs apparents croiraient être sûrs de leurs adhérents. En réalité, les premiers de ceux-ci, destinés à tout mener, seraient ceux que le Pouvoir occulte leur mettrait sous la main. Et ainsi la Franc- Maçonnerie obéirait à ses inspirations, et non à celles de ses initiateurs apparents, comme les groupes sous-maçonniques, obéissent aux inspirations de la Franc-Maçonnerie, même lorsque, par mesure de prudence, celle-ci suggère la création et l'organisation de ces groupes à des non-maçons. Elle a toujours soin en ce cas, qu'auprès des fondateurs apparents, il y ait quelques-unes de ses créatures, et cela suffit.
Même en admettant qu'un pouvoir politique protestant réussit à tourner à son profit exclusif la puissance désagrégeante dont ferait preuve la société maçonnique dans les autres pays, le Pouvoir occulte juif n'avait pas à s'inquiéter, tout au moins pendant longtemps. Au contraire il devrait se réjouir, attendu qu'il voulait avant tout la ruine des Etats catholiques, et qu'en conséquence il devait désirer fortifier à leur détriment les Etats protestants. C'était la seule tactique possible. Il avait même intérêt à choisir le plus puissant de ceux-ci pour l'inciter à se mettre à la tête de l'entreprise maçonnique, en raison de la force des Etats catholiques dont il voulait la ruine.
C'est pour cela que le Pouvoir occulte juif devait être amené à circonvenir de préférence les hommes politiques anglais, quitte à manœuvrer plus tard contre eux, le jour où le besoin s'en ferait sentir.