‹ Le drame maçonniqueChapitre 49 sur 78 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Examen critique de la thèse de l'origine anglaise

présentée par M. Max Doumic

dans (( le Secret de la Franc-Maçonnerie ».

LES CONDITIONS DU PROBLEME DE L ORIGINE DE LA FRANC-MAÇONNERIE QUI SE TROUVENT REMPLIES PAR LA THÈSE DE l'origine JUIVE.

On voit ce à quoi nous arrivons en examinant Télément historique juif d'une façon positive, c'est-à-dire en admettant que cet élément ait été, comme tous les autres éléments de notre monde, producteur d'effets.

C'est bien la façon normale d'envisager les choses. Et pourtant, par une étonnante aberration, les écrivains ont presque tous négligé cet agent mondial ; ils l'ont considéré comme n'existant pas. Bien mieux, lorsqu'un homme frappé par l'évidence, l'a dénoncé avec une sûreté de jugement vraiment géniale, nous voulons parler de Drumont, cet homme-là a été considéré par un grand nombre comme un illuminé, comme un fanatique. Le préjugé dont nous a aveuglé le Juif à cet égard comme à tant d'autres est si profond que l'on voit de nos jours des savants écrire des volumes sur les lois psychologiques de Vévolution des peuples^ sur la psycJwlogie des foules^ sur la psychologie du socialisme, où il n'est pas plus question de l'élément

juif que si cet élément n'existait pas ou s'il était un élément complètement neutre, incapable de produire m n'importe quel ordre de choses que ce soit.

Et cependant voilà des siècles que cet élément joue dans notre monde occidental son rôle destructeur ! Quoi d'étonnant à ce qu'il soit devenu le kyste dévorateur au sein de ce monde, qu'il l'anémie, qu'il l'épuise, qu'il le tue ! Quoi d'étonnant aussi à ce que le public juge si faussement les événements historiques, alors qu'il se laisse guider par des hommes affligés à ce point de ce qu'on peut appeler la cécité juive !

Il nous a suffi de réagir contre le stupéfiant préjugé dont nous parlons et de considérer la race juive comme elle doit l'être, c'est-à-dire soumise aux lois générales et produisant, conformément à ces lois, des manifestations en rapport avec sa situation, son caractère, ses passions et ses aptitudes, pour constater que le phénomène si extraordinaire qui s'appelle la Franc- Maçonnerie s'explique de la façon la plus naturelle, si on lui reconnaît pour cause cette race elle-même extraordinaire : la race juive.

L'extraordinaire engendrant l'extraordinaire, quoi de plus normal?

f| En rapprochant l'élément historique franc-maçon considéré comme effet de l'élément historique juif considéré comme cause, nous nous trouvons en présence d'un enchaînement de manifestations qui se produisent dans les conditions les plus rationnelles.

Nous avons constaté :

1» Qu'une société secrète avait toujours pour cause une nécessité ; — et nous voyons la nécessité de défense

qui oblige, dès leur début, les colonies juives à se constituer en sociétés secrètes.

2*3 Qu'une société secrète doit avoir un idéal positif ; — et les colonies juives avaient cet idéal.

3° Que la constitution d'une société secrète comme la Maçonnerie au sein d'un monde imprégné d'esprit chrétien présentait des difficultés presque insurmontables ; qu'en conséquence elle a dû être précédée d'une période d'incubation fort longue ; — et nous avons cette période d'incubation.

4° Que pendant la dite période il a fallu commencer par opérer une déchristianisation des esprits, non par action directe sur les masses, mais sur des individualités isolées ; — et nous voyons comment cette déchristianisaton a pu être effectuée dans les conditions voulues par les sociétés secrètes juives.

5° Qu'en même temps que la déchristianisation dont nous parlons s'opérait, l'habitude de l'action secrète devait être donnée aux chrétiens déchristianisés ainsi que les aptitudes qui en résultent ; et que, pour cela il fallait qu'existassent des associations secrètes sur les territoires chrétiens, alors que cependant de telles créations ne pouvaient avoir des chrétiens pour auteurs ; — et nous voyons les dites associations fondées de la façon la plus naturelle par l'essaimage des sociétés secrètes juives ; et nous nous expliquons par là même l'existence de ces centres kabbalistes dont il est question dans les annales de tous les pays et dont la formation ne peut se comprendre que de cette manière.

6° Qu'un initiateur passionné contre le Ghristia-

nisme était nécessaire ; non seulement passionné contre le Christianisme, mais tenace, rusé, fourbe, accoutumé à l'organisation secrète, ayant des moyens d'action internationaux dès le début du xviii^ siècle et même bien avant, selon ce qu'exigeait la période d'incubation universelle ; — et nous trouvons dans la nation juive organisée secrètement l'initiateur en question, passionné comme il le fallait, en possession de toutes les habitudes, de toutes les aptitudes et de tous les moyens d'action nécessaires.

Si l'on envisage les choses de la manière que nous venons de résumer, toutes les conditions voulues pour la naissance de l'organisme maçonnique sont présentes ; toutes, sauf deux : le milieu et l'agent qui doit servir d'intermédiaire. La cause et les moyens sont là ; le milieu et l'intermédiaire seuls n'y sont pas. Mais le protestantisme naît ; et voilà le milieu créé. Des nations protestantes surgissent ; et ce sont les intermédiaires parmi lesquels le Pouvoir occulte juif aura le choix.

Si les choses se sont passées comme nous les avons exposées, tout est explicable, tout est expliqué dans la création maçonnique. Cette création est absolument normale. L'incompréhensible ne subsiste que si l'on refuse notre explication.

L'intermédiaire était destiné, nous l'avons dit, à maintenir l'invisibilité du Pouvoir occulte fondateur de la Franc-Maçonnerie. Cet intermédiaire ne pouvait faire autrement que d'apparaître ; et c'est grâce à cela que le Pouvoir occulte pouvait ne pas se montrer. Mais alors, il était à peu près certain que, Tinter-

médiaire étant visible tandis que le vrai Pouvoir occulte ne l'était pas, les chercheurs attachés à la découverte du secret de la Franc-Maçonnerie se laisseraient prendre aux apparences. C'est ce qui est arrivé. Ils ne se sont pas demandé si l'initiateur apparent était en possession de tout ce sans quoi la création de la Franc-Maçonnerie eût été impossible. Ils n'ont étudié ni son caractère, ni ses compétences, ni ses aptitudes. Ils se sont dit : Puisque c'est lui qui fonctionne, c'est lui qui crée, et c'est pourquoi ils ont dénoncé les Anglais comme les inventeurs de la Franc- Maçonnerie. C'était l'acteur qu'ils considéraient comme metteur en scène ; la marionnette qu'ils prenaient pour le machiniste.

Je ne parle pas de ceux qui ont attribué la constitution de la Franc-Maçonnerie aux compagnons de Jacques II d'Ecosse, émigrés en France sousLouis XI V.

La raison sur laquelle ils s'appuient, c'est qu'il existait des loges parmi les Jacobites. Pauvre raison, en vérité ! Croire que des catholiques puissent être les pères d'une pareille institution parce qu'on voit certains d'entre eux affublés d'oripeaux maçonniques, c'est commettre une erreur qui peut se comparer à celle d'un homme qui, trouvant un enfant sous un chou, en conclurait que le dit enfant est fils de chou. En effet, il ne manquait pas beaucoup plus de choses aux catholiques du xvii^ siècle pour donner naissance à la Franc-Maçonnerie qu'il n'en manque aux choux pour donner naissance à nos' enfants.

La vérité, c'est que quelqu'un avait apporté l'enfant juif sous le chou jacobite.

Il est d'ailleurs facile de s'expliquer comment.

La période d'incubation ayant trouvé son terme par suite de l'établissement du protestantisme en Europe, des loges se constituèrent tout d'abord dans l'Angleterre protestante et dès lors on s'explique que les partisans desStuarts défaits aient pu recourirau procédé naturel aux vaincus : la conspiration. Connaissant l'existence des loges constituées chez les protestants, ils crurent pouvoir faire servir la société secrète à leur cause, sans se rendre compte que cet instrument était d'un usage inutile, sinon dangereux, pour ceux qui n'en connaissent ni la vraie nature, ni le maniement. Auraient-ils par hasard été aidés en cela par certains Juifs, qu'il n'y aurait nullement à s'étonner. Ceux-ci se fussent montrés vraiment avisés en profitant de la circonstance pour tenter l'introduction de la société secrète dans le monde catholique.

Rien de surprenant par conséquent à ce qu'il ait existé des loges dans le parti jacobite, de la même manière qu'il exista plus tard chez nous des groupements maçonniques contre -révolutionnaires, qui étaient d'ailleurs destinés à être battus, attendu que ce n'était pas de leur côté qu'était le Pouvoir occulte.

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