‹ Le drame maçonniqueChapitre 50 sur 78 · RÉSUMÉ DE LA THÈSE DE M. MAX DOUMIC · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE LA THÈSE DE M. MAX DOUMIC

La théorie de l'origine anglaise est plus sérieuse. On comprend sans peine que les esprits les plus judicieux aient pu s'y attacher.

Nous avons dit que M. Max Doumic s'était placé au premier rang de ceux-là. Nous avons fait égale-

ment remarquer que la thèse que cet auteur a si remarquablement soutenue, présentait ce défaut grave de n'être appuyée que sur des considérations d'ordre historique. Maintenant que nous savons quelles difficultés présentait l'introduction dans le monde chrétien d'une société secrète correspondant aux données de la question maçonnique, nous allons nous rendre compte avec la plus grande facilité de ce qu'il y a d'inacceptable dans la thèse de M. Max Doumic et de ce qu'au contraire il en faut garder.

L'auteur du Secret de la Franc- Maçonnerie a posé la question de la manière suivante :

Le but et le secret de la Franc-Maçonnerie, dit-il, c'est l'établissement de la domination anglaise sur le monde.

C'est le chancelier Bacon qui, dans son ouvrage La Nouvelle Atlantide a donné aux politiques anglais l'idée de créer une société secrète, dont tout le secret consisterait à corrompre intellectuellement et moralement, à affaiblir et à désagréger toutes les nations qui seraient assez naïvement hospitalières pour l'accueillir. De telle sorte que, sans avoir besoin de combattre, l'Angleterre leur deviendrait supérieure à toutes. Elle finirait par les dominer politiquement, grâce à ce qu'elle garderait la haute main sur les fédérations maçonniques.

M. Max Doumic ne nous dit pas comment l'Angleterre peut garder cette haute main. Et pourtant c'est là la chose essentielle. C'est là qu'est le secret.

Les nations catholiques étant les adversaires naturelles de la nation protestante anglaise, c'est chez

celles-là que la Franc-Maçonnerie est dressée de manière à être malfaisante ; et la France étant, de toutes les nations catholiques, celle qui a tenu le plus constamment la puissance anglaise en échec, c'est chez nous que les meneurs anglais font distiller à la Franc- Maçonnerie ses venins les plus dangereux. Si cette association s'acharne tant contre le catholicisme en France et dans les autres nations catholiques, c'est parce que, chez nous comme chez celles-ci, la religion catholique se trouve être le grand ressort vital.

Dans cette hypothèse, on le voit, l'âme maçonnique serait protestante, mais la Maçonnerie tendrait en réalité à un but politique. Le Pouvoir occulte serait essentiellement anglais, et les loges, dans leur effort contre notre religion nationale et contre notre organisation politique traditionnelle, ne seraient que des agents inconscients de l'Angleterre.

Telle est la théorie.

premiere impossibilite :

c'est l'ambition, et non la nécessité,

QUI serait cause

de la n.ussance de la société secrète maçonnique

Dans la conception de M. Max Doumic, au lieu d'une nécessité, c'est une simple ambition qui aurait donné naissance à la Franc-Maçonnerie.

Cette hypothèse est bien difficile à admettre pour quiconque a réfléchi aux conditions dans lesquelles peuvent naître les sociétés secrètes.

Si encore l'Angleterre s'était sentie, comme les co-

lonies juives, complètement inhabile à combattre par les armes, on pourrait supposer qu'une ambition condamnée à demeurer insatisfaite l'eût conduite là. Mais tel n'était pas le cas. La nation qui avait gravé dans son histoire les noms de Crécy, Poitiers, Azincourt, et bien d'autres, ne pouvait se considérer comme obligée de recourir, pour servir ses ambitions, à l'arme des peuples réduits à la complète impuissance. L'Angleterre devait éprouver quelque répugnance à adopter les procédés de lâcheté qui sont ceux de la Franc-Maçonnerie. Avant de s'y résoudre, elle avait d'autres cartes à jouer. Que quelques-uns de ses politiques fussent dans le cas de succomber à une tentation de ce genre qui leur eût été offerte, soit ! Mais que ces politiques aient rêvé, combiné et réalisé d'euxmêmes des plans de trahison universelle, alors qu'il ne s'agissait pas de libérer leur Patrie envahie ou de venger leurs traditions foulées aux pieds, c'est là chose bien difficile à admettre.

Voilà une objection préalable qui se présente tout d'abord à l'esprit, en dehors des conditions de possibilité ou d'impossibilité que nous avons à examiner.

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