L INTERMEDIAIRE INDISPENSABLE
L'Angleterre ne serait-elle donc pour rien dans l'enfantement de la Franc-Maçonnerie?
Gardons-nous de le croire.
Doué d'une puissance de réflexion remarquable, M. Max Doumic a pu se laisser tromper par certaines apparences parce que, trop nouveau venu dans la question maçonnique lorsqu'il écrivait son ouvrage, il a tranché avant d'avoir examiné le problème sous toutes ses faces. Toutefois. si un esprit comme le sien est resté fixé sur les agissements anglais, c'est qu'il y avait bien quelque chose de ce côté.
Il y avait même beaucoup. Car le rôle joué par l'Angleterre fut tellement important qu'à défaut d'elle, il eût absolument fallu que quelque autre le remplît. Sans cela il n'y aurait eu ni Franc-Maçonnerie ni Pouvoir occulte.
Quel fut ce rôle? Le lecteur l'a déjà compris. L'Angleterre fut l'intermédiaire dont le gouvernement secret de la nation juive ne pouvait se passer.
Celui-ci, nous l'avons sufTisamment f ait comprendre, était obligé de ne jamais paraître en quelque circonstance que ce fût. Il lui fallait donc trouver un agent ; et comme l'œuvre à accomplir était immense, l'agent
en question devait être une véritable puissance dans le monde chrétien. Il était en même temps nécessaire que cet agent désirât ardemment l'abaissement des nations catholiques.
L'Angleterre était bien dans la situation voulue.
Mais comment la faire marcher?
Puisque le gouvernement secret juif ne pouvait se laisser voir, il n'avait qu'un moyen à sa disposition, toujours le même : c'était de mettre en mouvement les « influences individuelles soigneusement couvertes ».
Or, ce lui était facile, ainsi que nous avons d.éjà eu occasion de l'indiquer, grâce aux sociétés kabbalistes.
Nous savons maintenant ce qu'une société secrète composée de groupes superposés peut faire du cerveau de ses adhérents ; comment elle peut le modifier à sa convenance parce qu'elle a le loisir de se livrer sans danger à des essais, fussent-ils infructueux, sur certains sujets et de recommencer sur d'autres jusqu'à ce qu'elle rencontre ceux dont elle a besoin. Cela étant, et une fois son plan conçu, le gouvernement secret juif n'avait qu'à lancer ses émissaires, conscients ou inconscients, initiés ou simples suggestionnés, avec mission d'attirer dans les sociétés kabbalistes des politiques anglais ou des hommes disposant d'influence sur certains d'entre eux. C'est toujours ainsi que procède le Pouvoir occulte. N'avonsnous pas expliqué comment, depuis quelques années, il avait fait entrer dans la Maçonnerie ceux qu'il voulait y voir : les officiers et les professeurs ?
En agissant ainsi le Pouvoir occulte ne devait pas avoir de peine à trouver, pourvu qu'il y mit le temps voulu, certains hommes en situation de lancer l'idée de la société secrète composée de protestants. Cette idée, que nous ne nous expliquions guère tout à l'heure naissant ex abrupto dans l'esprit de Bacon, elle a pu au contraire, y être apportée avec la plus grande facilité, soit que Bacon fût initié à une société kabbaliste, soit qu'il eût autour de lui des initiés transmetteurs de la suggestion.
Qu'on y songe ! Cette société que nous peint l'auteur de la Nouvelle Atlantide et sur laquelle M. Max Doumic se livre aux réflexions très judicieuses que nous avons rapportées, est-ce qu'elle ne nous représente pas bien les conditions si particulières de l'existence de la nation juive? Les étrangers sont tenus à l'écart... Il ne leur est pas permis de se mêler au peuple..., ni de rien pénétrer de sa vie ou de ses institutions... « Le gouçernement prend un soin jaloux, tout en se renseignant très exactement sur les autres nations, de leur cacher jusqu'à son existence... »
« Le Temple de Salomon envoie à l'étranger des « frères chargés de rapporter des renseignements sur les affaires des autres peuples, et rendre compte de leur situation. Ces « frères » emportent de fortes sommes d'argent, pour se procurer ces renseignements dans les pays où ils séjournent et payer largement les personnages qu'il y a lieu de payer à cet effet... »
Est-ce que ce ne sont pas là les moyens pour l'invention et pour l'emploi desquels les Juifs étaient
spécialement doués en raison de leur passé, de leur caractère, de leur situation et de leurs aptitudes?
Et la connaissance en est révélée et la suggestion en est donnée aux politiques anglais de manière à ce qu'ils ne puissent supposer qu'il existe un autre gouvernement qui met ces moyens en pratique.
Que faut-il pour que l'idée soit ainsi déposée dans leurs cerveaux? Il suffît de quelques suggestions jetées dans les groupes kabbalistes ouverts aux protestants anglais.
Est-ce que cette manière de faire n'est pas précisément celle que nous voyons reproduite journellement à notre époque par la Franc-Maçonnerie?
Nous pouvons en être certains : si ce n'eût été Bacon qui consentit à exposer l'idée, c'eût été un autre politique anglais. Il faut remarquer qu'on la trouve dans les papiers du chancelier, cette idée. Avons-nous la preuve qu'elle soit bien de lui? N'a-t-elle pas été glissée subrepticement parmi d'autres écrits? C'est encore là un procédé que nous avons vu employé plus d'une fois... Peu importe d'ailleurs ; car, nous le répétons, si ce n'eût été Bacon, c'eût été un autre. C'est ainsi que la suggestion devait être insinuée au monde politique anglais pour que le Pouvoir occulte juif ne fût pas découvert. Il était indispensable qu'elle fût d'abord versée dans l'esprit d'un homme marquant pour passer de là dans d'autres, de même que pour la formule le cléricalisme, voilà l'ennemi ! il était indispensable qu'elle passât par les lèvres de Gambetta pour être répétée par des milliers de bouches.
Peut-être fallait-il du temps pour trouver l'homme.
Là était la seule difficulté. Mais le temps, on l'avait. Une fois le choix fait, tout le travail qui eût été impossible dans le cas de l'origine purement anglaise de la Franc-Maçonnerie devait s'accomplir pour ainsi dire tout seul, grâce aux suggestions qui étaient jetées dans les sociétés kabbalistes. Des discussions s'ouvraient sur ce sujet dans les dites sociétés. Ceux des politiques anglais qui y fréquentaient étaient travaillés comme il convenait, selon les méthodes que nous savons employées, et c'est eux qui faisaient la fortune de l'idée exposée par Bacon, comme nos francsmaçons firent la fortune du cri de guerre poussé par Gambetta. L'heure venue, des statuts qui étaient tout prêts, comme sont toutes prêtes les lois antireligieuses actuellement enregistrées après un semblant de délibération par notre parlement, étaient soi-disant élaborés par quelques-uns des politiques, de concert avec un ou deux représentants du Pouvoir occulte. Les « influences individuelles soigneusement couvertes » et encore plus soigneusement choisies proposaient les dits statuts à qui il fallait pour qu'ils arrivassent dans les régions gouvernementales. Ils y étaient présentés accompagnés des commentaires nécessaires pour qu'on se rendit compte en haut lieu de l'utilité de la future société au point de vue protestant et tout particulièrement au point de vue anglais. Inutile d'ajouter que ces commentaires étaient ce qu'il fallait pour que fût dissimulée autant qu'il convenait la lâcheté du procédé proposé contre les nations catholiques. Quant à ceux qui les développaient, ils se montraient d'autant plus éloquents
que, grâce au travail de suggestion accompli par le Pouvoir occulte, ils étaient des convaincus, comme sont nos anticléricaux d'aujourd'hui... Ce sont les suggestions répandues dans les groupes kabbalistes qui rendaient tout facile, tandis que sans ces suggestions rien n'était possible.
Le mode d'action que nous indiquons là, c'est celui que nous savons maintenant avoir été employé depuis cent cinquante ans dans la Franc-Maçonnerie. N'est-il pas logique d'admettre que, s'il s'y trouve, c'est parce que les fondateurs l'y ont mis, et que s'ils l'y ont mis, c'est parce qu'ils en avaient l'habitude?
Une précaution était à prendre : il ne fallait pas que les premiers transmetteurs de l'idée dans le monde profane fussent connus comme affiliés aux sociétés secrètes kabbalistes. Mais là encore, ce qui se passe de nos jours ne nous est-il pas une indication suffisante de ce qui a pu se passer alors? Ne savons-nous pas la tournure d'esprit très particulière qu'acquièrent les membres des sociétés secrètes et le souci perpétuel qu'ils ont de cacher les initiations qu'ils ont reçues? Les hauts gradés se taisent vis-à-vis des maçons des bas grades. Ceux-ci, de leur côté, créent des sousmaçonneries « sans laisser voir la main de la Maçonnerie »... Pourquoi donc les protestants kabbalistes, soumis à la même éducation, auraient-ils eu moins de discrétion ?
Pour mieux se couvrir, pour éteindre tout soupçon dans l'esprit de ces collaborateurs inconscients et dans celui des politiques avec le concours desquels ceux-ci devaient fonder les premières loges, le Pouvoir
occulte juif avait intérêt à leur suggérer que celles-ci ne devaient être ouvertes qu'aux seuls chrétiens et qu'il fallait en exclure rigoureusement les Juifs. Il avait intérêt à cela, disons-nous, et il ne courait aucun risque à procéder ainsi, puisque les vrais inspirateurs des futures loges continueraient d'être façonnés, hypnotisés dans les sociétés secrètes juives dont ils faisaient partie, et puisque, d'autre part, l'effet inévitable des doctrines qu'on leur ferait prêcher serait l'admission future des Juifs, non seulement dans cette Maçonnerie qu'ils ne se fermaient momentanément que pour mieux se l'ouvrir par lasuite,mais aussi dans ce monde chrétien qu'ils ne pouvaient détruire qu'à condition de le pénétrer?
Grâce à cette dernière précaution, l'autorité politique anglaise devait être fatalement entraînée. Convaincue que la Société naissante ne pouvait favoriser qu'un seul intérêt : celui de l'Angleterre, si celle-ci se mettait à la tête du mouvement, le Pouvoir politique anglais fut tout naturellement tenté d'adopter l'idée que le Pouvoir occulte lui faisait suggérer par ses intermédiaires. Eût-il hésité? Il avait à craindre — et on le lui devait faire comprendre — que cette idée ne fût exploitée par d'autres. Comment n'eût-il pas marché?
Le succès de la machination devait être facilité par la circonstance suivante.
Avant que l'Angleterre protestante eût à utiliser l'association maçonnique contre les nations catholiques, elle dut traverser une période de luttes entre protestants et catholiques anglais. Le Pouvoir oc-
culte juif n'eut donc pas tout d'abord à tromper la perspicacité des chefs de la nation. II put profiter du désordre causé par les divisions religieuses pour glisser l'orgnisation secrète dans le parti protestant anglais. C'était pour celui-ci une arme toute trouvée contre le parti catholique. Et quelle arme innocente ! Un simple instrument de propagande religieuse...
On s'expliquerait, grâce à cela, les succès de Cromwell et, plus tard, l'avènement de Guillaume d'Orange, de la même manière que s'explique le triomphe des utopistes et des phraseurs qui firent notre Révolution.
Une fois assuré le succès du parti protestant, les politiques anglais s'efforcèrent de répandre la Franc- Maçonnerie dans le monde entier. Ils en furent les propagateurs. Ils fondèrent partout des loges avec d'autant plus de facilité que partout se trouvaient, non seulement des protestants qui sentaient leur idéal religieux favorisé par celui qui était proposé dans la déclaration de principes, mais aussi et surtout de ces chrétiens déchristianisés, protestants ou non, initiés aux sociétés kabbalistes. Ceuxci, suggestionnés dans cette vue et préparésà jouer ce rôle, entraient dans les loges pour y transmettre les suggestions dont ils avaient été préalablement imprégnés et ils mettaient ainsi les groupes maçonniques fondés par les Anglais sous l'inspiration des groupes juifs. Il s'établissait de cette manière une situation comparable à celle qui existe dans les loges entre l'autorité administrative et l'autorité inspiratrice. Les officiers des loges représentent la première, tandis
que les hauts gradés représentent la seconde; mais, en raison du but de la Franc-Maçonnerie, c'est l'autorité inspiratrice seule qui compte.
Les Anglais fondaient des loges; ils les administraient ; mais en fait, ils constituaient simplement ainsi des milieux chrétiens dont ils livraient les éléments à l'action juive. Par les intermédiaires qu'il introduisait dans ces loges, le Pouvoir occulte commençait dès lors la pyramide de sociétés secrètes que nous avons montrée dans le Pouvoir occulte contre la France^ grâce à laquelle les derniers des ateliers maçonniques et, par eux, le monde chrétien, sont mis sous l'inspiration du gouvernement national juif. En agissant ainsi, les politiques anglais attentaient à l'existence de la chrétienté toute entière, puisqu'ils propageaient une société qui, en certain pays, devait tendre, dans leur pensée, à la destruction de la morale chrétienne. Il y avait là une véritable trahison.
Sans doute le Pouvoir occulte se jouait d'eux ; et ce lui était facile en raison de l'expérience qu'il avait des sociétés secrètes. N'avoir pas reculé devant les ravages qu'ils attendaient de l'action antichrétienne de la Maçonnerie n'en est pas moins un crime à la charge de ceux dont nous parlons.
Jusqu'à quel point étaint-ils conscients, au début, de la gravité possible de ces ravages ? D'autre part, à quelle heure se sont-ils aperçus que l'arme empoisonnée dont ils frappaient traîtreusement les nations catholiques leur était fournie par le peuple qui est resté depuis dix-neuf cents ans l'implacable ennemi de ce Christ devant lequel ils s'age-
nouillent? Depuis quand ont-ils accepté, en connaissance de cause, une pareille collaboration contre une partie de la chrétienté?
Ce sont là des questions dont la réponse, si elle pouvait être faite, alourdirait ou atténuerait leurs responsabilités.