REFACE DE LA PREMIERE EDITION XV
un corps sain à un corps malade, un idéal auquel nous aspirons à la réalité qui nous étouffe. Pour le faire, pouvait-on se contenter de remonter à l'origine de l'opéra, de donner un coup d'œilà son passé, de relever dans son histoire les nobles essais qui ont tenté de l'élever au rang de l'art vrai ? Non, car son origine serait plutôt faite pour nous prouver qu'il est entaché d'un vice radical, et son histoire nous le montre retombant sans cesse dans ses errements primitifs, en dépit de puissants efforts. Prise dans son ensemble, cette histoire pourrait nous faire douter au contraire de la possibilité, dans les temps modernes, d'une alliance sérieuse entre la poésie et la musique sur le terrain du drame.
C'est bien loin de Topera que j'ai cherché cette grandeur, cette beauté du drame musical qui semble lui assigner un rôle capital dans les destinées de l'humanité. J'ai interrogé d'abord sur son sens primitif la Grèce antique, source intarissable de nos arts, de notre philosophie, de toute notre culture. J'ai cherché ensuite les éléments de sa renaissance dans le grand courant de la poésie européenne et