‹ Le drame religieux au moyen âgeChapitre 8 sur 11 · I LB DRAME RELIGIEUX · texte numérisé non relu

I LB DRAME RELIGIEUX

en langue vulgaire, Tunion des deux éléments présentait, pour plusieurs motifs, beaucoup moins d'inconvénients, et il faut ajouter que pendant longtemps la foi profonde et la naïve rusticité des masses atténuèrent, dans une large proportion, l'effet de certaines exubérances, de certains disparates pour nous tout à fait choquants. Aussi s*en donna-t-on à cœur joie. La juxtaposition aux sublimités bibliques et chrétiennes de scènes ou de traits d^'un réalisme crûment vulgaire ou d'une bouffonnerie grotesque est l'un des caractères distinctifs des grands mystères de la fin du Moyen Age (1).

D'un autre côté, il semble qu'une part assez importante doive être attribuée dans l'origine et les développements du théâtre comique au Moyen Age à certaines fêtes spécialement joyeuses des clercs et des étudiants, où des traditions remontant au paganisme se mêlèrent aux habitudes et coutumes ecclésiastiques et scolaires : fête des Innocents, fête de TAne, fête des Fous. Certains traits de ces réjouissances ont passé dans les diverses espèces des jeux comiques en langue vulgaire : le monologue dra- ^ matique, comprenant le sermon joyeux; la sotie^ la

farce. La présence de l'élément religieux dans ce dernier genre se manifeste d'une assez curieuse façon à la fin de la pièce intitulée : Le Pèlerinage de mariage^ qui se termine par une procession et des litanies burlesques, tout à fait analogues aux antiques joyeusetés des clercs et des écoliers en liesse :

l'un dss acteurs

De femmd pleine de tempête, Qni a une mauvaise tête, Et le cerveau contaminé.

(1) Cf. W. Grbizktvach, ouvrage cité, pp. 64, 09 et suiv. — Voyez aussi l'intéressant mémoire de M. M. Wilmotte : La Naissance de Vêlement eomiq'ue dans le théâtre religieux^ lu au Congrès d'histoire comparée tenu à Paris en i9Q0,

56 LB DRAJIB RBLIQIBUX

TOUS BN8BMBLB

LiheJra nM, Dominé..,

l'acteur

Quand la femme tempête et tance»

Qao le mari ait patience

Bt obtienne un peu de repoe.

TOUS BNSBHBLB

Te rogdmuM, audi nos..,

. Cette parodie liturgique, fort licencieuse par endroits, s'achève pourtant et clôt la farce par ce couplet moral et même édifiant :

l'acteur

Oue les deux nouveaux épousée Se trouvent si bien disposés.

Qu'ils puissent en leur mariage Produire bon et beau lignage Bt vivre ensemble longuement ; Puis en la fin aient sauvement Avec Oien au céleste enclos.

TOUS BNSBMBLB

To roffomuê, audi noê.

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