‹ Le drame romantiqueChapitre 2 sur 120 · XII AVANT PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT PROPOS

siste à nous émouvoir doucement (la «pitié charmante» de Boileau) par la peinture de la vie et des passions ; et nous avons défini l'art dramatique : une peinture des passions, un tableau delà vie s'adaptantà des conditions extérieures qui résultent de ce que l'art emprunte une salle, une scène, des acteurs; ce sont les conditions (Vexistence dit genre. L'idéal de l'ail dramatique sera d'adapter le plus possible de psychologie à ces conditions d'existence du genre, sans lesquelles le drame sort de son cadre et verse dans l'ode ou l'épopée.

L'examen historique, rapidement fait, des différents systèmes, c'est-à-dire des proportions différentes dans lesquelles s'allient l'étude psychologique et les conditions d'existence du genre, nous a aidé à vérifier notre critérium, en même temps qu'il nous faisait admettre tous les systèmes, aucun, en somme, n'ayant rompu outre mesure l'équilibre entre le fond et laforme, aucun n'ayant non plus trouvé exactement la proportion idéale. La perfection d'ailleurs est rare ; l'art de chaque époque a sa conviction qui fait sa force ; or toute conviction est faite d'un côté des choses négligé.

Nous pouvons dès lors, en connaissance de cause, aborder l'examen du système romantique. Nous l'y vovons préoccupé surtout des conditions d'existence du genre au point d'en oublier ce qui est la vraie force et la noblesse du drame : l'étude psychologique. Nous examinons en quoi la doctrine romantique fut féconde et renouvela, en quoi elle se trompa et fut chimérique. Puis nous étudions l'œuvre même, comment elle reflète une époque grande et troublée, ressent Fin tluence des passions contemporaines ; comment cette influence d'un côté donne à l'œuvre un grand intérêt poétique, de l'autre le

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