XIV AVANT-PROPOS
nuer chez nous Shakspeare, d'égaler les œuvres des périodes où la grande poésie avait choisi le théâtre. Nous avons élagué toutes les œuvres secondaires, oute la végétation dramatique du siècle, qui doit beaucoup au romantisme. Nous n'avons pas raconté les luttes (ÏHernani, les anecdotes, la vie privée ; nous avons, certes, étudié l'homme dans Hugo, mais seulement l'homme général et l'homme du temps, ce qui se réfléchit dans son théâtre.
Nous n'en approuvons pas moins ceux qui collectionnent documents et menus faits sur le Romantisme ; on l'a fait déjà avec succès, et l'on a bien fait de recueillir, pendant qu'ils étaient encore à fleur de terre, des détails que les fureteurs à venir, obligés maintenant de chercher une autre proie, eussent déterrés à grand effort et grand honneur, ou qui même eussent été perdus.
En un mot, nous n'avons pas choisi entre deux méthodes ; nous n'en avons vu qu'une possible pour ce que nous voulions faire : expliquer, faire comprendre la tentative tragique du xtx6 siècle. Nous espérons bien que d'autres se placeront à un autre point de vue et nous compléteront, si nous pouvons nous flatter d'avoir apporté notre petite contribution à l'intelligence du théâtre romantique.
Nous ne citons guère les critiques contemporains et ne renvoyons guère même aux plus excellents ouvrages, à qui nous devons beaucoup. À quoi bon? Par la nature de notre sujet, aucun ne nous a été utile directement. Nous avons philosophé à notre loisir devant les œuvres elles-mêmes. Mais formé, indigne disciple, par
AYANT-moros XV
nombre do maîtres éminents dont nous avons entendu la parole ou lu les livres, si nous n'avons rien emprunté à personne, nous devons un peu à tout le monde, à IN isard comme à M. Petit de Julleville, à Saint-Marc Girardin comme à M. Faguet.