‹ Le drame romantiqueChapitre 61 sur 120 · L'AMOUR PURIFIANT : MARION DELORME · texte numérisé non relu

L'AMOUR PURIFIANT : MARION DELORME

bout de son calvaire ; suprême expiation, lorsque, de douleur en douleur, elle est parvenue jusqu'à la prison, elle n'aura pas même la joie amère de son sacrifice :

Pour que devant vos pas la prison s'ouvre ainsi, A qui vous êtes-vous prostituée ici ?

Et il lui faudra, comme elle l'avait prévu, jurer pour n'être pas crue que c'est par amour qu'elle a tout fait, et accepter le mépris de Didier, et voir son sacrifice refusé.

Frappe-moi, laisse-moi dans l'opprobre où je suis. Repousse-moi du pied, marche sur moi, mais fuis. Ne me refuse pas, tu sais ce qu'il m'en coûte.

Cette malheureuse sera-t-elle repoussée jusqu'au bout ? Mourra -t-elle maudite par celui à qui elle a tout donné ? Le poète l'avait voulu ainsi d'abord : Didier laissait Marion se traîner sur les genoux, et, sans une parole, allait à la mort. Puis il changea d'avis, fit un second dénoàment; Didier pardonne ; son amour éclate invinciblement, plus fort que le mépris qu'il veut avoir et qu'il n'a pas ; il étreint Marion avec passion ; il lui pardonne ; il fait plus que de lui pardonner, il lui demande pardon :

A l'heure où je suis, cette terre

S'efface comme une ombre et la bouche est sincère... Au nom du Dieu vers qui la mort va m'entraînant, Je te pardonne.

Page 1