I. 3* LIYRAUON. y
mariée lui soit présentée, et la présentation a
lieu. Assurément voilà un gentilhomme bien verd pour un voltigeur, et des jeunes filles bien envieillies de préjugés !
Enfin on écrit de — que M. de avait déjà
acheté une grange pour y mettre la dîme.
c< Chaque mot sur nos fronts fait dresser les cheveux. »
On remarque ce peu de mots dans les Annales •politiques : « L'unité est enfin dans le ministère , la « réi^oliition est donc finie ; )^ ainsi, elle ne l'était pas encore il y a un an ; a grâces soient rendues aux (( hommes généreux qui se sont élancés jusqu'au sein (( de la nue orageuse ; ils y ont étouffé la foudre. »
Puissent-ils, au lieu de ce beau'résultat , ne l'avoir pas fait descendre parmi nous! Prométhée déroba le feu du ciel : un vautour dévore ses entrailles , et ce vautour.... c'est le remords.
— 'Lq Journal du Commerce ne veut pas permettre aux Suisses de laisser les jésuites s'établir dans les cantons hospitaliers; il nous révèle, à cette occasion, qu'un M. Lauderset vient de publier, à Fribourg , im écrit dans lequel il montre de l'énergie , des lumières et du savoir; et toute cette artillerie est dirigée contre les pères de la foi , que le mcme journal finit par appeler les pères de la inse. Quel heureux synonyme !
Nous terminons là , pour le mois de janvier , notre notice sur l'esprit des journaux censurés j passons aux aj/ranchis .
— Nous parlerons peu cette fois de la Minerve , des Lettres normandes et des Hommes gris , ou d'autres couleurs ; leur esprit est connu depuis
^rw^
( >30 îong-temps : il y a eu cependant quelque variation. On s'est avisé de biûler deux ou trois orrains d'un assez mauvais encens en faveur du ministère; mais bientôt on est revenu à le tiaiter avec rigueur; et déjà les ministres sont accusés d'incertitude, de tâtonnemens et de lenteur : il faut convenir que ce dernier reproche n'est pas absolument une injustice; en effet, il n'y a guère eu qu'une cinquantaine de destitutions depuis quinze jours.
— Deux astres nouveaux viennent augmenter les lumièreiB du siècle ; semblables aux comètes qui nous sont promises pour cette année , ils paraissent n'avoir ni queue ni tète ; mais ils n en sont pas moins dangereux. On les nomme la Boussole et Iq Politique. Leur marche semble destinée à devenir incendiaire ; il ne faut pas , comme à Phaëton , qu'il leur soit permis d'approcher la terre de trop près. On a rassemblé plusieurs petits morceaux de papier à demi consumés , et qui sont tombés du char que des mains inhabiles veulent conduire. Voici quelques lignes dont il a été possible de déciiiffrer les caractères :
« L'homme est une planète qui , pendant sa révolution éphémère , entre dans le signe des ténè^ bres , etc. , etc. , puis enfin dans celui du mariage , qui a quelque rapport avec le signe du capricorne ; après bien d'autres courses , il tombe dans celui de la crédulité. » Et le bon sens et le bon goût de fau-
ur sont tombés , chemin faisant, dans la lune , où personne ne sera tenté de les aller chercher.
t( Lâches partisans des vieilles erreurs! nous élevons contre vous une voix accusatrice.... Le peuple puise dans \q présent {ïaiv'is est précieux), une haine
énergique contre les projets du/analîsme et de l'amtocralie,)) Quel heureux choix d'expressions , et surtout quelle modération aimable!
(( Le territoire français est enfin libéré ; M. de Richelieu est parti! — » Voilà la récompense nationale que de généreux libéraux accordent aux ministres, qui pourtant ont imaginé la loi des élections, et celle du recrutement de l'armée.
« L'opinion n'est pas en harmonie avec la marche des gouvernans ; la première cause de la révolution fut Taversion contre les prêtres et les nobles. » Donc il ne faut ni nobles ni prêtres, fort bien , mais qu'en
fera-t-on ?
ic Depuis quatorze cents ans , les rois de France ont la manie de traiter leurs sujets comme des enfans. » Assurément un enfant de quatorze cents ans est majeur; k il peut bien s'émanciper. » D'ailleurs, si la vieille monarchie tombe elle-même en enfance , n ahf^s y c'est à l'enfant à gouverner le
père »
Nous avons beaucoup adouci ce passage; le respect d'une part, de l'autre l'indignation, ont arrêté notre plume.
(( Il est temps , pour nos finances , de nettoyer l'écurie à'Augias , et d'y faire passer les eaux limpides diAréthuse et d'Alphéc. » C'est-à-dire , ôler les riiodiques pensions accordées jusqu'à présent avec tant de prodigalité à ces vétérans du malheur, qui osent cumuler 600 i\ancs de rentes, tandis que la femme du cousin du fifre qui a joué cà ira en 89,' et \a. marseillaise au Champ-de-Mai , languit peutêtre sans recevoir le moindre gage de reconnaissance publique.
« Les missionnaires , qui auraient dû se montrer comme une armée d'anges , ont été de véritables démons. » Voilà , pour le coup , de la charité chrétienne; il n'est point de bons exemples que ne nous donnent certains libéraux !
Pourquoi la Chambre des pairs a-i-elle souffert que son adresse renfermât ces mots : « Le dieu des chrétiens fut pTésent auberceau de la mon a relue française; un drapeau prussien portait cette légende : Pro Deo eipatriâ-, le grand Frédéric fit effacer ;?ro Deo. n Voilà du moins un roi qui n était ^as fanatique.
« Ce n'est que dans les troubles civils de l'ancienne monarchie que les factieux ont chanté les princes.... Sous Louis XIII , les plaines de Castelnaudar}^ retentissaient des louanges de Monsieur , tandis que toute la France criait i^we le Roi !...)) Que l'on se rassure: de nos jours, à Castelnaudary comme par-tout ailleurs, chaque Français digne de ce beau nom, répète avec le même amour iF^ii^eleRoi! i^we Monsieur? çwent les Bourbons! Ces mots chers et sacrés fi.nironJt notre article. '