‹ Le drapeau blancChapitre 26 sur 61 · NÉCROLOGIE · texte numérisé non relu

NÉCROLOGIE

Un jeune officier qui , par la bravoure la plus brillante , s'était déjà fait distinguer à 20 ans dans une armée où le courage était une vertu banale; un sujet fidèle, qui suivit son Roi, quand des factieux armés ramenèrent l'usurpateur, et qui, pour servir la cause royale, ne balança point à se charger des missions les plus périlleuses; un littérateur agréable, qui charmait par le culte des Muses ses honorables loisirs, un écrivain courageux, qui défendait aussi avec sa jîlume la cause à laquelle il avait consacré son épée ; un excellent jeune homme doué de toutes les qualités aimables , fait pour éprouver et pour inspirer tous les senlimens affectueux , M. de Saint-Marcellin , vient d'être enlevé , avant Fàge de 28 ans , à' la gloire , à sa patrie , aux lettres , à sa famille et à

^l'amitié. Dois-je , hélas! me féliciter encore d'avoir obtenu de lui le sentiment qu'il fit naître en moi dès que je le connus? L'amitié qui nous unissait me rend la douleur de sa perle mille fois plus amère; mais elle m'impose en même temps le devoir de combattre et de repousser le mensonge qui est venu s'asseoir sur le bord de sa tombe à peine entr'ou verte. C'estdans un combat particulier , provoqué par une tt';!i;^«^le d'opinion , que M. de Saint-Marcellin a

^eçu le coup mortel. Aussitôt, les journaux asservis à,la police, ont reçu l'ordre de mentir : la désobéissance ne leur est pas periiiisi. Ils ont imprimé que

('8o) ce duel était la suite d'un différend particulier tout à fait étranger à la politique.

Pour détruire leur assertion, il suffit de raconter les circonstances qui ont précédé le combat. Ce récit suivra les détails que nous allons donner sur la vie si glorieuse et si courte de Saint-Marcellin. Il était né à Paris, le ii mai 1792. Après avoir tait de trèsbonnes études au collège de Louis-le-Grand , qu'on appelait alors Lycée Impérial, il passa à TEcole militaire , d'où il sortit avec le grade de sous^lieutenant. Il fit ses premières armes dans la campagne de i8ia. M.Eugène de Beauharnais , aujourd'hui prince de Leuclhenberg , l'attacha à son état-major. Une des actions les plus sanglantes de cette campagne, une des plus décisives par ses résultats, fut Fattaque et la prise de la grande redoute de Borodino,qui couvrait seule tout le centre de Tannée russe. Savnt-Marcellin se précipita le premier dans les retranchemens ennemis, où il reçut trois cpups de sabre sur la tête. Le sang coulait à grands flots de ces trois blessures larges et profondes; il ne put obtenir aucun secours à l'ambulance , encombrée par 4o&o blessés, et servie seulement par trois chi- . rurgiens dépourvus de médicamens et même de linge et de charpie. Repoussé de l'ambulance, il allait attendre la mojrt sur le bord d'un fossé, quand H rencontra Buonaparte. « Je vais mourir, lui ditw il; accordez-moi la croijf d'honneur, non pour <( me récompenser , mais pour consoler niA., t'a- »( mille. » Buonaparte détacha sa croix, et l^tur donna. ^

Jeté sur des fourgons d'é(|uipage, il arriva expilaut à Moscou; sa guérisou fut uu jiiiracle. 11 revint

( '80 h Paris , où les tendres soins de sa famille adoucirent «a longue convalescence.

Lorsque la France revit son Monarque légitime , Saint-Marcellin , dont -la foi -était dégagée , prêta avec enthousiasme un serment qu'il a toujours gardé. A l'époque du 20 mars, il était aide- de- camp du général Dupont , et eut le courage de conserver, à Orléans, la cocarde blanche, que quittaient des soldats séduits par des chefs perfides. Pendant le court séjour qu'il nt à Paris avant d'aller à Gand , il eut avec un officier une altercation politique , se battit, blessa son adversaire, et partit pour rejoindre son Roi, qu'il venait de venger des propos d'un imprudent.

Nommé capitaine à Gand , son zèle ne lui permit pas de rester oisif; il sollicita et obtint l'honneur d'accompagner , en qualité d'aide-de-camp , M. le général Donnadieu , qui était chargé d'essayer de ramener au devoir le général qui commandait à Bordeaux pour l'usurpateur. Saint-Marcellin porta la lettre au général Clauzel , qui n'y répondit qu'en faisant arrêter l'envoyé. Mais comme déjà l'on était instruit de la bataille de Waterloo , il n'osa pas le faire fusiller , comme le fut le colonel Gordon , chargé d'une mission pareille auprès du gouverneur de Condé.

A Angoulême, le prisonnier parvint à échapper aux gendarmes qui le conduisaient à Paris ; il rentra dp*"^ la capitale le 8 juillet , avec le Roi. Après avoir éiè pendant quelque temps chef de l3ataillon dans une légion à Orléans , où il paya d'une blessure sa courageuse persévérance a soutenir ses opinions, il fut mis en non activité. Il occupa son loisir eii

romno«;ant plusieurs pièces, dont quelques -nnes iurent jouées avec beaucoup de succès a nos div^ers théâtres. Exempt de tonte prétention d'amour propre, il recevait de la meilleure grâce du monde les conseils de la critiqué, même la plus sévère.

Il venait d'être compris dans la nomination des rhefs cl escadron de Tétat-major de l'armée, faveur quil n'eût sans doute pas conservée long-temps.

Il écrivit et signa dans le Coji^jvatcur , plusieurs articles qui furent remarqués parmi ceux qui composent cet excellent recueil. Le dialogue de M. Dîmanchr est un badinage de fort bon goût , échappé à un» homme de beaucoup d'esprit et d'excellente compagnie.

Saint-iVJarcellin aimait trop le Drapeau blanc, et l'éditeur de la feuille qui paraît sous ce titre , pour ne pas répondre à l'invitation amicale qui lui fut faite de coopérer au succès de celte entreprise. C'est à lui que nous avons dû l'article à la fois énergique et spirituel qui a paru dans la troisième livraison , sous le nom fictif de Justin de Bonpoids. Hélas î il ne devait pas le lire, cet article qui fut, pour ainsi dire, son testament de mort. Peu de jours avant celui où le duel eut lieu, M. F***, avec lequel il avait une de ces liaisons superficielles qui établissent dans le monde un échange de saints , l'aborda en lui disant : « Kst-ce vous , M. de Saint-Marcellin , qui écrivez l^s articles signés de ce nom dans le Conserrate.ur? — C'est moi-même. — J'en suis fàch^^— Pourquoi? — C'est qu'ils peuvent vous attirer de mauvaises affaires. — Je suis bon pour soutenir toutes celles qu'on me suscitera. » Le dialogue n'alla pas plus loin.

Le dimanche 3i janvier , an foyer de TOpéra- Comique, Saint Marcellin aperçut ce même M. F***, et lui adressa un salut qu'on ne lui rendit pas. Il fit d'abord peu d'attention à cette inconvenance j il crut même que M. F*** ne l'avait point vu. Un instant après , il se sent assez rudement coudoyé , se retourne , et se trouve en face de ce même M* F***, qui était accompagné de deux ou trois particuliers. — Est-ce vous qui m'avez ainsi coudoyé? Que me voulez-vous ? Pourquoi ne m'avez-vous pas rendu mon salut? — Je ne salue pas les gens qui travaillent au Conservateur. — Eh bien î je pourrai peut-être" vous donner une leçon de politesse. Vous savez mon: nom : voici mon adresse.

Le lendemain lundi, i^'* février, à neuf heures du matin, M. de Saint-Marcellin reçut la visite de M. F***.

Le lieu , l'heure du combat, le choix àçs> armes , tout fut réglé entr'eux tête à tête. Ils étaient convenus de se trouver à trois heures à la barrière de Clichy , avec des pistolets. Je rapporte tous ces détails , presqu'avec les mêmes termes dans lesquels- M. de Saint-Marcellin les raconta lui-même à l'amir auqliel il donna une douloureuse préférence p'bur le rôle de son témoin. Ce rôle se borna à celui de spectateur. Il ne fut pas même permis aux témoin* d'intervenir dans le fond d'une affaire qui ne présentait aucune injure assez grave pour rendre indispensable une catastrophe sanglante. — « Nous soiiinies d'accord. » — Telle fut la tranchante dé- .^élaration des deux combattans.

Chacun d'eux prit un pistolet de la paire qu'avait apportée l'autre. Vingt pas furent mesurés , large-

( '84 ) ïpf»nt sans doute ; c'est tout ce que put faire Thumanité (les témoins. Le sort tut interrogé sur le droit tle pi iorité. Il prononça en faveur de M. F***. Saint- Marcellin attendit le coup sans sourciller; il ne TatteJidil pas long-temps. Son adversaire, après l'avoir ajusté, en aidant sa vue d'un lorgnon, lâche la détente, ,et le malheureux tombe en s'écriant : y/A/ mon cherL.'C. (le colonel qui lui servait de témoin), ie suis mort; je souffre horriblement des jambes. A cette douleur affreuse dans la partie intérieure du corps ^succéda une insensibilité absolue. Lorsque son adversaire s'avança vers lui , il eut encore la force de lui dire en souriant : « Vous tirez bien, monsieur, « vous tirez très-bien : je suis hors d'état, mainteu nant, de vous rendre le coup que j'ai reçu ; mais ¥ dès que je serai guéri, je songerai à payer ma dette.» Une soif dévorante fut la seule sensation qu'il ex-* prima. Son témoin courut lui chercher de l'eau et quelques spiritueux. Des maçons qui travaillaient non. loin de là, prêtèrent une échelle dont on fit ui3€ civière , en la couvrant d'une botte de paille et d'un matelas. On parvint ainsi à le transporter dans une maison voisine. M. F** hiissa aux ordres du témoin 6e Saint-Marcellin , son cabriolet et son domc.sli(jue monté. Celui-ci eut Tordre d'aller au grand galop chercher un chirurgien : bientôt il en ^mena un (jui suça la plaie , la sonda , et ne put décider sil'obstacle qui arrêta la sonde était un os ou la balle. Cependant , le blessé avait repris connaissance. V Mon cher ami , dît-il à son témoin, en lui sfcî»nt «« la main, voilà un vilain bal pour ce soir. » S^^, pensée était occupée d'uiie fête que sa tamille avait ^ piéparée ce jour même , et à laquelle il avait invité

plusieurs de ses amîs. C'est au milieu chi brillant ap* pareil des jeux et de la joie , que le triste cortège entra dans l'hôlel de M. le marquis de Fontanes. Le deuil et les larmes remplacèrent les apprêts du plaisir; et chaque voiture qui ajnenait à la fôte les amis de la famille, était arrêtée par la nouvelle du funeste événement. Les docteurs les plus habiles , les plus expérimentés , furent appelés , et reconnurent bien-» tôt que tous les efforts de fart seraient impuissans, La balle avait attaqué les parties essentielles à la vie.

M. de Saint-Marcellin lui-même ne se fît pas un instant illusion sur sa mort inévitable et prochaine. Il la vit s'avancer avec l'insouciance d'un jeune guerrier , avec la pieuse résignation d'un chrétien. Il cherchait encore à entretenir dans le cœur de ses parens et de ses amis, auxquels il cachait ses souf-^ frances , un espoir qu'il n'avait plus. Courageuse et touchante dissimulation î Enfin , le mercredi 3 février , vers les six heures «du soir , la fièvre le saisit ; la tendresse, prompte à se flatter, voulut se persuader que c'était la fièvre salutaire de suppuration. C'était celle de la mort. Dans son délire , il prononçait avec amour et respect, le nom du Roi et des Princes. Son esprit était égaré ; mais son coeur avait conservé toute sa sensibilité. Il parlait des objets de ses plus chères affections ; il pensait à ses amis. Mon nom , hélas ! vint se placer sur ses lèvres : pauvre Sainte Marcellin ! J'étais cloué sur un lit de ckttieur , ^:^cind j'appris la nouvelle de ta mort ! rendant plusieurs heures , je devins insensible à mes maux.

Ce fut à neuf heures et demie qu'il rendit le dernier soupir dans les bras de parens et d'amis à ja-

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mais inconsolables ; et la fureur des partis compte une victiriip de plus.

Et les journaux , auxquels on a commandé le mensonge , ont osé soutenir que cet événement n'avait pas le moindre rapport aux opinions politiques î Reconnaissons le avec franchise; il y a encore dans ce mensonge un certain mélange de crainte, de honte et d'humanité. On a voulu se dérober à de trop justes reproches , à une trop cruelle responsabilité; mais c'est en vain. Si Saint- Marcellin eût été le partisan du S3'stème qui a déjà l'ait et qui iera encore tant de mal à la France , si seulement il en eût regardé les progrès avec une inditférence apathique, il vivrait encore , comblé de distinctions et de récompenses. Mois il a vu ledanger^ il l'a signalé; son cœur, tout français, s>st soulevé au spectacle des atteintes portées chaque jour au trône qu'il avait juré de défendre ; il a écrit dans le Conservateur et il est mort.

O vous, qui en parlant 'toujours d'oubli et d'union , n'avez cessé de réveiller les dissensions , de rallumer les haines , d'aigrir les ressentimens, vousrépondrez de ce sang qui ne coule encore que goutte à goutte dans des combats particulters, et

qui peut-être Que le ciel détourne ces afTVeux

présages! Puisse le sang de mon jeune ami être le dernier que répande jamais la rage implacable des factions! Ce fut sans doute son vœu suprême; l'exprimc^Jpn son nom, c'est rendre à sa mémoire fhommage le plus digne d'elle. %ifci

A. Martainville.

( '8? ) CORRESPONDANCE

Nantes , 5 février 1819.

Monsieur ,

Notre collège vient d'imiter celui de Louis-le- Grand. Cent et quelques écoliers , couchant tous dans le même dortoir , se sont amusés , à onze heures du soir, à déchirer draps, couvertures, paillasses, h. casser les vitres du dortoir. Pour faire en sûreté leurs orgies , ils avaient amoncelé derrière les deux portes d'entrée, plusieurs bois de lit; après s'être ainsi barricadés, ils ont brisé leurs couchettes, décarrelé le dortoir, et s'amusaient a jeter par les fenêtres , carreaux , débris de bois , etc. , etc. Le préfet s'y est rendu à minuit avec tous les gendarmes disponibles. Sa présence n'a point imposé à ces petits libéraux , qui criaient à tue-tête : P^we la liberté! Le préfet, à qui on conseillait de faire enfoncer les portes du dortoir, craignant avec raison que ces Jeunes gens , épars pendant la nuit dans l'intérieur de la maison , n'y commissent de nouveaux désordres, et ne se répandissent ensuite dans la ville, préféra de les bloquer jusqu'au jour. Il fit placer dix gendarmes en dehors de chaque porte, avec ordre d'empêcher la sortie du dortoir. Ces jeunes gens eurent jusqu'à la pointe du jour le temps de compléter la destruction de tout leur mobilier, dor>*^-^l est resté à peine quelques vestiges; alors commença un nouveau parlementage qui n eut pas plus de succès. Les insurgés renouvelèrent leurs cris, et quelques-uns chantaient le refrain si connu à Nantes : La Garde meurt , mais ne se rend pas»

( '88) Le préfet voyant cependant qu'il était temps de faire finir ce désordre, fit enfoncer une des portes à coups de haches 5 mais après avoir déblayé l'ouverture , on aperçut un second retranchement dans le milieu du dortoir. Comme la plupart des assiégés étaient fatigués et excédés de sommeil , et qu'ils voyaient devant eux une force armée imposante, ils se rendirent. On les fit défiler un à un ; on arrêta les plus coupables, qui furent sur le champ renvoyés à leurs parens, et la tranquillité se rétablit. Il paraît que ces farces scandaleuses vont se renouveler dans la plupart <les collèges. Il est facile de voir que , dans le mode d'éducation actuel , on a fort négligé ce qui regarde la morale et la discipline, et qu'il nous prépare une génération d'hommes très-dangereux pour la éociété.

UN DE vos ABONNÉS.

MÉLANGES

Sur l'emploi du mot brave.

Jusqu'à ce jour l'on avait dit : Les braues de telle armée, les braises qui ont combattu à tel endroit. l/oa convenait que la bravoure n'est point le partage de tous , et qu'il y a même des hommes auxquels la nature a donné une crainte si vive du danger, qu'ils ne peuvent la vaincre. Les Espagnols élisent : Un tel fut brcwe un tel jour, et ils o^ raison. L'on se souvient qu'on avait inscrit ces m^xs : Quartier des brades, sur le frontispice de nr caserne/ du bataillon venu de l'île d'EU)e , et qu'on fut obligé de l'ciracerj en eflet, c'était faire injure aux autres

( ï89 ) • militaires de l'armée. Cependant, une coterie désigne par le nom de braises , tous ceux que la violence , la nécessité ou la vocation ont jetés depuis la révolution dans la carrière militaire ; ainsi il y aurait en France des braves par métier ^ comme il y a des tisserands , des tailleurs , etc. , etc. On sait quelle est en Italie cette espèce d'hommes qu'on appelle braises de profession ( / bravi ). Il y a eu des braves et des poltrons chez *les anciens comme chez les modernes. Chez nos pères comma de nos jours , on en trouve dans toutes les classes de la société^ et s'il est une nation chez laquelle il soit ridicule de désigner par le nom de braire une classe particulière, c'est sans contredit en France^ cil chacun , militaire ou non, tire satisfaction d'une offense. Il semblerait que lorsque cette coterie a dit dâ quelqu'un : c'est un braire, elle n'a plus rien à ajouter, et que cette qualité dispense de toutes les autres ; mais" un brave peut être un bandit; et beaucoup de braves ont flétri leur bravoure par d'odieuses rapines. O Bayard ! ton nom n'est point arrivé si révéré jusqu'à nous, seulement parce que tu fus sans peur, mais bien aussi sans reproche; autrement, tu nef* serais que l'émule des flibustiers , ces brigands les plus intrépides de tous les hommes , et de tant d'autres qui n'ont pas connu la peur!

— Il y a sans doute au M inistère de la guerre , une division particulière qu'il faut désigner par le titre de division de mystifications. C'est elle qui a expédié la lettre suivante à M. le vicomte Berthier , maréchal-de-camp , appelé , par «ne ordonnance toute récente, du commandement du 3* régiment de la Garde, à celui du département de la Corrèze :

( ^Oû )

« Monsieur ,

« Le Roi ayant jugé vos services désormais inii- «tiles, vous êtes prévenu qu'à dater de ce jour, K vous ne faites plus partie du corps de l'état-major « de l'armée. Vous jouirez de* votre traitement de n demi-solde, jusqu'à l'instant oii vous pourrez être i( admis à la retraite. »

M. Colorftb d'Arcine , lieutenant-colonel du 3* régiment delà Garde, qui avait été nommé colonel de la légion de l'Yonne, vient d'être également réformé. En vérité, messieurs du ministère auraient bien du attendre , pour se permettre celte double gaîté , l'époque du 1^"^ avril. Enlever deux chefs à un régiment dont ils étaient l'exemple et Thonneur , sous prétexte de les appeler à d'autres fonctions , desquelles on les destitue avant même qu'ils n'y aient été installés, c'est pousser la plaisanterie jusqu'au sarcasme. Les personnes qui n'entendent pas raillerie, chercheront et trouveront peut-être la cause de celte disgrâce aussi étrange par le fonds que parla forme , dans les regrets que le 3^ régiment a publiquement exprimés de la perle de deux chefs pour lesquels tous les officiers et les soldats sont pénétrés d'estime , d'affection , de respect et de reconnaissance. Ce corps s'est comparé à une famille qjjligée qui se sépare d'un père et d'un ami. Si ce sont là des titres à la réforme, quel chef de corps voudra rester en activité? ^^

On conviendra que voilà encore deux bravmet fidèles serviteurs du trône qui ont acquis le droit de crier vive le Koi quand même ! Il est bien douloureux, pour uii o*Iicier ausbi rccommandable que

( '90 M. de Ganay , de prendre le commandement du 3^ régiment de la Garde sous de pareils auspices.

— Une calomnie n'arrête pas les gens qu'un démenti public n'atTecte point, et auxquels une réiractation ne coûte rien. Un pamphlet révolutionnaire , intitulé ie No ui^e/ Homme gris , et qui , en conscience , s'est trompé dans le choix de la couleur de son habit, avait publié dans le numéro XII, une scène qui aurait eu lieu chez le ministre des affaires étrangères , entre M. le lieutenant-général Donnadieu et MM. Dejean père et fils, et les discours provocans qui l'auraient suivie au sortir de Ihôtel du ministre. Eh bien ! il n'y avait pas un mot de vrai dans tout ce récit arrangé avec une grossière maladresse ; et M. V Homme gris s'est vu obligé d'imprimer dans là quatorzième livraison, un démenti tormel donné à lui-même par M. le comte Dejeaa. Cède leçon ne le corrigera pas; et tout fier et tout content d'en avoir été quitte à si bon marché , il va mentir et calomnier de plus belle. Pour de pareilles gens, de (elles aubaines sont presque des bonnes fortunes.

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