I. l'^^ LIVRAISON
(34) « que pal contractée envers les enfans ou les parens u de ceux qui o/it péri pour moi , et ensuite de ceux tf qui sont malheureux à cause de moi. n
Oue de clioses à dire sur ce sujet; mais n'ayant pas le temps et encore moins le talent qui seraient nécessaires pour le traiter, je me borne à Tindiquer au Drapeau blanc , qui pourra signaler , avec succès , l'injustice, la fausseté, la méchanceté et la perfidie réunies des directeurs suprêmes des journaux , et démontrer en même tems l'astuce dont ils font usage pour pervertir Topinion , et frustrer les royalistes des marques honorables de la reconnaissance d'un Souverain qu'ils ont servi , ainsi que sa maison , avec une si constante fidélité.
UN DE vos ABONNÉS,
émigré , ruiné, toujours royaliste ou ultra ^ ce qui est la même chose.
'./4u même.
Monsieur ,
Je viens de lire mon nom dans une liste des donataires du champ d'asile , insérée dans le n° 4^ de la M inerte y je puis vous assurer qu'il est absolument faux que j'aie envoyé aucune somme pour cet objet. L'état présent de ma fortune ne me permet que trop rarement de me livrer à des actes de bienfaisance ; mais lorsque cela m'est possible , je trouve dans les indigens qui m'entourent, les objets de ma sollicitude. Je vous prie de publier le désaveu formel que j'adresse aux auteurs de la Mincn'e.
Je suis ; Monsieur, etc.
J. N. Dignes, diacre ,
résidant à Tout ; pour le présent rue du Pouceau , ne 7, à Paris.
NOUVELLES DIVERSES
C'est dans le Times que paraît ordinairement la fameuse Correspondance priuée dont il a été fait quelquefois mention dans le Conservateur. L'auteur, trèS'Connu , de cette correspondance signée D , n'écrit pas une ligne qui ne soit une lâche injure ou une atroce calomnie contre \vs hommes monarchiques qui ont donné les preuves les plus éclatantes et les plus périlleuses de dévoîunent, M.Decazes et &qs amis sont portés aux nues dans cette correspondance. S. E. serait bien ingrate , si elle ne payait pas très-cher un si ardent panégyriste.
M. le correspondant parisien du Journal anglais a célébré l'exaltation du nouveau ministère, quoiqu'il ne dissimule pas qu'elle a été vue de fort mauvais œil par tout le corps diplomatique.
Il se laisse aller quelquefois à de petits accès à'hunjour philosophique. C'est dans un de ces instans qu'il a écrit le morceau suivant :
« Les petites et les grandes intrigues qui ont eu lieu pendant la crise du ministère, font maintenant le sujet de toutes les conversations, (^uel moment fut jamais plus critique pour ces hommes éternellement attachés au pouvoir, pour ces ministériels de tout temps et de toute circonstance, toujours prêts à se prosterner devant le personnage en place! Ils se sont vus ne sachant ni qui était en faveur, ni qui était en disgrâce. Quel embarras pour le courtisan , exposé à saluer l'homme duquel s'est retiré le sourire de la royauté , ou à éviter la présence de
( 36 ) celui qui, le lendemain, dispensera les faveurs de la couronne! Les hommes prudens sont restés k la maison , afin de s'épargner la douleur des méprises 5 ils n ont remontré leurs visages , que lorsque la révolution a été complète ; alors ils sont accourus pour protester qu'ils n'avaient pas changé une minute.
« Il est connu présentement que M. Decazes et le bon abbé Louis ont contribué le plus à la formation du ministère actuel; le hasard a voulu qu'il s*'y trouvât trois Gascons (Decazes, Dessoles et Portai) et ho'is Lorrains (Louis, de Serre et Gouvion ). Vous pouvez bien penser que celte curieuse coïncidence a donné beaucoup à rire dans ce pays-ci.
Dans une lettre postérieure on lit ce paragraphe assez curieux :
M Les personnes qui regardent le ministère actuel comme également opposé à leurs opinions et a leurs intérêts , et qui pourtant reconnaissent sa force , paraissent résolu à l'attaquer en détail. Ils répandent le bruit que le général Dessolles remplacera le maréchal Gouvion-Saint-Cyr au ministère de la guerre; et que le duc de Dalberg , qui accompagnait le prince de Talleyrand au congrès de Vienne , sera nommé ministre des affaires étrangères.
— Un banni français , rédacteur du journal de Gand , a osé y insérer ces lignes, le ii janvier.
<( Si Buonaparte meurt loin dilne patrie c/u'il a « éleuée si haut , il serait digne du Roi de France de (( réclamer sa cendre et de lui élever un monument, « qui ne serait ni le moins remarquable , ni le moins « honorable de son règne. »
Mais honneur à qui il appartient î Un autre réfugié français a fait à cet énergumëne la réponse qu'on lit dans le Véridiqae du 1 2 :
u Puisque notre cher confrère trouve qu'il serait « honorable pour le Roi de France d'ériger un mo- « nument à Buonaparte , ne pense-t-il pas aussi « qu'il serait coiwenahle que ce monument fût placé « à côté de celui du duc d'Enghien:? »
— Au moment où nous arborons notre Drapeau blanc , nous apprenons le retour à Paris (retour autorisé) de celui qui, le 20 mars , accourut aux Tuileries faire abattre le drapeau blanc, qui flottait encore sur le palais que le Roi avait à peine quitté.
— Voici le tableau collectif des noms des ex-conventionnels, auxquels S. M. a daigné, dit-on, sur des décisions partielles , accorder la remise pleine et entière des peines prononcées par l'article 7 de la loi du 12 janvier 1817 , ou à l'égard desquels elle a bien voulu déclarer dans son conseil 5 que les dispositions dudit article n'étaient pas applicables,
Alquîer , Gouzy y
Beniard'des-Sablons , Isoré ,
Bouchereau , Johannot ,
Bonnesœur y Laurence-l^illedieu y.
Bertrand , Milhaud ,
Cambacérès , Moulin ,
Chedaneau , Plat-de-Beaupré ,.
Corbel j B-abaud-Pommier y
Campmas , Bichard,
Delbret , Saint-Prix , ^
Dubois- Dubais y Serveau^
Escudier , Taueau ,
Ferry , Th ornas ,
GamoTi , Poulain G randpré ,
Gleizal , Kermon,
Autre tableau collectif des noms des ex-conventionnels , auxquels S. M. a aussi daigné accorder un sursis indéfini, aux dispositions pénales de l'article ^ de la loi du J2 janvier 1816 , en faveur desquels elle veut bien déclarer que ce sursis s'étend pareillement aux effets civils de ce dit article.
Bon net , Ma rtin eau ,
Chasset , Monnot ,
Chaudron- Piousseau y. Pointe, (^Noël)
Chazaud , Panis ,
Clédel , Pelletier j
Finot, d*~durolles y Pépin. (Sjlt^ai/i)
Granet , Précj ,
Guilleraut , Projean ,
Havin , Péal. (^André)
Jaurand y Sallengros ,
Laloy , Tallien ,
Lamarque , Fi/iet.
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MÉLANGES
— Les écrivains qui accusent les royalistes de vouloir ramener la gothique féodalité , sont absolument dans la même posiHon que les anciens augures , qui ne pouvaient se regarder sans rire. La plupart des privilèges tenaient au sol ; et de la façon dont les choses ont tourné en France, par le rétablissement de la loi féodale, les trois-quarls des ci-devant sci-
gneiirs se trouveraient les serfs de leurs ci-deuan€ vassaux.
— Quelques personnes ont prétendu qu'il était fort étrange de se découvrir devant un prince du sang, dans son propre palais, et lorsque, par curiosité, on s'est volontairement arrêté pour le voir passer ou monter en voiture. Un de nos libéraux à qui , dans une circonstance pareille, le public venait pro^ bablement de crier : Chapeau bas ! répartit avec humeur : Bientôt il nous faudra saluer les chevaux. Un vieillard dont les cheveux blancs , la figure respectable , lemaintien noble etlamise tort modeste annonçaient malheureusement un bon et brave voltigeur y s'approche du mécontent: u Je neme trompe pas, lui dit-il; c'est bien à M"** que je crois avoir l'honneur de parler. » — « C'est mon nom. » — « Souffrez , de grâce, qile je vous rappelle une petite gaîté d'une dame toit spirituelle qui nous recevait l'un et l'autre il y a sept ou liuit ans. {j\\ jour vous arrivâtes chez elle au moment du dîner- vous aviez eu quelques distractions en achevant votre toilette, et il vous était resté tout près de la bouche une tache noire qui, sauf la singularité, vous allait à ravir. Il fallait bien que vous eussiez, plus qu'à présent, l'habitude des révérences , et même que vous en fissiez de basses et de profondes , car la dame du logis vous dit aussitôt : Eh ! mon cher, comme vous êtes barbouillé. Ah! je vois ce que c^est , ajouta-t-elle en se retournant de notre côté , on aura mal ciré les bottés de ï empereur! Lhomme à qui Ton donnait ce titre, continua le vieillard malin , était pourtant un peu despote"; apparemment que c'est comme cela que vous les aimez. «La foule qui s'était amassée au-
tour de nous , sr prit à rire d'une manière si bruyante; que je ne pus entendre la réponse du personnage, passabl-rment mystifié.
— Quelques personnes craignaient que la Miiicive , forcée désormais de louer souvent le ministère , ne perdît , avec sa malice première , ce qui serait peu de chose, ses abonnés, ce qui serait plus malheureux; cette inquiétude n'est point sans fondement. Mais qu'on se rassure pourtant; il parait que les habitans du Texas, qui ne veulent être en reste avec personne , vont ouvrir une souscription au profit des naufragés de la Minerve. Le cor- TCspondanl de qui nous tenons ce fait , parle avec admiration de l'empiessement avec lequel les enfans au berceau envoient déjà leur petite offrande patriotique : voilà de quoi faire mourir de jalousie nos souscripteurs de cinq ans. Nous engageons leurs parens à les calmer , en leur expliquant l'influence du climat du Nouveau-Monde.
— L'on assure qu'un des premiers orfèvres de Paris, a reçu la commande d'une douzaine d'encensoirs , pour le compte d'une société littéraire établie au carrefour Russy : le prix a été convenu de suite; mais l'on a stipulé que les encensoirs seraient solides, et sur-tout qu'ils ne rougiraient pas } le fait es* vraisemblable. On ne peut nier que les nouveaux thuriféraires n'aient acquis à leur tour le droit d'imposer cette condition.
— On a ri souvent de fimage plaisante par laquelle un peintre avait représenté l'issue d'un procès. Le plaideur qui avait perdu était peint tout nud , et celui qui avait gagné, en chemise : tel pii^e encore serait le dénouement de la cause trop célèbre dont le tri-
bunal de police correctionnelle doit être fort étonné .de se voir saisi ; s'il suivait , ce que nous aimons à ne pas croire , les conclusions peu décisives pour la politique et la morale , et ruineuses pour l'honneur des deux parties , qui ont été présentées , comme de biais , par M. Mars , substitut de M. le procureur du Roi, M. le colonel Fabvier serait tout nud, MM. Canuel et Sainneville en chemisette , et le seul capitaine Ledoux garderait son linceul. M. le colonel Fabvier est sûr au moins d avoir pour le couvrir , le grand uniforme de M. le maréchal duc de Raguse, qui se trouverait ici condamné par procureur.
Quelque soit l'événement, il sera toujours vrai de dire que chacune des audiences occupées par les débats de ce procè* a été un outrage et un échec pour le gouvernement qui ne l'a point empêché d'éclater. Quand le gouvernement ne sait pas la vérité , c'est qu'il ne veut pas la savoir ; et quand il la laisse s'obscurcir et se perdre dans la confusion de débats inextricables, c'est qu'il ne veut pas qu'où la sache. Le jour viendra où elle saisira le fil qui doit la conduire hors du labyrinthe. Elle apparaîtra rayonnante de clarté. Malheur alors , malheur à qui aura tenté de Tensevelir à jamais !