I. 6® LIVRAISON. i
leurs constituans de 1 789: Pour régénémr la France , iljaut la décatholiser.
De là vient ce mot d'ordre révolutionnaire aux eonemis de la religion : O&ez tout contre le clergé , vous serez soutenus.
De là vient cette conspiration contre le trône, et surtout contre la religion catholique , dont le coryphée de la philosophie moderne nous a révélé les secrets, et prouvé l'existence, par la publicité de ses lettres à d'Alembert , son émule et son digne collaborateur; en voici le texte :
// est bien fâcheux que la discorde soit au camp àe la philosophie , (J.-J. Rousseau avait maltraité Voltaire) lorsqu'elle est au moment de prendre Troye : et prendre Troye, dans l'esprit des philosophes athées , n'était autre chose que détruire la morale et la religion , l'autel et le trône. (Voltaire à d'Alembert, 17 janvier 1765.)
Votre ami , le roi de Prusse , à qui j'ai été obligé décrire , m'a félicité d'être toujours occupé à écraser f infâme. Hélas! je ne T écrase pas :mais vous la percez de cent petits traits dont elle ne se relèvera jamais chez les honnêtes gens. Le bon de l'affaire , c'est qu'étant percée à jour de uotre main forte et adroite, elle n'osera pas seulement se plaindre — Un destruC' teur tel que vous sera un fondateur de la raison. ( Du même au même , 25 janvier 1765. )
Détruisez , détruisez tant que vous pourrez , mon cher philosophe , vous servirez et F Etat et la philosophie..., C est bien dommage encore une fois que Jean- Jacques, Diderot , Hehétius et vous y cum aliis ejusdem farinée hominibus , vous ne vous soyez pas entendus pour écraser t infâme Combattez , mon
cher Beîléropfioji , et clé/ misez la Chimère (Du.
Jiiême au mêmC; 5 février i-^ôS. )
Vous serez cher aux gens de biens , écrasez V infâme .^ • — (16 mars 1 -^65 ).
Fournissez-nous toujours de ces petits stilets mortels enrichis d'or et de pierreries ; ïinfâtne sera percée par les plus belles armes du monde. ( Du 16 avril
^u milieu de toutes ces querelles , P infâme est dans le plus profond mépris, . . . On commence de tous
côtés à ouvrir les yeux Vous sentez bien que le
fanatisme écume de rage , à mesure que le jour com^ mence à luire.,.. Cinq ou six personnes de votœ tt^mpe suffiraient pour écraser l'infâme , et polir
éclairer le monde C'est une pitié que vous soyez
dispersés sans étendards^ sans mot de ralliement.,..
Ayez l'infâme en exécration, et aimez -moi
(Du même au même , 16 octobre 1765. ) . Dans le prétendu siècle de lumières où nous vivons , le plus grand service à rendre aux peuples et aux Souverains, n'est pas de reculer la limite des droits de ceux-ci, ou du territoire de ceux-làj mais de les guérir du goût de cette philosophie moderne dont l'école et les adeptes ont constamment travaillé, depuis plus d'un demi siècle, à la destruction du christianisme et de ses écoles. Apportons encore le témoignage de Voltaire sur le bonheur qu'elle promet, et consultons l'expérience sur celui qu'en effet elle procure.
Un grand courtisan m'a ençoyé une singulière réfutation du Systèjne de la nature, dans laquelle il dit que la noiw elle philosophie amènera une révolution horrible j si on ne la prévient pas. Tous ces ci'is ^V-
( 236 ) vaiiouiront , et la p/iilosophie restera. Au bout du compte , elle est la consolatrice de la vie , et son con~ Imire en est le poison. Laissez Jaire. Il est impossible d* empêcher les ïionimes de penser: et plus on pensera , moins les hommes seront malheureux, p^ous çcrrez de beaux jours , i^ous les ferez , et cette idée égaie la fin des miens. (Voltaire à Condorcet, le i8 juin Ï770.)
Ces beaux jours sont effectivement arrivés ; la philosophie a renversé le tiône et Tautel ; six membres de la famille royale sont morts par le fer ou le poison des philosophes novateurs ; la hache révolutionnaire na rien respecté; le quart de la population française à péri dans Texil, dans les batailles ou sur récluifaud ; d'Alembert , Diderot , Raynal sont morts misérablement 5 et Condorcet lui-même poursuivi , s'est coupé la gorge, pour échapper à la main du bourreau.
Voilà les beaux jours qu'avait annoncés Voltaire à son cher Condorcet. Que les rois, que les peuples jugent maintenant lequel du courtisan ou de l'apôtre pliilosophe a été le plus claivoyant dans ses aperçus , et le plus digne de foi dans ses présages.
Tels ont été les fruits et les progrès des lumières du siècle qu'on veut encore nous donner aujourd'hui pour guide. La doctrine des Condorcet, d'A^ lembert , Diderot, Voltaire, est devenue celle des Mirabeau y Necker, Bailly , Barnave; après ceux^ ci, Danton, Sieyes, Marat et Robespierre en ont tiré les conséquences pratiques; après eux le directoire; après le directoire, les consuls; après les consuls, Buonaparte a exécuté les 'mêmes plans , et adopte, ave» quelques modirications nécessaires à
rétablissement et au mainlieii du pouvoir despotique , les principes de ceHe philosophie , implacable ennemie de toute religion, et surtout des dpctrineç chrétiennes.
L'esprit révolutionnaire est de sa nature vacillant dans ses projets, inconstant dans son vouloir, inconséquent dans ses œuvres ; et tout Gouvernement où se trouvent ces trois caractères distinctifs, est et sera toujours, quoi qu'il en dise, Tenfant, le soutien et le propagateur de la révolution.
De là vient qu'à force de s'agiter, de changer, de réformer, de détruire, nos réformateurs ont fini par se détruire eux-mêmes. Après avoir passé successivement par la terrible épreuve de dix ou douze constitutions , de cinquante souverains, sous des dénominations diverses , de dix mille législateurs occupés à réorganiser le Gouvernement, que la multiplicité, la tyrannie et la folle contradiction de leurs lois tenaient dans une désorganisation continuelle ; après avoir vu , pendant vingt-cinq ans , le timon du vaisseau de l'Etat entre les mains du crime et de la sottise , nous avons tout à coup changé de maître et de position : la tempête s'est apaisée comme par un prodige, au milieu des plus violens orages, et le reflux a rapporté sur nos»bords et jusqu'au milieu dg nous le trône des Bourbons et son légitime héritier.
La France a donc parcouru le cercle, on peut dire vicieux , des plus grandes folies , des plus grands attentats, des plus grands désordres, pour revenir au point qu'elle avait quitté; avec cette différence, néanmoins , qu'elle se trouve maintenant encombrée des ruines, des injustices, des intérêts des hommes et des doctrines révolutionnaires; les hommes sont
( 238 ) incorrigibles, les ruines et les injustices krépara* bles , et les doctrines destructives de tout ce qu'il faut au>ourd'hui rétablir.
Grâces au ciel, plutôt quaux hommes, plutôt qu'à la politique, plutôt qu'aux innombrables ar-r^ raées des alliés , la légitimité est remontée sur le trône des lis : que doit-on faire pour Yy maintenir? Voilà la grande question à résoudre pour l'intérêt et le salut , non pas de la France seulement , mais de l'Europe entière. Est-ce aux mains teintes du sang royal qu'il faut confier la garde, la culture, \a^ pureté des lis ? Sont-ce les assassins , les ennemi^(^i des descendans d'Henri IV , qu'il faut charger du soin d'administrer et de conserver le patrimoine, d'Henri IV? IN'est-il pas à craindre que ler» servi-» feurs, les esclaves de l'usurpateur, qu'ils ont trahi au jour de sa chute , ne trahissent un jour la légitimité , et ne rentrent au service de l'usurpation? L'année i8i5 porte dans ses annales une incontestable réponse à toutes ces questions, et à raille autres de la même nature. Mais laissons le passé, ne songeons qu'au danger présent; et des deux grands mots conciliateurs qui forment aujourd'hui la devise iïes royalistes tricolores , et que nos ennemis, nos anciens oppresseurs ont mis ^ns une bouche augustej , adoptons généreusement l'oubli de nos maux et de leur.s injustices; mais repoussons courageusement l'union du crime avec la vertu , et de la déloyauté transfuge avec rincorruptil)le loyauté.
Sentinelles vigilantes , spontanément placées autour du trône légitime, par le mouvement d'un zèle à toute épreuve, et d'une incorrigible fidélité, faisons entendre , quand il le faut , un cri d'alarme sa-
( 239 ) ^ lutaire à l'auguste personne qui Toccupe. Avertis-' sous-le ; signalons à sa sagesse les erreurs ou les fautes, les trahisons ou les inepties des dépositaires de son pouvoir suprême ; et ne souffrons pas que la responsabilité ministérielle ne soit pour eux , dans la Charte, qu'un article illusoire, une disposition explétive et purement comminatoire.
Pour les Princes comme pour les sujets , pour les administrateurs aussi bien que pour les administrés, pour les Souverains comme pour les peuples, la religion est le plus sûr garant de laccomplissement des devoirs ; et la saine politique n'a point de sourcô plus pure, ni de base plus solide que la saine morale. JNous venons de prouver, par l'aveu même des philosophes modernes, et de nos réformateurs libéraux, que c'est en démoralisant le peuple français, qu'on l'a rendu criminel , extravagant et malheureux. Pour le ramener aux principes de sagesse et d'obéissance qui constituent son bonheur et la tranquillité du royaume , que doit donc faire un ministère sincèrement dévoué au maintien de la justice, du bon ordre et de l'autorité légitime? Rendre au peuple son instruction religieuse , et par elle la connaissance et l'amour de ses devoirs. Voilà le but oii tendent sans relâche les Français qui se glorifient de vivre dans la DÉPENDANCE de Dieu et du Roi ; et d'où s'éloignent sans cesse les hommes qui se glorifient d'une indépendance étrangère à toute puissance céleste et terrestre.
Nous ne présenterons point ici le tableau du déplorable état dans lequel l'instruction publique a étd laissée par le gouvernement du dernier usurpateur : le titre pompeux d'un grand-maître de l'université impériale, loin d'imposer à notre esprit, nous offre
au contraire Tidée , les attributs et l'attirail burlesque duii grand -maître de loge maçonique; et les diplômes de l'un valent à peu près ceux de l'autre : nous nous proposons de parler bientôt de nos niodernes lycées , athénées et prytanées. impériaux , fondés sur les ruines de nos anciennes universités, et qui, depuis la restauration, ont été revêtus du manteau de la légitimité, et habillés à la royale. Nous nous contenterons d'appeler aujourd'hui l'attenlion du Gouvernement sur l'utile et précieux établissement des écoles chrétiennes y qui sont les écoles du peuple.
Comment arrive-»t-il que ces écoles, si modestes dans leur dénomination , si pures dans leur morale, si économiques dans leur entretien , si bien éprouvées par cent cinquante ans d'expérience , et si sagement organisées et tenues par de» hommes dont le maintien , Ihabit , le nom même est un acte d'humilité , n'aient pas été rétablies , partout depuis ]a restauration? D'où viennent les obstacles qu'on leur oppose? Est-ce que la tyrannie impériale , cette hydre par qui le génie même était naguère opprimé, et qui tournait h son profit le monopole des sciences et de Tinstruction publique , lorsqu'elle est chassée du trône , aurait encore une de ses tètes cachée dans la commission qui préside à l'enseignement général du royaume? Serait-ce enfin que l'école lancastrienne , démagogique de sa nature , et importée d'où Ire-mer, pût et dût étoulîer sur nos écoles chrétiennes, nées sur notre territoire, royalistes par liîur institution? L'improbabilité ne détruit point la crainte , et nous craignons vivement que le ministèro ne soit trompé sur ce point.
Les frères de Saint-Yon , plus connus sous l'humble dénomination de frères j'^noraniins , sont en France, depuis plus d'un siècle et demi, les instituteurs naturels et infatigables des enfans du peuple ; rien ne peut égaler le zèbe pieux et l'ardente charité qui les animent dans l'exercice de ces fonctions , constarnment accompagnées de toutes sortes de désagrémens et de dégoûts. Apres avôil'' souffert, comme le reste du clersié français, toutes les persécutions que les philosophes modernes avaient préparées contre l'infâme religion chrétienne, et que les jacobins, libéraux, indépendans et autres, comme dit Voltaire, hommes ejusdemfarinœ , ont si cruellement exécutées , ces charitables irères se présentent de nouveau, et viennent reprendre renseignement d'une classe d'hommes qui , par fignorance des devoirs de leur état et des premiers principes de la religion , ont été les fléaux de la France, les dévastateurs de l'Europe , les persécuteurs de leur Souverain légitime , et l'instrument dont les factieux se sont servi pour commettre les plus grands attentats.
D'où vient donc qu'un dévoûment si beau , si religieux , si patriotique , trouve dans plusieurs provinces, au lieu d'encouragement, des oppoîiitions, au lieu de secours , des obstacles , au lieu de récompenses , des menaces et des mépris?
D'où vient qu'à la connaissance et sous l'œil du Gouvernement,la commission des cinq directeurs généraux de l'instruction publique , revêtus àç,s mêmes pouvoirs qu'exerçait naguère le ci -devant grandmaître de l'université impériale , veut absolument contraindre , non seulement toute la congrégation
à rcce\''oir son diplôme général (Te môVaTÎte ] de loyanfé et de capacité , mais encore chaque frère à subir son examen particulier, et à prendre un diplôme spécial, s'il en est jugé digne?
D'où vient que, daîis plusieurs provinces du midi, où les travaux de la pieuse congrégation de Saint- Yon seraient de la plus grande utilité sous l'impdi'- ' tant et double rapport de la religion et de la poli- ^« tique, ces hommes, vraiment patriotes et apostoli- '^ ques, se voient repoussés par les autorités locales ,'*'V' et ne peuvent s'établir dans les lieux mêmes où les besoins et la voix du peuple les appellent ï**^ no:kj\/
D'où vient que des instituteurs dont renseigné-t'^ ment a pour basé *îà' 'doctrine chrétienne , pour morale le précepte évângélique de rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu , pour but unique le maintien de la religion, le service du Roi\, le salut de l'Etat , l'instruction du peuple et le bonheur de leurs compa-* triotes , ne sont pas préférés , partout où Sa Majesté très-chrétienne est représentée par queiqu"'autorité administrative, à des instituteurs d'invention nou^ velle et transatlantique , dont l'enseignement a pour base une espèce d'inégalité démagogique , et pour mode une sorte de tactique militaire bien plus mécanique que morale?
11 est vrai que les frères des écoles chrétiennes ont des défauts distinctifs que nos modernes réformateurs ne pardonnent point : ils sont pieux et catholiques; ils ont lait des vœ-ux religieux; ils forment un corps enseignant; ils enseignent au peuple les vertus d'humilité, de fidélité, de loyauté, d'obéissance qu'ils pratiquent eux-mciue$3 et celte doctrine.
appuyée d'exemples , ri£si nullement favorable aux mouvemens, aux changemens , aux bouleversemens qu'on veut peut-être encore opérer dans notre^ infortunée patrie : ils ne sont ni indbpendans de toute autorité, ni libéraux suivant l'esprit pbilosophiqvie; ni imbus des lumières du sièclcyïii dociles à leurs fu-ùo nestes progrès : mais ces qualités même les rendent A^ plus recommandables aux yeux des gens de bien, ettsj accusent tout à la fois les autorités administrativeapj^ qui les éloignent de leur territoire, et la commission, .d qui entrave leur zèle et leur charitable dévoûment.
Qu'on ne s'y trompe pas; ce n'est qu'en versant ^J dans les jeunes cœurs , au, mi liejji. du peuple i, et parmi les enfans de la classe ouvrière, la semence ^tr des doctrines chrétiennes, qu'on pourra combattre ,>ret étouffer les doctrines révolutionnaires qui leur eo ont été si long- temps prèchées et enseignées ; et- ? pour aniver à ce but salutaire, il n'est pas sans doute un ministre sage et loyal dans le cabinet du Roi, pas «nm.erabre éclairé dans le conseil d'Etat, pas un prince sur les marches du trône, pas ua préfet, pas un administrateur fidèle dans les provinces, pas un honnête homme dans tout le royaume, qui ne doive préférer, et qui ne préfère en effet les charitables frères de Saint -Yon, aux instituteurs lancastriens , et qui ne regarde la mesure contraire comme'une déloyauté coupable, et une véritable trahison dont les jacobins ourdissent secrètement la trame , et dont les effets se feront sentir un jourvàp lorsqu'il pe- scr^.pWiS possible d'y remédier. ^ ' ■ - ^
L'abbé B....
Sur î*amhitioji dont on accuse les 7'oyaîistcs.
C'est trop peu pour messieurs les vétérans de la révolution de chercher k flétrir les hommes les plus dignes de la vénération publique, en reproduisant contre eux les injures qu'on leur avait prodiguées dans ces temps déplorables où tout était dévoué au supplice, excepté le crime, où tout était c/v'/we, excepté le crime lui-même ; ils emploient encore un antre moyen pour les rendre odieux au peuple, et ce moyen consiste à les signaler comme des ambitieux. ^îj< .j' / Voyons donc si: ce nouveau reproche est mieux 'fondé que les autres; voyons si ceux qui osent l'élever ne ressemblent pas à ces .filp.us qui , surpris dans la foule au moment ^ù ils dérobent une montre, ont l'audace de crier. ç« ^/icu/- contre l'homme «ju'ils viennent de dépouillert ^i^ 7s
L'Académie française définît;4':9mbilion : le désir immodéré d'honneur , de gioi/çç f,4^é^^^PÇ'i y ^^^ d^^' ///ic//o7i. Elle ajoute : «u^^yon'i
« Ambition se prend aussi en lionne ,part ; mais « alors il faut en détourner le sens par une épithèle <f ou par quelque chose d'équivalent. )>
Il y a , en effet , une ambition légitiiiio , une noble ambition , qu'on peut appeler la vertu des grandes iimcs , parce qu'elle annonce l'élévation des sentimens, dont elle est inséparable; et il y a, une ambition déréglée, qu'on peut appeler le le vice des âmes basses , parce qu'elle décèle Tégarement de fesprit et la dépravation du cœur . qui en îK)nt le ressort et le principe.
C'est la sainte ambition de régner sur des liommes libres et de les rendre heureux , qui détermina Louis XVI, lors de la convocation des états-généraux, à juger sans illusion les prérogalives qui semblaient appartenir depuis long-temps à sa couronne, en dédaignant toutes celles qu'il croyait inutiles au bonheur de la France, eien les déposant sur l'autel de la pairie. i'.- >' > ^
C'est ramhu'wn de se proairer des honneurs , des places et de l'argent, qui porta les factieux de T^^^ semblée constituante à ne pas se contenter de ces concessions généreuses^ à violer les mandats positifs , unanimes , qu'ils avaient reçus du peuple , ^t à usurper tous les pouvoirs.
C'est la sainte ambition de marcher «ur les traces de ion auguste frère, qui suggéra à Louis XVIII l'idée d'octwyer h. ses peuples celte Charte sous l'empire de laquelle nous avons le bonheur de vivre, quand= il lui aurait été si facile de profiter du vif enthousiasme qu'avait excité son retour^ pour ne point assigner de bornes à son autorité.
C'est l'ambition des hommes dont les. coupables espérances reposaient sur le despotisme, qui favorisa le retour de l'usurpateur, et livra la France à tous les fléaux qu'il traînait à sa suite.
C'est la noble ambition de rester fidèles à leurs sermens, qui détermina un grand nombre de fonctionnaires publics à abandonner leurs places et à l'accompagner dans son exil , ou à redoubler d'efforts dans l'intérieur pour le servir au péril même de leur vie.
C'est l'cm/^iV/b/z de conserver leurs emplois (i), ou
(i) Nous ayons vu im général compris flans l'ordonnante '<!«
<]'rn obîenîi' de raèillenrs , qui empêcha 1rs autres de suivre un si bel exemple, et qji leur dicta ces révollanles adresses qu'il faudrait pouvoir eflacer de lîosannales , Ces atlresses où Ton calomniait la nation,- en la peignant comme enivrée de foie par les évènemens du 20 mars, quand le deuil et la consternation régnaient partout.
C'est la vertueuse ambition de rappeler tôt ou .tard les dignes héritiers du trône de saint Louis et deHenrilV,- qui fit repousser avec horreur, par l'immense majorité des citoyens , ces fameux articles additionnels, dont le principal but était de consa-^ crer la proscription de cette famille adorée.
Cest Vambition de légitimer les crimes de la révolution et d'obtenir les grâces de l'usurpateur, qui provoqua ces actes d'adhésion , dont le nombre dit mieux et plus haut que nous ne pourrions le dire , Combien est petite cette minorité factieuse sous le joug de laquelle nous avons gémi pendant si long-temps.
C'est la /oi/rt^/c ambition de servir le Roi et la patrie , qui excite les sujets fidèles à solliciter les places qu'ils se croient propres à remplir. <^'>C'est ^ambition d'obtenir ces places , sans autre calcul que celui des avantages personnels qu'ils peuvent en retirer, et peut-être aussi avec l'arrière^ pensée d'opérer un jour de nouvelles secousses (car enfin le souvenir du 20 mars i8i5 nous autorise à le craindre) , qui met dans la bouche de tous - • -
«4 juillet , se défendre auprès d'un gi*and personnage attaché à S. A, R. le duc d'Anf^oulême , d'avoir tourné ses armes contre le Roi, en disant qu'il n'était pas riche, parce qu'i/ Ji'avait (le luallieurcirx-!;..-;. ) que Hngl mille francs de rente!.,..
ceux dont les criminels écarts doivent les en exciure^ sinon pour toujours, du moins jusqu'à ce qu'où puisse croire à leur résipiscence, tant d'injures gratuites contre les citoyens les plus recommandables par la constance de leurs sentimens et de leur courage. ^ ,^.^
D'après toutes ces distinctions, d'une incontestable exactitude, on voit combien peu est fondée, dans le «ens de ceux qui l'emploient , répitliète à' ambitieux, qu'ils ne cessent de prodiguer aux serviteurs les plus empressés du Roi. C'est Xmï-kïaQ J^aUnius , qui, couvert de l'opprobre de la magistrature, accuse les hommes vertueux qu'il veut éloigner de l'admiîiistralion (i).
Oui ; ils ont Tambition de concourir à consolider le trône légitime ^ ceux qui , depuis ^a chute, travaillèrent sans relâche à le relever ^ oui , leur sollicitude ressemble à celle de ces enfans tendres et soumis, se groupant autour de leur père pour le préserver des outrages d'un fils dénaturé ; oui , ils sont jaloux de voir les fonctions publiques partagées entr'eux et les hommes qui , par leur noble conduite pendant les cent jours , ont donné des garanties de leur fidélité future , ou qui , après avoir même failli à cette fatale époque, sont rentrés depuis dans la route du repentir, de ce repentir qui , selon la belle expression de Rousseau, est peut-être plus loin du crime que l'innocence même. Mais ce sentiment les honore; et il n'est pas un seul d'entr'eux qui , obtenant du Roi une place, ne pût , comme Jean-Bari à Louis XIV,
lorsque ce grand Monarque lui apprit qu'il l'avaif
(i) yoyez le plaidoyer de Cicéron pour PubUus Sextius.
nommé chef d'escadre, répondre encore: Sire, vouS avez bien fait. '
Maurice Méjan, «yocat à la Cour royale.