‹ Le drapeau blancChapitre 36 sur 61 · UVRÀISOK. lô · texte numérisé non relu

UVRÀISOK. lô

( 266 ) bres , les principes pernicieux qui, sous le masque de la liberté , attaquent l'ordre social, conduisent par t anarchie au pouvoir absolu , et dont le funeste succès a coûté au monde tant de sang et tant de larmes !

— On donne comme certain qu'un lieutenantgénéral, que les gens faciles à étonner n'ont pas vu sans surprise sur la liste des disponibles , a déclaré formellement qu'il n'accepterait point l'activité qu'on lui offrait, à moins qu'on ne lui rendît la dignité de pair de France que Buonaparte lui avait conférée pendant les cent jours , et de laquelle on a eu l'ingratitude et la cruauté de le dépouiller après le 8 juillet, époque où il avait tant besoin de consolations. Le ministère ne trouvera pas sans doute que ce soit la peine de chicaner un brave homme pour une pareille bagatelle; et monsieur le lieutenant -général disponible aura la pairie par-dessus le marché.

— C'est pour ne pas montrer une impatience trop indiscrète, que M. Defermond, un des bannis nouvellement rentrés , n'a pas demandé aussi la pairie, et qu'il a bien voulu se contenter, pour le moment, de la restitution des dotations que lui avait assignées Buonaparte , de sa pension sur le trésor impérial , et du rappel de toutes les sommes dont il a été privé depuis trois ans. Les esprits superficiels ne regardent ces procédés de M. TAbbé-Baron- Louis pour M. Defermond, que comme des poli- 'tesses ministérielles. Nous y voyons un moyen trèspuissant , quoique fort indirect, d'eflrayer la félonie et d'encourager la fidélité.

— Les écoliers du collège de Bourbon-Vendée, espérant sans doute trouver dans M. Manuel , député de ce département , un aussi bon défenseur

H^ie celui qu'ont rencontré les révoltés àè Louis-le* ïirand dans M. Dupont , qui n'est pas de la Seine , ont essayé une petite insurrection. Mais elle n'a ëta ai longue ni dangereuse. La manie i«snrrectionnelle n'avait gagné que les classes inférieures , juvsqu'à la seconde inclusivernent. Les rhétoriciens ne se bornèrent pas à rester dans le devoir ; iU se chargèrent d'y faire rentrer leurs jeunes camarades; et quelques vingtaines de soufflets distrilMiés avec discernement sur les joules des plus mutins, suffirent pour mettre à la raison les petits révolutionnaires. On ne peut qu'applaudir à cette action aussi prompte qu'efficace de la discipline domestique. C'est aux •aînés à maintenir l'ordre et la paix dans la famille.

— Pour donner plus de poids aux déclamations ècoiioniico'Ubérales de certains orateurs et écrivains qui gémissent de voir la France épuisée par les largesses qu'on prodigue aux royalistes et à leurs familles, nous avons fait, dans le bulletin des lois, un petit relevé des pensions accordées à des Vendéens morts sur le champ de bataille, ou fusillés, ou guillotinés , ou massacrés dans les hôpitaux. On sera effrayé du taux énorme auquel sont portés les secours annuels dont Jouissent les veuves de ces brigands. En voici unléger échantillon, d'après lequel on peut juger tout le reste.

Bulletin des lois n^ 258 , du 28 septembre 1818." N»» Noms. Grades. Motifs. Quotité

d'ordre. ^"^ pensions

■«.briMii^. aux yeuvet.

22 Gareauy soldat, tué à l'hôpital de Ma- 4^ fr.

yenne, le 3o norem-

bre 1793.

«7 Guilletf id., mis à mort à Fonte- 4^

nay,le.,.

Loizeau ,

Hivalin j

Charon ,

Delepréc ,

Guy on ^ MoreaUy

Naudf

Rivalin , Simoneau ,

id.,

fusillé par l'armée révolutionnaire.

id.,

pris et fusillé à Noirmoiitiers.

Courier ,

tué dans IVxercice de ses fonctions.

soldat,

fusillé le 24 novembre

id.,

fusillé à Noirmoutiers.

id.,

fusillé à la Corde, le 24 janvier 1794.

id.,

fusillé à Noirmoutiers, en décembre 1794'

id.,

fusillé à Noirmoutiers.

id.,

mis kmortauxSablesd'Olonne, en mars

Avait-il tort , le brave député vendéen qui , en apprenant qu'on avait borné à deux cent mille franc* la somme à répartir entre tant de victimes , s'écria: u Eh! ce n'est pas pour payer les jambes de bois! tt

MÉLANGES

Le ministère a imilé ces gouvernemens perfides qui ne publient leur déclaration de guerre que plu-* sieurs mois après qu'ils ont cominencé les hostilités. Il y a déjà long-lemps qu'il traite les royalistes en ennemis ; mais ce n'est que le 18 de ce mois qu'il a fait paraître son manifeste dans le Moniteur. La timide et complaisante docilité de cette feuille est trop connue, pour qu'on j)uisse supposer qu'une pareille pièce y eût été imprimée spontanément , par, ia volonté des manipulateurs , et sans un ordre d'en haut, La partie non officielle du Moniteur n'en est pas moins ministérielle. Aussi plusieurs autres journaux courtisans du wiirài^tère , se sont-ils empi esiés

(^69) d'y prendre ce lambeau pour en orner leurs pages. Ce manifeste, dont le rédacteur a eu la singulière précaution de ne jamais appeler par leur norri les gens qu'il attaque, commence ainsi : « Certains i< hommes , sans cesse vaincus , se sont proclamés (f les plus habiles et les plus forts. » Ces homnies, sa/Ls cesse vaincus , ne peuvent être ni les partisans de l'anarchie révolutionnaire, ni les fauteurs du despotisme impéiial ; ceux-là ont compté de beaux , de longs jours de triomphe. On a donc évidemment voulu désigner les royalistes. Mais ceux qui leur reprochent d'avoir été sans cesse vaincus , étaient donc toujours parmi les vainqueurs? Comment se iail-il qu'ils aient encore aujourd'hui le droit et l'audace de se vanter de leurs victoires, lorsque le trône est occupé par un de ces uaincus auxquels ils insultant avec une joie si amëre?

Ce manifeste, une des productions les plus curieuses du génie révolutionnaire, mérite une réponse raisonnée , une réfutation article par article : noua la promettons pour la prochaine livraison. Nous dirons seulement aujourd'hui que , si les ministres ne s'empressent pas de le désavouer , le drapeau blanc qui flotte sur leurs hôtels n'est plus qu'un contresens et une dérision.

Bornant son ambition à la sordide récompense qu'il aura reçue de son maître , l'auteur de cet écrit a gardé l'anonyme; mais à l'œuvre tout le monde a reconnu l'ouvrier, et l'on a tracé au bas de l'article «es mots significatifs :

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