‹ Le drapeau blancChapitre 37 sur 61 · { KO · texte numérisé non relu

{ KO

point frai celte année I I! n'y a pas jusqii^à Ta àétssé de la Sagesse elle-même qui n'ait voulu faire aussi 565 jours gras. Mineive en personne était descendue chez une niëce du Grand Voltaire, prolestant avec gravité qu'elle était en goguette. Tous les sacristains, du temple s'y étaient rendus en procession j mais ils ne sont pas beaucoup plus gais que l'oiseau perché sur le casque de la déesse, et Von bâillait autour d'elle comme à un diner de Xarc-en-cid. II fallait une petite drôlerie pour égayer la soirée : Belle et bonne a proposé l'apothéose du cher oncle. On a posé son buste en plâtre sur une table , entre deux chandelles, et tous les assistans à la ronde sont venus lui faire salamalec. Dans son transport, M. Etienne y non de Torcey , mais de Jouy (car l'heureuse bande compte deux F tiennes) , a improvisé de petits vers , où il a supplié le père de la Pucelle et de Candide de prêter à ses élèves son flambleau philosophique pour éclairer les rois et les peuples. Alors , ô prodige ! une voix sépulcrale sortant du buste , a fait entendre ces vers, entrecoupés de ce rire goguenard assez familier au patriarche : « Messieurs , je n'entends rien aux affaires <l*état.

« Je laisse au Roi , mon maître , en pauvre citoyen ^ m Le soin de son royaume , où je ne prétends rien « Assez de grands esprits, dans leur troisième éta<ip, « N'ayant pu gouverner leur femme et leur ménage , « Se sont mis, par plaisir, à régir l'uniTers (i). w

Le premier moment de surprise passé , il a été déridé , à funanimilé , que la têle du grand homme avait beaucoup baissé depuis qu'il est dans laulro inonde.

(») Voltaire , les Cabales.

( ^71 ) — (f II en est ^es ultramoniaiiivS coname de tous « les autres ultra ; ils en appellent toujours a l^éiran- « ger, » Le mot est joli ; il appartient à M. Etienne de Torcey ; mais M. de Torcey comptait-il si bien dire ? Nous connaissons certains ultra - libéraux qui ont été vus , en 1 81 5 , se prosternant aux pieds d'un Corse y puis , quand ce Corse fut culbuté, lïiendiant un souverain étranger sur tous les chemins de l'Europe. Cela n'empêche point les susdits ultralibéraux de se proclamer, chaque jour, plus frarireais que ceux qui se réjouissent de pouvoir dire de leur Roi : k Vive celui-là , du moins c'est un pays ! »

— Encore une conspiration royaliste ! C'est M. Etienne , dit de Jouy , qui vient d'avoir la gloire de la découvrir. Et où s'était-elle nichée ? Dans la liste des pensions. M. Etienne, dit de Jouy , à qu-i rien n'échappe , a observé qu'un volume n'avait point suffi à l'inscription des noms distingués par la particule yeo^«/e... Donc il y a conspiration poui' ressusciter la féodalité. ï^^& gens de mauvaise humeur prétendent que M. Etienne, dit deJouy, aurait été plus coulant sur les de, s'il eût trouvé sur la liste des pensions le fils d'un marchand de toiles de Versailles, qui avait imaginé d'ériger en petit fief, au profit de sa vanité, le village très-connu où son père allait acheter les indiennes qu'il revendait.

— Honneur aux francs Picards ! M"*® Barras et M. Caron-Vilet , libraires à Amiens , ont déclaré , dans le Journal du département de la Somme , qu'on avait abusé de leur bonne foi , en leur faisant accepter la honteuse commission de recevoir des abonnemens à la Boussole, Mieux informés , ils ont écrit aux fabricaieurs de ce recueil anti-monarchi-

( ^7^ ) quf : « Qu'y a^l-il de commun entre vous et nous ? 4( nous portons dans le cœur la devise de notre ville « nalale : Liliis ienaci viniine jungor . n Messieurs de la Boussole ont été réduits à faire à leurs lecteurs une demi-confidence à ce sujet. Il est vrai qu'ils se vengent bien de cette petite mortification, u On reu l'use notre Boussole ^ disent- ils, et on vend par t( douzaines le Conseivateur q\. le Drapeau blanc ^ qui u ne sont pourtant que des chiffons! n Que de sel et que de malice !

— On demande pourquoi cette Boussole tend constamment au midi , tandis que. celle dont se ser-' vent les navigateurs tend toujours au nord? Un petit coLip'd'œil sur la mappemonde explique cette difl'érence : suivez le lo^ degré de longitude à l'ouest du méridien de Paris, et tirez toujours vers le sud, vous rencontrerez infailliblement une petite île où réside l'aimant qui fait jouer laBoussole située p/ace Dauphine , /i*^ 12. i;

— Un enfant de 9 ans, contrarié par sa bonne > qui ne voulait pas le conduire à la promenade , ima-r gine , pour se venger , de casser tous les plats, toutes les assiettes qui se trouvent à sa portée dans la cuisine ; le père, la mère, les domestiques accourent au bruit. « Que faites-vous là, monsieur? s'écrie le père, fort en colère. — Papa, reprend le petit Roland dans sa fureur. Manette ne veut pas me mener aux Tuileries jye suis en insurrection!..., »

— I! y a peu de jours que , dans les bureaux d'un grand ministère, on vit entrer une femme vêtue de Jioir et la tristesse peinte sur la figure. Parvenue jusqu'au chef de division , qu'elle désirait rencontrer, i:ll<' lui expliqua brièvement le sujet de sa visite-

EFle venait réclamer une pension , comme veuve d'un brave homme placé en province , et mort sans des"dtution. Ses droits parurent incontestables, et la bienveillance de monsieur le chef de bureau fut obtenue : il promit justice, et même un peu de fa»* veur, s'il en était besoin. La dame ne paraissait point rassurée. Après de nouvelles protestations , on la congédie poliment. Elle s'avance avec lenteur du côté de la porte déjà entr'ouverte ; puis s'arrêt mt tout à coup , elle se retourne encore , revient sur ses pas, et se met à fondre en larmes. Le chef de division , surpris , mécontent , interroge la dame affligée. «Ah! mon cher monsieur! s'écrie-t-elle alors, je ne vous ai pas tout avoué, mon pauvre mari... — Eh bien? — Hélas! ce n'était pas sa faute. — Quoi donc? aurait-il malversé? — Jamais; il en était incapable. — Je ne devine pas. — Ah ! monsieur ! vous saurez tout. Il avait le malheur dètre noble!... — Rassurez-vous, madame, je n^ai point de préjugés. Telle fut la réponse y mais quelle jera la pension?

— Il paraît certain que les familles de Bastide et de Jausion vont poursuivre avec activité la réhabilitation de ces deux hommes , dont le supplice a paru une trop faible expiation du crime pour lequel ils ont été condamnés deux fois à Xujianimité. On désigne M, Benjamin Constant comme l'avocat de la mémoire de Bastide et Jausion. On n'en pouvait choisir un plus exercé dans ces sortes d'instances. Un pareil patronage ne peut que couronner dignement la gloire que lui ont acquise d'autres tentatives du même genre. M. Fualdès fils pourra bien se repentir de la douloureuse piété avec laquelle il a

( 274) réclamé vengeance pour les mânes de son père. Oit \m apprendra à se montrer u//m-fils.

— Un de nos libraires les plus connus par ses libérales et patriotiques spéculations sur la gloire et ia victoire , va publier la vie d'un héros qu'il serait dommage de laisser tomber tout à fait en désuétude. Pour que le titre seul de son livre pique la curiosité, cette nouvelle Biographie sera inlilulée : f^ie de Gilles-le-Grand , contenant l'histoire de ses exploits dans les deux mondes , avec une carte du théâtre de ses plus glorieuses expéditions , fidèlement copiée sur le plan de Paris , Versailles et environs. Le livre sera orné du portrait du héros, d'une ressemblance tellement frappante, qu'on ne pourra s'empêcher de prononcer en le voyant ces deux vers qui le peignent si bien :

Royaliste sans cceur, républicain sans tête , Souriant au massacre avec un air si béte ! ,

Le biographe promet, par iornie de supplément, la vie du Bucéphale de cet autre Alexantlre.

— E'st-il vrai que S. E. le minisire de la guerre, ou plutôt la division des mystifications , dont ik>us avons déjà parlé , doit proposer une ordonnance tendante à faire mettre en demi-solde tout le troisième régiment de laGarde royale, en attendant qu il puisse être admis à la retraite?

— Est-il vrai que les professeurs dhistoire nomrmes dans ditiérens collèges de Paris et des départemens, reçoivent , pour instruction seciëte, d'eivtretenir sur-tout leurs élèves des crimas des rois et des papes? Que ne déclare- 1- on livres classiques les deux ouvrages de Prudhomme qui portent ce lilre?

— Malgré la prédilection dont ils sont fobjet , et

( 275 ) tous ks rappels qu'on a faits dans le dessein de leur plaire, nos prétendus indépendans, qui depuis quelque temps soni devenus difficiles à contenter, et qui le deviendront plus encore de jour en jour, sont loin d'être salistaits. Mais on dil qu'encouragés par ce qu'ils ont obtenu , ils se proposent de demander le rappel d'un autre banni plus fameux encore, et de toute sa famille, fis s'attendent que nos ministres , auxquels beaucoup de leurs amis ont déjà de grandes obligations , s'empresseront d'accueillir la demande. MM. Be** et E***, connus, depuis peu , par leur amour pour l'ordre autant que pour la liberté, se porteraient, s'il en était besoin, caution de l'illustre exilé , qu'ils chérissent particulièrement , comme aussi grand partisan qu'eux-mêmes de l'indépendance des nations. Ils pensent que, dans quelques temps , il pourrait siéger à la Chambre des pairs , .et plus tard commander en chef les armées. On peut autant compter sur sa fidélité à la dynastie régnante, que sur celle de plusieurs personnages qui obtiendront, à ce que l'on croit, le même honneur.

— On assure , mais nous répugnons à le croire, qu'un homme grandi fort subitement , racontant à un très-auguste personnage l'événement quia enlevé au Roi , dans la personne de M. de Saint-Marcellin , un serviteur d'une bravoure et d'une fidélité éprouvées, voulut dissiper, par une saillie, l'impression douloureuse que semblait causer celte nouvelle. « C'est un peu sa faute aussi , dit-il , s'il a succombé ; « il avait oublié d'emporter avec lui son Cojisen'a- « teur. )) La plaisanterie ne serait-elle pas d'un espi it bien joli et d'un excellent ccenr? Si celui à qui Ton

attribue ce propos l'avait effectivement tenu , nt» niériterait-il pas qu'on lui dît : «c Frêle ouvrage de « la volonté d'un seul , que deviendrais-tu , sans toa « Conseivateur? ÇueUe chute serait plus prompte ^ « plus lourde , plus ridicule , plus divertissante que «< la tienne , si la main de ce Conservateur se retirait « un seul instant ? )>

— L'auteur de l'ode suivante nous l'avait adresséo signée de son nom et du titre honorable dont il est revêtu. Nous croyons lui témoigner notre recon-^ iiaissance, en supprimant sou nom et sa qualité. Le talent remarquable du poète naurait point sauvé Toliicier de lu disgrâce due aux scntimens. que ses vers expriment. Il eût été infailliblement destitué, MM. J^erthier et d'Arcine, qui n'avaient écrit qua ♦quelques lignes de belle et noble prose , n'ont poiiU «L'happé à la persécution,

Page 1