ET LE TRICOLORE
Le tricolore ! Il teste ! !
11 reste* dans un poste d'honneur.
Il reste, pour représenter ce qu'il doit re* présenter : son pays, sa patrie, la France !
Il reste, parce que la race ici reste.
Il reste, parce que nous ne pouvons ignorer ce qui fut nôtre pendant cinquante ans.
Il reste, pour que le Canadien français n'oublie point sa patrie idéale.
Il reste enfin, parce qu'il a pris* chez nous^ •*.,*... racine S
ioo Et le drapeau du Sacré-Cœur ?
Il reste, lui aussi !
Avons-nous donc besoin de deux dra* peaux !
Le mouvement qui se fait en faveur d'un drapeau du Sacré-Cœur tranche sur le cours ordinaire des choses. Les hommes qui en pressent l'exécution ont du zèle, de la piété et du patriotisme : toutes choses qui ne sont guère à l'affiche chez les gens de peu de Valeur. tJn tel mouvement doit fixer l'at'ten* tion des esprits sérieux.
Un idéal quelconque excite cet ébranlement ; un sentiment fondé quelque part anime cet élan et une formule lumineuse doit sortir de cette polémique.
Nous avons beaucoup de respect pour toute opinion qui s^appuie sur une vérité quel* conque. Nous avons plus que du respect, nous avons de la sympathie pour les tenants du drapeau du Sacré-Cœur,
Voulez-vous, amis* que le drapeau du Sacré-Cœur soit un acte extérieur, un acte matériel de foi de la famille canadienne- fran* çaise, un signe public de notre respect et de notre amour pour Celui qui doit régner ; Voulez-vous que le drapeau du Sacré-Cœur
soit une bannière religieuse flottant habituelles ment et triomphalement, au milieu de nos drapeaux nationaux ? Nous en sommes ! Et c'est là ce que nous voyons de vrai, de bon, de beau et de consolant dans ce mouvement.
La bannière religieuse de race flottant au milieu des drapeaux nationaux n'est pas une innovation, c'est tout au contraire la forme populaire de la bannière religieuse* dans les meilleurs moments de l'histoire.
La bannière religieuse : c'est le labarura de Constantin, c'est la croix rouge* c'est la croix blanche ; c'est la bannière de Scander- Reg^ celle de Sobieski, celle de Don Juan d'Autriche ; c'est la cape de Saint Martin • c'est la bannière de Saint Denis ; c'est la bannière de Jeanne d'Arc ; c'est la bannière de damas blanc à la croix de gueules de Charles-Quint.
Or,
Quel a été le rôle de ces bannières ?
Ont-elles remplacé les drapeaux nationaux ?
Non ! Elles les ont laissé flotter libre* ment, sans prendre leur place, tout en flottant royalement au milieu d'eux !
Leur rôle n'en fut pas amoindri. La vue de la bannière religieuse, tout en fondant l'espérance du soldat sur le secours d'en haut, soutenait et ravivait son courage pour la défen* se du drapeau national !
Cette harmonie de l'idée religieuse et de
Tidée nationale symbolisée par une bannière ïe± ligieuse, flottant au milieu des drapeaux nationaux, convient éminemment à tout pays chrétien : c'est un idéal qui surnaturalise Tidée nationale, un idéal qui fait régner visiblement la Divinité sur l'âme de la patrie.
Il faut, dites-vous, que le Christ règne !
Nous le voulons, tous. Cependant, le Christ, pour régner, doit-il effacer dans l'âme des peuples les signes tracés par l'histoire ? Le Christ, pour régner, doit-il faire violence aux traditions nationales ? Le Christ, pour régner, doit-il étouffer un sentiment qui repose sur les origines ? Le Christ, pour régner, doit-il nous faire oublier la Providence qui nous veut loyaux de cœur et d'action ?
Le drapeau religieux règne-t-il moins parce qu'il flotte au milieu des drapeaux nationaux ? Est-ce la hauteur de la hampe qui fait la hauteur d'un drapeau ? Dès qu'un drapeau religieux devient populaire, il règne* comme l'idée surnaturelle règne> par elle-même* sur toute idée naturelle.
Le drapeau du Sacré-Cœur, de cette façon* iie flottera pas seulement au milieu des drapeaux canadiens-français, il flottera au milieu de tous les drapeaux nationaux, régnant ainsi en même temps par la puissance de l'idée relU gieuse, sur les drapeaux d'Irlande, d'Ecosse et d'Angleterre )
t)e cette façon, les inconvénients signalés disparaissent malgré la multiplicité de drapeaux du Sacré-Cœur, multiplicité qui n'existait point pour les bannières religieuses d'autrefois. De fait, la bannière religieuse reste à l'abri de toute vulgarité dans le sanctuaire de Foi de son possesseur, ce qui n'arrive pas toujours pour tes simples drapeaux nationaux, vu l'usage que Ton a fait en ce pays.
Une voix autorisée, celle de Mgr Em.
Bougaud, auteur de l'Histoire de la bienheureuse Marguerite- Marie et des origines de la dévotion au cœur de Jésus, confirme d'une façon inattendue le fait historique de la bannière religieuse flottant au milieu de drapeaux nationaux.
Après avoir cité les paroles de Notre- Seigneur demandant que son cœur fut inscrit sur les drapeaux du roi, Mgr Bougaud fait les observations suivantes :
1ère n ..
11 La Bienheureuse ne parle que du roi, parce que, dans " les idées de ce temps, le roi et la France ne faisaient w qu'un Le roi, c'était toutes les âmes de la France H* réunies en une seule âme et vibrant à la fois.
14 2me "" Quant à l*étendard, pour bien
" comprendre ce que Dieu demande, voici ce qu'il faut 4t se rappeler : Depuis les temps les plus reculés, la <l France avait toujours eu un étendard sacré ; un " étendard qui n'allait pas aux combats vulgaires ; un <c étendard qui reposait dans le sanctuaire de Saint-
n Denis, à l'ombre des saints protecteurs de la France, " qui n'en sortait que quand le roi se mettait a la tête de " l'armée, et que l'on allait chercher solennellement à " l'heure des périls suprêmes., ou lorsqu'on partait " pour les grandes guerres de la foi. Il représentait " l'âme religieuse de la France, et il flottait au " milieu des bannières nationales comme une M prière. C'est un étendard de ce genre que " Dieu avait donné a Jeanne d'Arc. Il en avait •' prescrit la forme et les emblèmes, et il lui " avait Communiqué je ne sais quelle vertu secrète qui " conduisait la France épuisée à des triomphes ines- " pérés. Dieu demandait aujourd'hui au roi et à la u France, par la bouche de la vierge de Paray, quelque " chose de semblable ; un étendard sacré qui fût un " acte de foi, et qui paraissait à côte du drapeau " national , indiquerait que, plus haut que la Proverbia- " le bravoure de ses enfants, la France mettait l'appui *' et la bénédiction de Dieu,"
16o, ET MAINTENANT!
Qui va trancîier la question ?
La Société Saint-Jean-Baptiste ? Noû'. Laissons faire le peuple.
La solution sera moins rapide : le peuple ici doit avoir le temps de voir avant d'agir.
Vu évêque disait dernièrement : " Il y^a •quarante ans que Von aurait dû poser la question d'un drapeau canadien-français "
Mieux vaut tard que jamais.
Nos pères pourtant ont agité cette question dès 1807 ; elle se pose plus vivement que jamais depuis 1899.
La solution n'est pas la même partout : on devait s'y attendre.
Une solution cependant s'impose aujourd'hui ^ inutile de renvoyer l'affaire à nos petits fils, il en auront assez sur les épaules.
Suffit-il pour le présent de se croiser les ^ras et d'attendre ?
Nous apportons une solution..
Nons présentons un drapeau.
La manière d'être de ce drapeau est fondée sut nos origines, sur nos traditions nationales, sur le cours providentiel de notre histoire.
Compatriotes, cette manière de drapeau vous va-t-elle 1
Elle vous va !
Eh bien, mettez- vous à l'œuvre ; renvoyeznous signé le billet de souscription qui terrai-
ne cette brochure. La première émission d'un drapeau canadien-français ne peut être convenablement l'œuvre de quelques hommes ; cette première émission doit être engendrée par le peuple !
Vous ne risquez rien. Vous ne payerez que sur réception, et vous aurez, pour six piastres, un drapeau en étamine (hunting), de six pieds de longueur sur quatre pieds de hauteur, tel que d'écrit dans cette brochure. Ce drapeau ne sera pas seulement un ornement de salon, son tissu lui permettant de subir, sans se gâter, les intempéries des saisons,
Il y aura d'autres drapeaux, de trois à trente-six pouces de longueur, dont le prix variera, de trois à cinquante centins.
Libre à chacun de souscrire à plusieurs drapeaux.
Ce nouveau drapeau ne sera lancé qu'en
Les amis cependant sont priés de se met* tre à l'œuvre dès maintenant^ et de nous envoyer leurs billets de souscription, dès qu'ils auront pris une décision ; car, nous avons besoin d'une base, à l'avance, dans une entreprise de cette gravité,
A la grâce de Dieu,