LE LIEUTENANT
Capitaine, votre épée.
DE SÉRIGNY
Jamais !
MURRAT
C'est odieux! mais obéissez.
ALICE
Vous êtes assez fort pour supporter cette humiliation. Obéissez. Mon amour grandira avec votre malheur; je ne doute pas de votre loyauté, de votre honneur. Dieu ne peut permettre une telle infamie; il peut faire de vous un martyr du patriotisme, il ne voudra pas que vous soyez condamné comme un infâme
DE SBKIGNY
Merci, Alice. . . .Fort de votre confiance et de mon honneur, je défie la haîne de mes ennemis et je sors d'ici, la tête haute, car je suis innocent .... Mais vous, M. Clavet,. . . .le poids de vos crimes et de vos turpitudes vous forcera bientôt à baisser un front trop habitué à la honte. . . . Je me soumets. ... Quant à mon épée, je no puis me décider à la rendre. . . .(/i fait mine de la briser.)
MURRAY, vivement
Que faites- vous ?. . . Vous avez tort.
DE SBRIGNY
Peut-être. (Il s adresse au lieutenant.) Je voulais la briser et lui en jeter {il montre Clavet) les morceaux à la figure avec tout mon mépris ; mais non. .je vous la rends cette épée que j'aime tant et que j'ai toujours respectée, je vous la rends aussi pure, aussi immaculée qu'elle était lorsque je la reçus des mains de Montcalm pour défendre ma patrie. Mais on mêla rendra bientôt, et mes accusateurs seront confondus.
TABLEAL 71