SCÈNE II
CLAVET, LOUISE
CLAVET, entrant Bonjour, la petite !
LOUISE
La petite! la petite ! vous oubliez, monsieur, que j'ai eu dix-huit ans aujourd'hui, et que c'est
à c'te occasion que François m'a donné ce bouquet....
CLAVET
Je n'ai pas de bouquet, mais je ne veux pas rester en arrière de François. .. .Tiens. (Il lui donne une pièct d'or,)
LOUISE, faisant sauter la pièce d^or
Que c'est beau de l'or !.. .Merci, monsieur Clavet. . . .Que puis-je faire pour vous obliger ?
CLAVET
Commence par m'enbrasser. {Il Vembrasse.)
LOUISB
Parce que c'est ma, fête !
CLAVET
Dis donc, Louise, M. de Sérigny est-il venu à la maison, ces jours-ci ?
LOUISE
Non, monsieur, pas depuis la grande bataille, mais Mlle Alice Fattend aujourd hui
CLAVET
Aujourd'hui ?. . . Ah ! (Avec dépit.)
LOUISE
Tiens, ça pas Pair de vous faire plaisir comme à mademoiselle Alice. . . .Ah ! c'est elle qui est contente depuis que M. de Sérigny a été fait capitaine !. . . .et puis, faut dire que c'est un beau garçon aussi. .. .les grandes demoiselles ont de la chance d'avoir pour les aimer des beaux garçons comme ça !..... .
Tais-toi donc, petite folle !. . .Tiens, va dire à ton maître que je désire le voir.
LOUISE
Oui, monsieur {elle sort).