‹ Le drapeau de la France: essai historiqueChapitre 11 sur 65 · La Cité de DieUj etc., fol. a un, recto> col · texte numérisé non relu

La Cité de DieUj etc., fol. a un, recto> col

voz devanciers et vous ont acoustumé de venir quérir et prendre en l'église de monseigneur saint Denis à grant solennité, révérence et devo-

cion, ci comme vous le savez. Car premièrement la procession vous vient à l'encontre jusques à l'issue du cloistre, et, après la procession, sont attains les benois corps sains de monseigneur saint Denis et de ses compagnons et mis sûr l'autel en grant révérence : et aussi le corps monseigneur saint Loys. Et puis est mise ceste banière ployée dessoubz les corporaulx, où est consacré le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, lequel vous recevez dignement après la célébracion de la messe. Si fait celluy à qui vous l'avez esleu à baillier, comme au plus preudhomme et plus vaillant chevalier, et ce fait, le baisiés en la bouche, et là le tient entre ses mains par grant révérence affin que les barons assistens le puissent baisier, comme relique et chose digne, et en luy baillant pour le porter, luy faictes faire serment solennel de la garder et porter en grant révérence et à l'onneur de vous et de vostre royaulme. » Du Cange nous a conservé le texte de ce serment

du chevalier porte-oriflamme ^ : a C'est le serement que fait le chevalier à qui le Roy baille roriflambe à porter : Vous jurez et promettez sur le précieux corps de Jésus-Christ sacré cy-present, et sur le corps de monsieigneur saint Denys et ses compagnons, qui cy sont, que vous loyalment en vostre personne tendrez et gouvernerez l'oriflambe du roy monseigneur, qui cy est, à l'honneur et profit de luy et de son royaume, et pour doute de mort, ne autre avanture qui puisse venir, ne la délaisserez et ferez partout vostre devoir, comme bon et loyal chevalier doit fs^ire envers son souverain et droiturier seigneur. » Jouvenel des Ursins ajoute un trait à la description de Raoul de Presles : « Le Roy alla à Saint- Denys, etc. ; les corps de saint Denys et de ses compagnons furent descendus et mis sur TauteK Le Roy, mns chapperon et sans ceinture^ les adora, et fit ses oraisons bien et dévotement et ses offrandes, et si firent les seigneurs. Ce fait, il fit porter l'oriflamme, et fut baillée à un vieil cheva-

\. Du Gange, ïïisserlation XVUl, Glossaire, Ed. Henschell, t. VII,p. 73,col. 2.

lier, nommé Pierre de Villers l'ancien, etc. » Le chevalier porte-oriflamme plaçait l'étofTe bénie autour de son cou et la gardait ainsi jusqu'au moment de la déployer sur le champ de bataille \ L'étoffe de l'oriflamme était ce qu'on appelait du cendal ou samit (taffetas ou soie). Mais quelle en était la forme? Du Cange, le P. Daniel, et généralement tous les auteurs qui en ont parlé, ou qui en parlent encore, la représentent comme une sorte de labarum^ plus petit, attaché à une lance ou pique par un bâton transversal. « Quant à sa figure, dit Du Cange, il est hors de doute qu'elle estoit faite comme les bannières de nos églises, que Ton porte ordinairement aux processions, qui sont quarrées, fendues en divers endroits par le bas, ornéeè de franges, et attachées par le haut à un bâton de travers qui les tient étendues, et est soutenu d'une forme de pique. )^ M. Rey abonde aussi dans ce sens, bien que la vue des monuments figurés lui ait inspiré une restriction, qu'il convient, à mon avis, d'é-

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