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l'escadre blanche ; l'escadre bleue et blanche obéissait au comte Duchaffaut, et l'escadre bleue à Lamothe-Piquet.,. Il y avait des cas où dés vaisseaux français ressemblaient, par leur pavillon , à des vaisseaux anglais de l'escadre bleue. . . L'on fit à Ouessant l'expérience des méprises qui pouvaient résulter de cet inconvénient, le pavillon de poupe étant fréquemment enveloppé dans des tourbillons de fumée de l'artillerie. En conséquence, une ordonnance régla. .^ que les.., pavillons bleus... de la troisième escadre seraient chargés d'une croix blanche^ et cela s'observa durant toute la guerre d'Amérique, d
Ainsi donc, au XYiii° siècle, dans nos armées navales, nous voyons trois pavillons de commandement. Le premier est le pavillon blanc, le second est le pavillon bleu et blanc et le troisième, plus tard chargé d'une croix.blanche, estle pavillon purement bleu. Est-ce là simplement une fantaisie ? Cette disposition hiérarchique entre les drapeaux ne correspond-elle pas à une vérité historique? N'est-ce pas à vrai dire l'histoire même du drapeau de la France que nous retrou-
vons à peu près figurée dans cette hiérarchie des pavillons maritimes? Je le pense, pour ma part. Ces pavillons me paraissent ici rangés dans Tordre historique, en ce sens que le premier, comme rang, est le dernier, comme date, qu'il a relégué les autres à un rang inférieur en prenant leur place. Le dernier, au contraire, est le plus ancien, et il était autrefois le premier, le grand pavillon de la France. Ne saVons-nous pas déjà, par les preuves données ci-dessus, que cela est vrai du drapeau bleu, appelé bannière royale y et . bannière de France, contemporain de l'oriflamme de saint Denis, et qui lui a survécu ? C'est dans cet ordre même, que je crois historique, que je vais grouper les faits, trop peu nombreux, que j'ai pu réunir, ainsi que mes observations, mes conjectures.
Les miniatures 4^ Froissart du xv"" siècle, plusieurs fois citées déjà, nous montrent constammenl le drapeau bleu semé de fleurs de lis d'or, opposé au drapeau rouge et aux léopards d'Angleterre. C'estledrapeauniational. Charles VU
ayant déjà, grâce à la miraculeuse intervention de
la Pucelle, pris définitivement le dessus et à demi chassé les Anglais envahisseurs, fit porter ce drapeau lors de son entrée triomphante dans Rouen \ Un siècle environ après cette époque, un poète latin célèbre avec enthousiasme ce pavillon de la France *. « Ce n'est pas l'aigle, ce ne sont point les léopards que portent les enseignes
4. « Outre ce, estoit derrière le roy Jean de Saceauville, surnommé Houart, autrement Havart, bailly de Gaux, varlet tren-^ chant du roy, lequel porloit le panon^ qui estoit de veloux azuré à trois fleurs de lys d'or brodées et bordées de trois grosses perles. » L'étendart particu^lier du roi porté par Roger Blosset « estoit de satin vermeil cramoisy, à un sainct Michel dedens le champ dudit eslendart qui estoit d'ailleurs semé tout le long de souleils d'or. » Chronique ie Charles VII^ par Jean Charlier, Ed. Vallet de Virivillc. Paris, Jannet, 1868, in-IO, 3 vol., t. II, p. 165, 466 (10 nov. 1449).
^. « Nau aquilam antpardos Gallorum insignia gesta^t
r^on truculentum animal vel feritate rapax, Nil nisi candorêm retinent et pulcher amœno
Bulcis flos spirat balsama odore suo.
Cœsius iîle color loti gratisslmus orbi
Et cœli nobis vertice missa notât, Âtque sua esl Gallis quse proferit et fugat hostes
Ëjaculans ignés aurea Flamma suos. »
De lege salica^ etc. Pans et ses historiens aux xiv« etxv*si^ des, p. 250. — Le mot candor pourrait peut-^être s'appliquer à la croix blanche ou au drapeau blanc et bleu, Cœsius, c'est bleu céleste.
des Français, ils n'offrent point aux regards un ^ animal avide de sang ou d'une rapacité féroce. La candeur seule se montre en eux ; une belle et douce fleur y semble répandre d'agréables parfums. Leur couleur, d'azur céleste, agréable à tout l'univers, montre bien que ces étendards sont pour nous tombés du ciel. i>
Nous voyons ce même pavillon, tant loué par le poète, flotter sur un navire peint dans un manuscrit de Joinville, du temps de François F"" K Au commencement du xvii® siècle, aux funérailles de Henri IV, nous voyons « le seigneur de Rodes, grand maître des cérémonies de France, chevalier et grand prevost des deux ordres du roy, premier escuyer trenchant, et porte-cornete du roy, seul à cheval, sa robbe de deuil, et le chaperon en teste, portant une lance peinte de bleu, ferrée d'or, où estoit le Phanon carré, c'est-à-dire la Cornette de Frange, de veloux violet, semée de fleurs de lys d'or de Cypre, en broderie, plus plain
1. MS. fr. Bibl. Nat., 10148, p. i19. Cf. p. 68. On sait que c'est une règle de critique eu archéologie de ne tenir compte de ces miniatures que pour le temps où elles ont été peintes*
" "" "■"" '-'-^'- du poète, ■^-^, -^- Anui-e Favvn, à