‹ Le drapeau de la France: essai historiqueChapitre 20 sur 65 · V VELOUX · texte numérisé non relu

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titré de bannière de France^ réduisit le drapeau purement bleu à n'être plus qu'un étendard de cérémonie. Car je ne crois pas qu'il faille lui attribuer une plus grande valeur aux obsèques de Henri IV. Cette marque nouvelle, c'est la croix ; cette couleur nouvelle, c'est le blanc , qui va devenir, après le bleu et en sa place, la couleur royifte et nationale de la France.

Je ne m'arrêterai pas à tout ce qui a été dit par des écrivains animés d'intentions meilleures que leur critique sur les. origines de cette couleur blanche, comme marque nationale des Français. Leur désir de faire remonter ces origines le plus haut possible les a entraînés à de regrettables divagations. Laissons donc les Gaulois et leurs Druides et l'étymologie du mot Lutèce. N'affirmons pas, dans un excès d'enthousiasme^ qui serait promptement réprimé par le rire de nos lecteurs, que Brennus parut au pied du Capitole une enseigne blanche à la main. Les meilleures causes se perdent à être défendues ainsi.

Une phrase, citée comme étant de Villehardouin, donnerait à ce blanc national une antiquité

suffisamment vénérable : c Le blanc, aurait écrit le maréchal de Champagne, a la signifiance de batailler vaillamment, et de tout temps ceste nostre couleur blanche fut insigne et parangon de liberté. » Je dois déclarer ici qu'après avoir parcouru d'abord, puis lu d'un bout à l'autre non-seulement Villehardouin, mais son continuateur, Henri de Valenciennes S je n^ ai pas trouvé cette phrase, ni l'ombre d'une indication qui y ressemblât. Jusqu'à ce qu'un nouveau lecteur, plus heureux que ipoi ou plus attentif, car je^ne ne me crois pas infaillible, m'en apporte des nouvelles, j'écarterai donc du sujet la phrase prétendue de Villehardouin.

Je laisserai également de côté, comme un indice trop peu sûr, les écharpes blanches portées par les soldats français au temps de Philippe le Bel,

1 . Delà conqueste de. Comtantinoble^ par Joffroi de Villehardouin et Henri de Valenciennes, édition faite sur des manuscrits nouvellement reconnus et accompagnée de notes et commentaires par M. Paulin Paris. Paris, Jules Renouard, 1838, in-8<» (Société de riiisloirede France). Cf. la très-belle et tfèsexacte édition de M. N. de Wailly. Paris, Firmin ûidot, 4873, in-8. - Cf. Uey, t. II, p. 456, 459.

La couleur de ces écharpeâ a pu varier en divers temps. C'est ainsi que , pendant les guerres de religion, les Huguenots portant l'écharpe blanche, Charles IX et Henri HI prirent l'écharpe rouge. Henri HI reprit l'écharpe blanche quand il s'unit contre la ligue avec Henri de Navarre. IJ est juste toutefois de rapporter ici l'avis du P. Daniel : « Il est certain que de'temps immémorial la couleur blanche a toujours été celle des écharpes françoises... je ne trouve dans notre histoire que deux ou trois exemples où cela fut autrement. » Je recommande la question à l'étude des archéologues. Il faudrait y regarder de plus près, et l'opinion du P. Daniel est loin d'être dénuée de vraisemblance*.

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