VI. Le Roi sera supplié de sanctionner le présent
en trois escadres, ainsi nommées dans le texte : « première escadre, centre, ou escadre blanche, commandée par M. le comte de Grasse; deuxième escadre ou escadre blanche et bleue, cornmandée par M. le marquis de Vaudreuil ; troisième escadre ou escadre bleue, commandée par M. de Bougainville. » Dans un ouvrage imprimé en 4784 (Les fastes ou tableau historique de la marine française^ par M. Turpin. Paris, chez Bélin, in-4*, première partie, p. 46, 47)^ on lit encore : « Les armées de terre se divisent en trois corps, qu*on distingue par les noms d'aile droite, d'aile gauche, et de centre ou corps de bataille : de même les armées navales sont composées de trois escadres dont chacune a ses officiers généraux et sa couleur distinctive. Le commandant de la première, à qui les deux autres sont subordonnés, est décoré du titre d'amiral ; il porte tbn pavillon au grand mât et la couleur blanche lui est particulière. Le commandant de la seconde, appelé vice-amiral, le porte au mftt de mizaine et sa couleur est blanche et bleue. Celui de la troisième, appelé contre-amiral, le porte à son mât d'artimon et la couleur de son pavillon est bleue; c'est de ces trois différentes couleurs que les trois escadres tirent leur nom d'escadre blanche, d'escadre blanche et bleue, et d'' escadre bleue. » Si donc le pavillon rouge s'est introduit parmi les pavillons de commandement de la marine et a supplanté le pavillon bleu et blanc, ce n'a pu être que dans les cinq ou six dernières années de l'ancienne monarchie. Je doute même, je l'avoue, que le fait soit-
décret, comme aussi de faire prendre soit dans les ports de France, soit auprès des puissances étrangères, les mesures nécessaires pour sa prompte et sûre exécution, et d'indiquer l'époque où les bâtiments de commerce pourront, sans inconvénient, arborer le nouveau pavillon *.
arrivé. Je serais tenté d'expliquer la phrase du décret de la Constituante par une pure inadvertance, amenée, à travers les rédactions successives de ce décret, par la répétition fréquente dans ce texte des mots rouge^ blanc et bleu. Préoccupé de cette expresssion, le dernier rédacteur Taura mis à tort ici, et au lieu d'écrire : « le reste du pavillon pourra être, comme par le passé, blanc, bleu, bleu et blanc, • il aura écrit ces mots «rouge, blanc et bleu, • qu'il venait tout justement de tracer à propos des bandes verticales de ces mêmes pavillons de commandement. Ce ne serait pas Tunique fois qu'un lapsus aurait été officiellement promulgué dans un texte législatif. Toutefois, je ne donne mon explication que pour ce qu'elle vaut. Je me borne à constater que l'introduction du pavillon rouge, si réellement elle a eu lieu, date seulement, en ce qui concerne les trois pavillons de commandement de l'armée navale, des dernières années de la monarchie, A ce propos, je note que ni le Mémoire du comte de Grasse, ni les Fastes de M. Turpin ne font mention de la croix blanche, introduite, suivant M. Rey, après Ouessant (4778) sur le pavillon bleu de la troisième escadre. Mais on peut expliquer cette omission en disant que l'introduction de cette croix blanche n'empêchait point de désigner, suivant Tancienne coutume, la troisième escadre et son pavillon par les mots escadre bleue j pavillon bleu, 4 . Journal de Paris, n* 299, mardi ?6 octobre 4790, p. 4217,
De ce décret nous dégageons ces deux faits, qui 3ont intéressants à constater : 1 "" le drapeau adopté p^r rAs^emblée .coastituants est rouge^ blanc et bleu, et non bleu, blanc et rouge comme le drapeau actuel; ^'^leWanc, ancienne couleur française, garde sur les deux couleurs parisiennes, le bleu et le rouge, une Qotable prééminence ; il eompofte à lui «eul les trois quarte du pavillon de poupe, qui demeure, à bien prendre, un pavillon blanc, auquel on ajoute seulement, pour ainsi dire, un timbre tricolore.
Gol. 2; p. 4218, cpl, 4. Cf, Jfiumfil n^néral d$ Franpe, a* 296, mardi 26 octobre J 790, p. 1257, col 2; p. 1258, çoLI.
m . » I p^T^îi— **— *^