‹ Le drapeau de la France: essai historiqueChapitre 43 sur 65 · La cocarde nationale aux trois couleurs sera sur · texte numérisé non relu

La cocarde nationale aux trois couleurs sera sur

4. Ces coulears (pourquoi ce pluriel?) qui^ selon Napoléon avaient servi, pendant vingt-cinq ans, de ralliement aux coalisés [ralliement est étrange : qui se serait douté que les Anglais, les Prussiens, les Russes combattissent sous le drapeau blanc?], ne tenaient pas beaucoup au cœur du chef delà coalition^Tempereur Alexandre, puisqu'il voulait que le comte d^Ariois prit la cocarde tricolore. Cette dernière cocarde apparemment ne Teffrayait pas.

le-champ arborée par les troupes de terre et de mer, les gardes nationales et les citoyens de toutes les classes,

3. Le pa\illon tricolor * sera arboré à la maison commune des villes et sur les clochers des campagnes,

i' Le grand-maréchal, faisant fonction de majorgénéral de la grande armée^ est chargé de l'exécution du présent décret.

Signé : Napoléon.

Par l'Empereur?

Le grand-maréchal, faisant fonction de majorgénéral de la grande armée,

Signé: comte Bertrand. »

Ce décret, supérieurement rédigé au point de vue de la mise en scène, fut renouvelé à Lyon, le 13 mar^à peu près dans les mêmes termes, ' où éclate toute Thabileté du héros à faire un profitable étalage des souvenirs révolutionnaires, en même temps (jue de la légende qui commençait à se former autour de son nom. Après avoir volé de clocher en clocher, l'aigle et le drapeau tricolore passèrent des tours Notre-Dame à la plaine de Waterloo. Ce fut en vain qu'après la seconde

1^ 4 . Ce mot est écril ainsi, sans e, dans le texte officiel du dé- K cret au Bulletin des lois.

abdication de Tempereur et la seconde capitulation de Paris, la chambre des Cent-Jours rendit, le 4 juillet 181 5, une.loi qui portait, art. 5 : « La cocarde, le drapeau et le pavillon aux trois couleurs nationales sont mis sous la sauvegarde spéciale des armées, des gardes nationales et de tous les citoyens. > La cocarde, le drapeau et le pavillon blancs reparurent avec la Maison de France*.

La cocarde et le drapeau tricolores demeurèrent naturellement les signes de ralliement des divers partis coalisés contre la Restauration. La révolution de juillet 1830 s'accomplit sous les trois couleurs. Le lundi 2 août, le Moniteur* publiait l'ordonnance suivante : '

<* Art. 1 «'. La nation française reprend ses couleurs. Il ne sera plus porté d'autre cocarde que la cocarde tricolore.

4. Bulletin des lois, 6" série, lomeaoique, n<* 4, p. 4, 5, 6, 42eH3; n» 43, p. 307.

2. Moniteur universel, n*» 214, lundi 2. août 4830, p. 833, col. 1. Cf. n* 24 2, samedi 34 juillet 4830, p. 827, col. 4, la proclamatioti de la Cmamission municipale : « L^étendard tricolore flotte sur tous les édifices. »

Art. 2, Les commissaires chargés provisoirement des divers départements du ministère veilleront, chacun en ce qui le concerne, à l'exécution de la présente ordonnance.

Louis-Philippe d'Orléans. »

Et plus bas :

t Le Commissaire chargé provisoirement du ministère de la guerre^

Comte GÉRARD. »

Paris, le 1" août 1830-

Dans la séance de la Chambre des députés du 6 août au soir, fut discutée, sur le rapport de M. Dupin, la proposition Bérard, tendant à la révision de la Charte constitutionnelle. A la fin de la discussion et du vote, l'appel nominal presque terminé, M. Dupin aîné, dit le Moniteur, se présente à la tribune :

M. DcPiN. Déjà nous avons tous un ruban tricolore à notre boutonnière; déjà la garde nationale et toute la France ont pris ces couleurs; déjà une ordonnance du prince lieutenant-général du royaume a déclaré qu'il n'en serait point porté d'autres; mais il est nécessaire de faire cesser en point de droit les disposi-

lions de loi qui fixaient un autre mode de ralliement. Je propose donc l'article additionnel suivant :

La France reprend ses couleurs. A l'avenir, il ne sera plus porté d'autre cocarde que la cocarde tricolore.

Cette propositionest adoptée par acclamatiçn.

La proposition Dupin aîné, qui fait de cet

homme d'État l'un des patrons des trois couleurs,

devint l'art 76 de la Déclaration de la Chambre

des députés, puis de la Chambre des pairs, et l'art. 67 de la nouvelle Charte constitutionnelle^ .

L'ordre des couleurs, pour la cocçirde comme pour le drapeau, fut, sous la monarchie de Juillet, celui du pavillon décrété par la Convention : bleu, blanc et rouge.

4. Moniteur universel, n' 220, dimanche 8 août 1830, p. 863, col. 1, 61 p. 872, col. 2. Cf., n« 222, mardi 10 août 1830, p. 877, col. 1 el 3; n* 251, jeudi 19 août 1830, p. 921, col. 3.

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