Real'Encyclopœdie der classischen Alterthumswissen
M. Rey a exprimé l'idée que le labarum a dû servir de modèle aux bannières ecclésiastiques <Je la Gaule : c Rien, dit-il, ne parait plus vraisemblable que leurs formes ( des étendards romains ) ont été le type des premiers signes de ralliement
de.nos aïeux lors de leur conversion Le loUfOr
rttm est donc le chaînon qui a rattaché les étendards des peuples chrétiens à ceux du paganisme. > L'idée est à coup sûr ingénieuse, et elle semble vraie. Néanmoins, il ne faudrait peut-être pas s'attacher à l'appliquer trop rigoureusement dans les détails * .
Les peuplades germaniques avaient pour enseignes des images de bêtes fauves, qui étaient déposées en temps de paix dans les forêts et les bois sacrés, d'où chaque nation les tirait pour marcher aux combats *.
5c/ifl/]t...,von AuguslPauly. Stuttgart,! 846, in-8°. VierterBand, p. 698, 699. — Du Gange, au moi Labarum. — Rey, ouvrage cité;t. I,p. 74-74.
4. Rey, t. I, p. 75, 76. Cf. Durandi Rationale^ lib. VI, cap. Cli, u* 8.
2, tt ... Deprompise silvis lucisve ferarum imagines, ut ouique genti inire prselium mos est. >» Tacite, Histoires^ liv. IV
Quand les populations de la Gaule, après la chute de T empire d'Occident, furent définitivement soumises aux Francs, et que ceux-ci étant devenus chrétiens, la fusion entre les deux peuples commença de s'opérer, dans la milice comme dans la vie politique et civile, sous les rois mérovingiens, y eut-il dans les armées un étendard suprême, ayant un caractère tout ensemble religieux et national? Plusieurs, auteurs Tont pensé, et, suivant eux, cet étendard, c'a été la Chape de saint Martin. € Mais, me dira-t-on, écrit le vieil Auguste Galland, qyel estoit cet estendard? Ghappe, cappa^ signifie manteau. La chappe de sainct Martin ne signifie autre chose que son manteau, porté aux armées par le respect dé sa mémoire*. > Ce manteau porté au
chap. xviil. Cf. Magasin Pittoresque» Année 4 848, p. 1 99, col. 4 , et page 200, fig. 1 .
4 . Des anciennes enseignes et estendarts de France, De la chappe de sainct Martin, De l'office et dignité du grand seneschai dit Dapifer, qui portoit ceste chappe aux batailles. De Voriflamme ou estendart de S. Denys. De la bannière de France et Cornette blanche. A Paris, chez Estienne Richer, rue S. Jean de Lalran, à TArbre-verdoyan, et au Palais, sur le Perron-Royal, MDCXXXVII, in-i^ p. 9» — Cette première
bout d'une pique, car c'est ainsi que semble bien Tentendre Galland, ne laisse pas de paraître étrange. Aussi tel n'est point l'avis de Benéton, en son Commentaire sur les enseignes^: c Les rois, dit-il, avoient toujours près d'eux un oratoire ou châsse qui contenoit (entre autres reliques) des vêtemens de saint Martin; cet oratoire, appelé Cappa sancti Martini^ suivoit les rois partout, même à l'armée, et on avoit coutume de faire jurer dessus ceux qui vouloient se purger des crimes dont ils étoient accusés... La chape de saint Martin étoit ce que seroit la cape ou la robe de Notre-Seigneur gardée à Argenteuil,
édition ne porte pas le nom de Fauteur ; mais on le trouve sur une nouvelle édition : Traité historique et très- curieux des anciennes enseignes et étendards de France., etc., par Auguste Galland, procureur général du domaine de Navarre, etc. Paris, ehez Lamy, MDCCLXXXII, in-42. Celte édition, outre Touvrage de Galland, contient une Dissertation sur le même sujet par M, P..., avocat au parlement^ et membre de plusieurs Académies,
i. Commentaire sur les enseignes de guerre des' principales' nations du monde, et particulièrement sur les enseigjies de guerre des François, par Eslienne-Claude Benéton, ecuyer, ancien gendarme de la garde du Roy. Paris, Thiboust, MDCCXLII, in-8% p. 75, 76, 79.
si on s'avisoit de faire porter cette robe à l'armée dans le coffre qui la renferme. Il n'en étoit pas de même de la bannière de saint Martin; cette bannière étoit une vraie enseigne, elle avoit la même forme que les autres bannières du temps, elle ressembloit aux anciens labarums et aux bannières qui servent encore dans nos processions... On doit tenir pour certain, qu'indépendamment de la chose appelée chape de saint Martin, qui se voyoit dans les armées, il s'y en voyoit encore une autre qui nous a servi longtemps d'enseigne principale, et qui n'étoit point un vêtement: ces deux choses se respectoient infiniment, et si la chape ou la relique de saint Martin se port oit avec vénération, cette vénération s'étendoit sur la bannière d'accompagnement de cette chape. »
Ainsi, suivant Benéton, sous la première race de nos rois et aussi sous la seconde, on portait aux armées non-seulement la chape de saint Martiriy c'est-à-dire ses reliques, entre lesquelles figurait son manteau, dans une sorte d'oratoire portatif, mais encore une enseigne, consacrée au
même saint, et qui avait un caractère religieux et national.
M, Rey adopte à peu près l'opinion de Benéton* Il la modifie en ceci que, suivant lui, l'oratoire portatif, appelé chape de saint Jtfartm, et l'enseigne, qui ét-ait celle de l'abbaye de Saint-Martin de Tours, auraient été portés non point simultanément, mais successivement, l'étendard ayant retenu le nom, d'abord attribué à l'oratoire, de chape de saint Martin, c II vint enfin un temps, dit-il, où Ton adopta un étendard véritable à l'effigie de saint Martin, fait en forme de bannière, fendu par le bas comme le labarum, et qui, participant de la vénération que rois et sujets, citoyens et soldats avaient eue pour la chape, fut porté dans les rangs comme enseigne militaire, . . Il y aurait, ajbute-t^il, de l'intérêt à connaître l'époque où la bannière prit absolument la place de la châsse proprement dite ; mais, cela est à peu près impossible aujourd'hui , puisqu'il paraît que les historiens ont longtemps continuée nommer chape ce qui n'était plus réellement que bannière *. »
A. Rey, t. I. p. 449, 150.
Le P. Daniel, dans son Histoire de la Milice française^ j rejette absolument l'opinion de Galland, et paraît beaucoup plus près de la vérité, quoiqu'il ne l'accuse pas, ce me semble, assez nettement, que Benéton et M. Rey: « On demande ce que c'étoit que cette chape de saint Martin? Les uns ont dit que c'étoit le manteau de saint Martin, d'autres que c'étoit le voile qui couvroit son tombeau; d'autres que c'étoit une espèce de rochet sans manches qu'il avoit coutume de porter de son vivant ; et ceux qui veulent qu'on avoit fait ou de ce manteau, ou de ce rochet, ou de ce voile un étendard, prétendent qu'on le portoit au bout d'une lance dans les armées françoises... Pour moi, je suis persuadé que la chape de saint Martin ne fut jamais un étendard dans les armées de France... Il est très-faux que la chape de saint Martin... ait été Tétendard de l'église de Saint-Martin que portoient les comtes d'Anjou et les seigneurs de Preuilli dans les
\, Histoire de la Milice françoise, etc., par le R. P. Daniel, de la Compagnie de Jésus. Paris, Coignard, MDCCXXl, 2 vol. in-4% t. I, liv, VI, chap. vill, p. 488, 489, 491 , 492.
guerres particulières que l'abbaye avoit contre ses voisins, et en d'autres rencontres; comme l'oriflamme étoit l'étendard de l'abbaye de Saint- Denis, qui étoit porté d'abord par les comtes du Vexin en pareilles occasions, et depuis par un officier de nos rois dans leurs expéditions militaires... C'étoit une espèce de pavillon portatif, sous lequel étoient les reliques des saints que
nos rois de la première et de la seconde race faisoient porter à l'armée pour s'attirer, par leur
intercession, la protection de Dieu dans leurs
expéditions. Parmi ces reliques, il y en avoit de
saint Martin : et comme ce saint évêque étoit un
des patrons de la France, on avoit donné à cette
tente le nom de chape de saint Martin, à cause de
ses reliques, quoiqu'il y eût des reliques de
divers autres saints, p
Sur cette ques»tion, comme sur tant d'autres
ayant trait à l'histoire ou à l'archéologie du
moyen âge, c'est au Glossaire de Du Gange, ce
trésor de science et de raison critique, qu'il faut
demander une solution précise. Cette solution
résulte d'une distinction exacte, établie par
Du Gange, et qu'il faut maintenir, entre la chape de saint Martin (cappa S. Martini) ^ laquelle figura, . en effet, comme relique principale, dans un oratoire portatif qui accompagnait les rois de la première et aussi de la seconde race dans leurs expéditions militaires, mais sans qu'il soit aucunement question d'étendard, étVétendard ou la bannière de saint Martin {vexillum S. Martini)^ que les comtes d'Anjou, et, en leur lieu et place, les seigneurs de Preuilli, portèrent plut tard dans leurs guerres privées, en qualité à* avoués ou protecteurs-nés de l'abbaye de Saint-Martin de Tours, mais que rien ne prouve avoir jamais été porté dans les armées royales et nationales de la France.
Que la chape de saint Martin, c'est-nà-dire le manteau qui avait autrefois couvert les épaules et la tête de ce confesseur de la foi, ait été la principale des reliques que les rois de la première et aussi de la seconde race, au moins Charlemagne, gardaient dans l'enceinte de leur palais et transportaient avec eux dans leurs expéditions militaires, c'est ce que mettent hors de doute les-
textes cités par Du Gange. C'est même à cette circonstance que semble se rapporter le sens donné alors au mot chapelle {capella)^ qui originairement signifiait seulement petit manteau, petite chape, puis qui servit à désigner l'oratoire royal où était contenue la chape (cappa, capa, capella) de saint Martin, et enfin toute sorte d'oratoires.
De même, les prêtres attachés à l'oratoire du palais, et qui, en temps de guerre, portaient, quelle que fût sa forme, l'oratoire ou chapelle mobile où était contenue, entre autres reliques, le manteau de saint Martin, furent appelés cy^ap^- . lains. En tout cela, il n'est pas question d'étendard \
4 . ^ Capa S, Martini qua scilicet S. Marlînus corpus etcaput legebat, olim apud Franconim reges lanto in pretio habita, ut inter praecipuas Sanctorum reliquias asservarelur, et in bellis prœferretur. Monachus SangaU, lib. I. de Vita CaroliMagni: De Pauperibus supradictis quendam optimum dictatorem et scriptorem in Capellam suam assumpsit^ quo nomine Franco^ rum reges propter Capam S. Martini^ quam secum oh sui tui" tionem et hostium oppressionem jugiter ad bella portabant^ sancta sua appellare solebant. Walafridus StrabOy DE Reb. ECCLES., cap. XXXI : Dicti sunt primitus Capetlani a Capa B, Martini, quam Reges Francorumob ddjutorium victoriœ.in
Quiant à la bannière de l'abbaye de Saint-Martin de Tours, les textes qui la concernent, pour la plupart rapportés par Du Cange, ne permettent en aucune façon qu'on en fasse, à aucune époque, un étendard national. Jusqu'à nouvel ordre, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'on produise à cet égard
prœliis solebanv secum habere, Honorius in Sbrmone de S. Martino : Hujus capa Francorum Regibus ad bella euntibus pr& signe antefereba'turj etper eam, hosiibus victis, victo^ ria potiebantur^ unde et custodes illius Capœ usque hodie Capellani appellantur. Idem in Gemma. ANiMiE, cap. cxxviii : Capellani a Capa 5. Martini appellati quam Reges Francorum in prœliis semper habebant^ et eam déférentes Capellanos dicC" bant. Non solum igitur Capam S. Martini in Palatio, sed et in oratoriis caslrensibus, quae [xeraçopriTai exxXyiatai, Ecclesiœ portatiles dicuntur Nicephoro Callist.^ lib, vu, cap, XLVI, asservabant, atqiie adeo in prseliis deferebant Capellani. — Capella S, Martini^ brevior fuit capa ejusdem sancli, quam in Palatio asservatam diximus, et ad quam sacramenta prsestabantur. Placitum Theoderici Reg, Franc,^ apud Mabillonium DE Re DiPLOMAT., p. 470 : Ut denovo denominatus apud se sua mano septima dies duos ante istas calendas Julias in oratorio nostro super Capella Domini Martini^ ubireliqua sacramenta percurribant^ hœc debiret conjurare, Placitum aliud Childeberti apud eumdem V. 6'., p. 483. Sic ad ipso viro Grimoaldo fuit judicatum, ut sex homenis de Verno et sex de Latiniaco bone fideus in oratorio suo^ seu capelle sancli Marthini immemorate homenis hoc debirent conjurare. Marculfus, lib. I, form. 38 : Sed dum inter se intenderent, sic eisdem a Proceribus nostris, in quantum inlùstris vir ille cornes Palatii nostri testimoniavity
dç nouveaux textes, tout ce qu'on peut dire de cette bannière, c'est qu'elle était pour les comtes d*Ahjou ce que la bannière de Saint-Denis devint pour les rois de France. La première était une bannière religieuse et seigneuriale; la seconde, une bannière religieuse et nationale S Les textes
fuit judicatum^ ut de quinque denominaùis idem ille apud très et alios très sua manu septima tune in Palatio nostro super Ca-, pellam domini Martini^ ubi reliqua sacramenta percurrunt^ debéant conjurare.,. — Cape^la^ postmodum appellala œdes ipsa, in qiia asservata est Capa sea Capella S. Martini^ intra Palatii ambîlum inœdificata: in quam etiam praecipuasanctorum aliorum Xei(|^xvx illata, unde ob ejusmodi Reliquiarum reverentiam œdicul»*. istae, Sanctœ Capellœ vulgo appellantur. » Du Cange^ aux mots Capa S. Martini, Capella S. Martini, Capella. £d. Henschell, t. II, p.' 420, col. 4 et 2; 423, col. 3; 424, col. 4. Cf. Durandi Rationalé div. offic. Lagduni, MDCLXXII, în-4% Ilb. U, cap. X, n® 8, p. 60, col. 2 : « /n plerisque locis sacerdotes capellani vocanlur. Nam antiquitus reges Franciœ ad bella procedentes^ capam B. Martini secum portabant, quœ sub QUODAM TENTORio servabatur : quod ab ipsa capa dictum est capella et clerici in quorum custodia ipsa capella erat, inde capellani dicebantur. » Cf. Brachet, Dict. étym. de la langue franc. Paris, Hetzel, 4870, iD-42, p. 425, 426, au mot Chape. 4. « Vexillum S. Martini. Illud fuit, quod Monasterii S. Martini proprium erat, et a Comiiibus Ândegavensibus, tanquam loci istius advocatis, in bellis Monachorum et Canonicorum deferri solebat. Ex quo enim Ingelgerius cornes defensor Ecclesise S. Martini a Monacbis et Canonicis constilutus est, quod exerte traditur in Historia Àndegavensium consulumj et
qui ont trait à la chape se rapportent à une époque bien antérieure à ceux qui ont trait à la bannière. Bans l'état présent de la science, la Chape dé saint Martin doit donc être purenaent et simplement rayée de la liste de nos étendards nationaux. A plus forte raison ne doit-on pas, comnie M. Rey, qui affirme que la bannière de
in Chronico S. Martini^ Andegavenses Comités, ut AdvocaU^ ejusdem Monasterii signiferi fuere. Advocatorum enim peculiare id munus fuit, ut supra docuîmus, atque hi quidem non in Monasterii duntaxat, sed et in privatisbellisillud efferebant. RiTUALE S.Martini Turon. : De Comité Andegaviœ^ipsehabeù vexillum S. Martini, quoties vadit in bello, prœterquam contra reqem Franciœ, quod homines Castrinovi sequuntur, domino de Pruliaco illud ferente. Gharta Philippi Aug, ann, 4484 pro confirmât, privileg. a Ludov. VU parente incolis Castrinovi concessorum, in Tabul. Regio. scrinio Tours 2. Cliarta 2 : Cornes etiam non potest nec débet homines de Castronovo ducere in expeditionem sive equitationem contra aliquem, nisi forte causa aut nominebelli, ita uttamen, quod vexillum B^ Martini prœcedat^ contra vero Regem Franciœ nullo modo potest ducere. Glaber Rodulfus, lib. V. cap. ii, refert, eo iû bello, quod inler Goffridum Martellum Andegavens. et Theobaldum Blesensem, comités, pro Turonensis urbis dominatu gestum est, Goffridum expetivis'seauxilium 6. Martini, indeque, accepto vexillo, imposuisse illud propriœ hastœ, cum exercitu equitum peditumque multorum obviam perrexisse adversum se dimicaturis. Id ipsum narrans auctor Chromgi S. Martini: Cornes Andegavensis vexillum B. Martini j in illo bello, sicut consue-
saint Martin était bleue, et donne de ce fait une raison ingénieuse, en remarquant, après Benéton, que saint Martin étant un confesseur, les ornements dont on-se servait à sa fête étaient bleus et non rouges, comme aux fêtes des martyrs, tirer, sans plus de preuves, de cette bannière bleue la couleur de Técu de France*.
Ce qui a, selon toute vraisemblance, produit
iué,o est^ habehat. Occurrit praeterea menlio vexilli S. Martini in Tabulis Gaufridi 11. Com. Andeg, ann, 4066: Concessit Cornes^ ut si exercitum suum contra inimicos suos ire contingeret^ hofnines in prœdicta villa (Burnomo sita, in pago Pictavo) existentes, prœpositus Lausdunensis non moneat, aut aligna occasione eis vim inferaU ut non alius quilibet nostrorum super homines illos potestatem exerceat; sed ammonitione Monachorum illic eocistentium^ cum serviente scilicet S. Mauri, illius patriœ^ et vexillo S. Martini in exercitum pergant. Errare porro constat TiUium, Gallandum, et aliquot alios, qui tiapam S. Martini c\im vexillo S. Martini confundunt. Nam Capa S. Martini non ut vexillum, in acie et prseliis delata a Regibus; sed ut sancti mirse apud nostros auctoritatis x&t<{;(xvov. » Du Cange, au mot Vexillum S. Martini. Ed. Henschell, t. VI, p. 796, col. 2.
4. a Dans des règlements faits par d'anciennes Eglises louchant les ornemens dont on doit se servir selon les fêtes, il est dit : in festis Sanctorum Martini, Bénédictin Lupi et aliorum confessorum omamenta cœrulei coloris. » Benéton, Commentaire sur les enseignes, p. 416; Rey, t. H, p. 417, 448. — Mais voyez ci-dessous additions et rectifications n® 4 .
une confusion dans l'esprit de Galland et des
auteurs qui Tont suivi, c'est que les comtes d'Anjou, sénéchaux héréditaires de France, c'est-àdire gr;ands maîtres de la maison royale, devaient, probablement à ce titre, remplir, auprès des rois, l'office de porte-étendard. Mais la bannière qu'ils portaient alors, c'était la bannière royale et nationale, et non la bannière paroissiale ou seigneuriale de Saint-Martin. Au reste les premiers Capétiens, tout en laissant jouir les comtes d'Anjou du titre héréditaire de cette grande charge, qui ressemblait beaucoup trop, au gré de ces
rois prudents, à l'ancienne mairie du palais, eurent soin, le plus tôt qu'ils purent, de leur en
enlever les fonctions qu'ils confièrent à un fonctionnaire viager et révocable, qu'ils changèrent très-souvent, et qui porta le titre non plus de sénéchal (senescalcusjj mais de maître d'hôtel (dapifer) *. Philippe-Auguste enfin supprima formellement la charge de grand sénéchal.
4. M. J. Qaicherat, Cours de diplomatique royale^ professé à TËcoledes Charles en 4863-64. Cf. Galland, p. U, 30.