Historiens de France, t. XVIIl, p
2. Cette assertion est très-probablement fausse, mais peutêtre faudrait-il intercaler le mot nisi avant les mots pro aliqua necessitate, ou peut-être encore ceUe phrase se ,réfère-l-elle à une guerre très-ap.cienne, et a-t-elle été mal à propos appliquée ici.
vestrum committere velitis, isti committite. » Rex vero, eo ad se vocato, porrigens ei vexillum dixit : « Accipe, amice Walo; hodie tibi committo honorem regni Franciae. » Gui Walo ait : « Quis ,ego sum, domine, ut haec facere possim? » Gui Rex: « Noli tiiTiere : si, Deo douante, Victoria potiti fuerimus, laborî tuo amplissime respondebimus. » Gui Walo ait : « Quia, domine, jussio vestra ad hoc me urget, mandata vestra adimplere curabo. Sed, ut video, quia auriflamma ista humanum sitit sanguinem, Deo mihi vires praestante, multis videntibus, hodie eam sanguine adversariorum potabo... »>
Il m'est difficile de ne pas trouver quelque parenté entre ce récit et une légende, qui avait fait sans doute Tobjet de quelque cantilène^ de quelque geste perdue, et qu'a recueillie le chroniqueur Ri cher, élève de Gerbert, et moine de l'abbaye de Saint-Remy de Reims à la fin du X* siècle*. Gette légende a trait à, une victoire remportée par Eude, fils de Robert-le-Fort, sur les pirates normands, à la fin du ix* siècle. J'extrais de cette légende, véritablement épique, le passage suivant :
« Ingo ex mediocribus cum régis signo ingreditur. — Gum agitaretur quis regium signum efferet, eo quod in tanta nobilium manu nullus sine vulnere videba-
4 . Histoire de Richer en quatre livres publiée par A. M. Poinsignon. Reims, 4855, in-8, p. i8-29. Liv. I, chap. VII-XII.
tur, idque omnes evitarent, e medio omnium Ingo prosilit, ac militatum sese offerens, imperterritus dixit: «Ego ex mediocribus,regisagasoS si majorum honori non derogatur, signum regium per hostîum acies efferam. Nec fortunam belli ambiguam expavesco, cum semel me moriturum cognosco. » Ad hiaec Odo rex: « Nostro, inquit,dono, acprincipum voluntate signifer eslo. » Ille îsigntim excipiens, agmine densato circumseptus incedebat. Factusque cunei militaris acumen, hostes vibrabundus ingreditur... »
Pour récompenser Engon de ses exploits, le roi lui fit épouser la veuve d'un de ses châtelains ou vicomtes, qui avait été tué dans cette guerre, et lui donna le gouvernement du château de Blois, qu'avait le défunt. Engon ne jouit pas longtemps de la situation qu'il s'était acquise et de la faveur du roi. Il mourut au bout de deux ans, des suites de ses blessures, laissant un fils nommé Gerlon.
Il n'est guère douteux que ce Gerlon ne soit le père de Thibaut-le-Vieux ou le Tricheur, que Hicher appelle Thibaut de Tours, et qui fut la tige des comtes de Blois puis de Champagne, qui ainsi descendraient du porte-étendard Engoua
i . Of6cier inférieur de la maison du roi chargé d'une partie des soins de Técurie. Cf. Du Gange au mot agaso.