‹ Le drapeau de la FranceChapitre 15 sur 54 · A LIONNE · texte numérisé non relu

A LIONNE

« le' septembre 1662.

REVUE DES QUESTIONS HISTORIQUES

saires sèment dans le public, pour tâcher d'amoindrir le crime des Corses, que quand le carrosse de ma cousine, la duchesse de Créqui, fut salué de coups de mousquet, il était déjà nuit close et qu'elle marchait sans flambeaux. C'est pourquoi il sera bon que vous me mandiez précisément la vérité de ce fait, afin qu'on puisse détruire avec fondement l'imposture de cette insinuation que ledit nonce jette dans'les esprits qu'il en trouve susceptibles. »

« Le nonce, écrit-il le 16 du même mois, a dit que le cardinal Chigi vous avait vu chez vous et qu'il y était allé sans condition, et sans que vous eussiez voulu vous expliquer ni rien promettre sur la manière dont vous le recevriez. Je n'en trouve rien en aucune de vos dépêches. Je n'y vois pas non plus le véritable nombre d'hommes que vous aviez assemblés, ni la quantité d'armes dont vous vous étiez pourvu, ni ce qu'avait fait le duc Cesarini par le moyen de ses terres et de ses sujets. Il importe que je sache jusques aux moindres circonstances : autrement 011 ne sait que répondre et on ne peut pas bien même prendre ses résolutions, quand on ignore les faits essentiels. Assurez-vous seulement que je suis plus échauffé que vous. Je ne vous en aurais dit mot, n'était que dans la suite il est de la dernière importance que je sois informé ponctuellement jusques aux moindres choses ou qu'on fera, ou qu'on vous proposera. »

En même temps Louis XIV lui écrit, sous le sceau du secret le plus absolu, qu'il désire une prompte pacification et qu'il est inquiet des suites d'une pareille querelle :

* Mon cousin, je vous écris cette lettre à part que je désire que vous vous donniez la peine de déchiffrer vous-même, sans vous en confier à aucun secrétaire, quelque assuré que vous puissiez être d'ailleurs de sa fidélité et de son secret.

« Je vous dirai que je me réponds à moi-même, sur la connaissance que j'ai de votre affection, que la chaleur du ressentiment que vous pouvez et devez avoir du mauvais traitement qui m'a été fait et à vous ne vous obligera pas, si vous voyez jour à ma satisfaction, de me laisser dans un engagement dont il serait fort important pour le bien de mon service que je pusse me dispenser; car, pour ne rien céler et vous ouvrir confidemment le fond de mon cœur, je dois vous dire qu'en même temps que je fais grand éclat et beaucoup de bruit que je continuerai encore par tous les moyens dont je pourrai m'aviser à imprimer des frayeurs à la cour de Rome qui la convient à me faire raison et que je passerai même aux effets, si j'y suis forcé pour mon honneur, autant qu'ils se trouveront en mon pouvoir, sans toucher le Saint-Siège, ni Ja personne du Pape, je ne vous cèlerai pas, dis-je, que je souhaite beau-

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