LES PAPIERS DU CARDINAL GUALTERIO
REVUE DES QUESTIONS HISTORIQUES
Le premier soin du bibliothécaire en chef fut tout naturellement de classifier et de distribuer, sous différents chefs, cette énorme masse de papiers. Cela devait prendre du temps. Il fallait ensuite envoyer tout cela à la reliure, dresser un inventaire, inscrire au catalogue les pièces de la collection, etc. Bref les Gualterio Papers n'ont pu être mis à la disposition du public que tout récemment ; c'est une série de plus de deux cents volumes, tant in-folio qu'in-quarto, qu'il y aurait à dépouiller si l'on tenait à être complet. Heureusement que Thistoirede France occupe seulement une partie (fort considérable, il est vrai) de cette vaste collection, et de la sorte les extraits que je me propose de mettre sous les yeux des lecteurs de la Revue ne dépassent pas les proportions d'une notice fort modeste.
Je commencerai ce travail par un compte rendu de la série de documents intitulée : Misccllaneous French Correspondance. Elle forme quatre gros volumes in-folio que j'examinerai successivement. On y trouve de tout : compliments de bonne année, pétitions, nouvelles à la main, rapports politiques, pièces relatives à la bulle Unigenitus, documents statistiques et mémoires sur le commerce, les finances, les affaires ecclésiastiques, etc., etc.
Le premier volume coté : Additional Mss, no 20397, comprend les notes et dépêches écrites entre les années 1638 et 1710. Je m'y arrêterai d'abord. La requête suivante, entièrement autographe et que je copie fidèlement, est un spécimen curieux de l'importunité et de l'impertinence des solliciteurs du siècle dernier.
Jallé samedy, Monseigneur, pour rendre compte h Votre Excellence de la démarche qu'avoit fait mercredi Mgr le cardinal 1 auprès du Roy. Il luy demande la charge, et en sortant il me dit que Sa Majesté no s'étoit déterminée a rien, et qu'il ne sçavoit pas si elle décideroit on ma faveur. Comme cette affaire, monseigneur, est de la dernière conséquenco pour moy, et que j'ay honte d'importuner aussy longtemps Votre Excel lance, je voudrois le prier de mettre M"" la mareschale de Noailles dans mes intérêts et que luy faisant sentir la part que votre Excellance y prend, elle la déterminât à en dire deux mots à M"* de Maintenon, luy insinuant adroitement combien cette affaire tient au cœur de Votre Excellance, et que ce seroit luy faire un sensible plaisir que de m'obtenir cette grâce. Je sçay, Monseigneur, combien Mme de Noailles est puissante auprès do Mme de Maintenon *, et combien l'une et l'autre honorent parfaitement Votre Excellance ; et comme il ne faut rien omettre pour parvenir au succès, je me flatte qu'elle ne trouvera pas mauvais la prière que j'ose lui faire de luy en parler demain à Versailles, et de l'engager à en entretenir Mme de Maintenon dont la chose dépend si elle agit comme il faut. Cependant, Monseigneur, Votre Excellance fera là-dessus ce qu'elle jugera le plus à propos ; mais je crois cette démarche nécessaire, et qu'on sache qu'elle s'y intéresse d'une manière très particulière. J'ose luy demander
1 Le cardinal de Noailles.
* Saint-Simon dit do la maréchale de Noailles, qu'elle « lit toujours du Roi et de Madame de Maintenon tout ce qu'elle voulut. »
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toujours la continuation de ses bontés, l'assurant du profond respect avait lequel je seray toute ma vie,
A Paris, ce lundi 17 octobre 1703.
On sait en quel triste état se trouvaient les affaires de la France dans Tannée 1703. Malgré les succès de Villars, de Bouf fiers et de Tallard, la politique de Louis XIV commençait à porter ses tristes fruits, et le grand siècle paraissait en pleine voie de décadence. C'est à ce moment que se rapporte la pièce extrêmement curieuse que je vais transcrire. Le général Gichtel passait pour avoir, par ses prières, déterminé les résultats de la bataille de Malplaquet*; et voici deux illuminés, plénipotentiaires de Dieu lui-môme, et qui ont reçu du ciel la mission expresse de rectifier la carte de l'Europe.
Je ne doutte pas que vostre zèle pour la gloire de Dieu et le bien de l'Église ne vous face prendre beaucoup de part à l'état déplorable où vous voiés l'Europe par la division des roys et potentas catholiques et leur union avec les princes hérétiques qui sont enemis de l'Église et du Sain'-Siége qui en est le centre et le soutien. Il y a plusieurs années, Monseigneur, que j'en frémis devant Dieu, et que je luy offre mes chétives prières pour qu'il ait la bonté de remédier à tant de maux, par la réunion des princes catholiques, etl'aflbiblissement de leurs enemis.
Je n'auserois dire, Monseigneur, que Dieu a esté touché do mes larmes; mais il y a lieu de croire qu'il veut que l'ange exterminateur remette son glaive, et que les maux de l'Église cessent. Ce qui me donne cette confience, Monseigneur, est que deux personnes de mon diocèse, d'une piété singulière, favorisées des dons de Dieu, depuis dix huit ou vingt ans crient sans cesse pour obtenir de Dieu la paix entre les princes Catholiques pour renverser les derniers des princes hérétiques, qui prolitent de la division des catholiques. Ces personnes, Monseigneur, ont fait de rudes et continuelles "pénitences depuis ce temps-là pour obtenir cette faveur de Dieu. Il y a longtemps que je m'ouvre leurs voies et que je les fais examiner par les directeurs les plus savants et les plus expérimentés de mon diocèse. Ils ont jugé que l'esprit de Dieu les conduisoit.
Ces deux personnes, sans s'estre communiqués et dans des temps différents, ont eu les vues qui suivent.
Premièrement, que Dieu veut que le roy de France, l'empereur et les potentats catholiques facent la paix pour la conservation de la foy et pour la ruine de l'hérésie.
1 Louis XIV était bien loin de s'imaginer que ses nombreuses armées avaient été battues à Hochstœdt, Ramillies, Oudenarde et Malplaquot, par des généraux qui ne sortaient pas de leur chambre. (Saint-Martin, Lettre du 29 brumaire au baron de Liebisdorf.)
De Votre Excellance, Monseigneur,
le très humble et très obéissant serviteur,
Db Pontac.
Monseigneur,
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Secondement, qu'à ceste fin le Roy de France cède l'Espagne à l'Empereur à la réserve du duché de Milan qui sera donné au troisième fils de France, le duc de Berry.
Troisièmement, que l'Empereur rende au Roy Landau et quelques autres villes qui sont sur les frontières à la bienséance du Roy de France.
Quatrièmement, que l'Empereur cède au Roy de France les droits que les Roys d'Espagne ont sur la Hollande, pour détruire cette république hérétique qui fomente la guerre entre les princes catholiques, et qui, pour sa conservation, entretient entre eux la dissension depuis plusieurs années.
Cinquièmement, que le Roy de France face rendre au Roy de Portugal les villes conquises sur luy par les armes de la France, à la réserve de quelques unes pour tenir en bride le Roy de Portugal ; à la charge qu'il aident le Roy de France a la conquête de la Hollande, sur quoy il sera fait des conventions par le traité de paix.
Sixièmement, que pour empescher que les Anglois ne viennent au secours des Hollandois et pour faire diversion, les potentas catholiques s'unissent ensanbles pour rétablir le Roy d'Angleterre.
Septièmement, qu'il plaise au Pape convier par ses nonces tous les princes catholiques de faire ligue pour ce grand devoir, et que chacun y contribuo selon son pouvoir, suivant les traittés qui en seront faits.
Yoillà, Monseigneur, les vues de ces deux personnes. Elles ont eu ordres du ciel de manifester aux puissances ces lumières : et on les a assurées qu'elles venoient de l'esprit de Dieu, avec promesse que Sa Majesté divine y donnerait bénédiction, et inspirerait aux mesmes puissances d'y donner les mains.
C'est à vous, Monseigneur, à faire de ces lumières l'usage que vostre sagesse et vostre zèle pour la gloire de Dieu vous l'inspireront. Vous donnerés à Notre-Saint-Père le Pape une grande joye, lequel comme père commun des princes catholiques sera bien aise de contribuer à leur réunion, et d'établir la paix dans l'Europe. Ce sera sans doutte un grand avantage pour vous, Monseigneur, de concourir à un si grand bien par vos soins et votre prontitude à donner ces avis au Pape, le tout pour la plus grande gloire de Dieu, l'honneur de l'Eglise et le bonheur de tant de milliers de personnes qui frémissent et sont accablées par la guerre. Monseigneur,
Vostre très humble et très obéissant serviteur,
J'oubliais, Monseigneur, à mettre une autre condition, scavoir que le Roy de France rende au duc de Savoye les villes qu'il a prises sur luy, a la réserve de quelques places qui sont sur les contins de la Provence, pour empêcher que ces deux puissances ne se brouillent à l'avenir.
On admirera ici l'aplomb imperturtable avec lequel ces deux visionnaires exposent leurs vues, donnent Landau à celui-ci, le Milanais à celui-là, confondent l'hérésie, et
s'embarquant dans la nouvelle guerre,
Ont vaincu la Hollande ou battu l'Angleterre.
Le cardinal Gualterio ne paraît pas pourtant avoir été convaincu, soit par leurs révélations, soit par la supplique de leur protecteur.
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Que l'on fasse aussi grande que possible la part de l'étiquette et des formalités d'usage, il n'en est pas moins certain que le cardinal Gualterio, lorsqu'il quitta la France en 1706, emporta avec lui les regrets universels. Je pourrais citer à ce propos des lettres du duc de Beauvilliers, de Lamoignon de Basville, du marquis de Torcy et de quantité d'autres personnes également influentes. Je me bornerai à transcrire les compliments de condoléance du baron de Breteuil, et ce qui me détermine à les rapporter ici, c'est qu'ils s'éloignent des banalités habituelles. Quant au style, juste ciel! y eut-il jamais rien de plus plat, malgré les citations de Tacite et de Virgile! Breteuil est bien connu, d'ailleurs, des lecteurs de Saint-Simon : c'est lui qui attribuait à Moïse l'Oraison dominicale.
Monseigneur,
Je suis persuadé que toutes les lettres que j'ay eu l'honneur de vous escrire àRavenne ont esté perdues, puisque je n'ay reçeu de response à aucune, et que je connois la régularité de Vostre Eminence, et les bontez dont elle m'honore. Il faudroit un volume d'escriture pour vous dire à quel jpoint je regrette le temps heureux où nous avions le bonheur de vous avoir à nostre cour. Si j'avois à imprimer vostre panégyrique, le contraste de vostre successeur ne laisseroit pas de faire un assez bel effet dans la peinture que je ferois des éminentes et charmantes qualités de Vostre Eminence, et vous me permettriez d'y citer ce que Tacite dit d'Auguste sur sa comparaison avec Tibère : Quoniamarrogantiam sxviiiamque ejusintrospexerat comparalione deterrimâ geniam Hbi qu&swisse. En vérité, Monseigneur, depuis que cet illustre prélat est icy, il a tout mis en combustion. Il faut qu'il ait une éloquence bien per suasive puisqu'il a forcé M. Tiepolo que nous avions toujours considéré et aimé, à accuser faux la veille de son départ, et à soustenir la fausseté d'un fait que son amy intime Villeroy et moy avions escrit différemment de ce qu'il disoit s'en souvenir au bout de cinq ans, sans l'avoir escrit. U a engagé tout le corps des ambassadeurs dans cette mesme querelle. Il arreste de sa propre auttorité M. le nonce Salviati loin de Paris, et refuse comme citation apocrife tout ce qu'on lui fait voir que Votre Eminence a fait et mesme escrit. Je ne doute pas que M. l'abbé Passionei n'ait informé Vostre Eminence du traitement qu'il a reçeu depuis peu de ce prélat.
Je vous supplie très-humblement, Monseigneur, de ne me pas priver de l'honneur d'apprendre quelquefois de vos nouvelles par vous mesme, et de vous souvenir du longtemps qu'il y a que vous avés commencé à m'honorer de vostre amitié, et que je suis avec un profond respect,
Hectore.
Heu quantum distat ab Mo
Monseigneur,
De Votre Eminance,
Le très-humble et très-obéissant serviteur. Le baron de Breteuil.
A Paris, ce 18 may 1708.
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Je passe maintenant au second volume (20398) ; il renferme sur Thistoire des années 1711-1715 des pièces qui mériteraient une mention détaillée; mais l'espace manque, et il faut se contenter de quelques extraits. La lettre que je vais transcrire se rapporte au siège de Fribourg.
Monseigneur,
La grande occupation où nous avons esté jusqu'à présent, a fait que je n'ai pu mander à Votre Eminance tout ce qui s'est passé jour par jour pendant le commencement de ce siège qui va assez vite malgré la bonne défense que la garnison fait depuis quelque temps, ce qu'ils n'ont pas fait dans les premiers jours. Une sortie qu'ils avaient faite du côté de l'attaque du fort Saint-Pierre où ils avaient assez bien réussi leur a donné goût de vouloir en faire une à la ville, le 14 à six heures du soir, de six cents hommes, dans le temps que nous voulions attaquer le chemin couvert avec quarante-deux compagnies de grenadiers, les douze bataillons de la tranchée et un détachement de dragons. Les dispositions étoient faites pour six heures, le signal pour déboucher de la sape par plusieurs endroits en mémo temps étoit de tirer quatre bombes l'une après l'autre. Il semble qu'il étoit pour l'un et pour l'autre, puisque les ennemis sortoient de leur chemin couvert dans le temps que nos troupes s'avançoient sur la palissade, qui ont fait rentrer les ennemis dans leur chemin couvert, d'où on les a chassés avec un grand nombre d'autres troupes qui y étoient pour soutenir la sortie qu'ils vouloient faire, et deux cents hommes qu'ils avoient mis dans une lunette où l'on a d'abord été les prendre par la communication qui n'a pas été sans peine ni perte, aussi bieu qu'au chemin couvert. Les deux cents de la lunette ont été tués ou faits prisonniers. M. de Virtoschem, maréchal de camp, qui sortoit et commandoit les six cents hommes a été pris, et un colonel. Le feu de la mousqueterie, des bombes et du canon a été fort grand pendant trois heures de part et d'autre. L'on ne sait point la perte de leurs tués ni blessés ; pour la nostre, elle est grande. L'on compte sept à huit cents hommes tués ou blessés -, beaucoup plus de blessés que de tués. Je crois que la perte des ennemis n'est guères moins grande. Demain nous devons travailler à faire plusieurs batteries sur le chemin couvert. Je crois que nous serons maitres de la ville avant le 25 de ce mois, et qu'ils nous rendront les forts en môme temps, pour avoir une bonne capitulation. J'aurai soin. Monseigneur, de mander plus souvent des nouvelles à Votre Eminance, et de lui assurer que je serai toute ma vie avec un très-profond respect de Votre Eminance,
Au camp devant Fribourg, ce 15 octobre 1713.
Le siège de Fribourg est un des plus glorieux exploits du maréchal de Villars ; un peu plus d'un mois après la date de la lettre de Daboville, la place était prise, et, le 26 novembre, les conférences s'ouvraient à Kastadt entre le prince Eugène et le plénipotentiaire de Louis XIV.
Monseigneur,
Le très-humble et très-obéissant serviteur, Daboville.
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D'Allemagne nous nous transporterons à une autre extrémité de la carte de l'Europe, et nous jetterons un coup d'œil sur les affaires d'Espagne; Lamoignon de Basville prend ici la parole.
Je vous rend mille grâces, Monseigneur, des nouvelles que Votre Eminance m'a fait l'honneur de me mander -, il n'y en a point icy qui méritent de lui être écrites. Celle de Barcelonne portent qu'on attend toujours l'événement de l'accommodement pour Majorque ; le Roi et le Roi d'Espagne négocient avec l'Empereur. Cependant le marquis de Rubio, gouverneur de l'isle, a achevé tous ses retranchements qu'il a très-bien fortifié, et les insulaires se préparent à faire leur récolte. Il est bien à craindre que ce retardement ne produise un mauvais effet si l'affaire ne s'accommode pas. Le père Daubanton passa icy en fort bonne santé ; il arriva à onze heures du soir, et en est parti à quatre heures du matin en poste, n'ayant voulu voir personne.
La diminution des monnoies fait assez de désordre dans le commerce, et cause beaucoup de banquerouttes ; mais c'est un mal nécessaire qui finira au mois d'aoust prochain. Il n'y eut jamais dans tout le royaume une plus belle apparence de récolte.
M. le comte de Marsilly m'a prié d'adresser à Votre Eminance un paquet pour luy, et que vous sauriez où il est.
Je suis avec respect, Monseigneur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
24 mars 1715.
Je ne prendrons pas la liberté de vous adresser le paquet de M. de Marsilly s'il ne m'avoit assuré que' Votre Eminance le trouveroit bon, et qu'il luy avoit demandé cette grâce.
On prépare en Hollande et en Angleterre deux assez grosses flottes pour la Méditerranée, et il seroit bon que l'affaire de Majorque fut terminée avant leur arrivée.
On m'assure par des lettres de Madrid que le Roy d'Espagne a résolu de remettre touttes choses pour le gouvernement en l'état qu'elles estoient en 1668; c'est-à-dire de renoncer tout ce qui a été fait depuis que Sa Majesté est sur le trône. Cela ne donne pas grandes espérances à Madame la princesse des Ursins de se rétablir.
On voit que le cardinal Gualterio était bien renseigné et qu'il avait de tous côtés d'excellents correspondants. Il serait très-facile de composer, au moyen des lettres d'Alberoni, du chevalier Bourck, du marquis de Torcy, des Noaiiies, etc., à lui adressées et faisant partie des Gualterio papers, un volume du plus haut intérêt sur la succession d'Espagne. Je recommande ce travail aux fureteurs qui ont un peu de loisir, et je m'en tiens à la série que j'ai promis de dépouiller. Nous voici arrivés à la régence.
J'ai l'honneur, Monseigneur, de vous envoyer un mémoire sur les blés, qui répond à celuy que Votre Eminance m'a fait l'honneur de m'adresser. On peut compter que tous les blés du Languedoc sont les meilleurs du royaume, à cause du climat -, mais il seroit impossible de pouvoir donner ce secours,
Lamoignon de Basvillb.
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qu'il n'y eût un homme choisy en ce pays qui eût la commission de les recevoir, car il y en a de plusieurs espèces. Ayant parlé au sieur Gilly de cette affaire, qui est un des forts négociants de cette province, il prétend avoir reconnu dans le mémoire que vous m'avez envoyé l'écriture de son correspondant qui est à Rome, et il m'a dit qu'il luy écriroit de son côté pour luy donner les éclaircissemens nécessaires.
Il n'y a rien icy de particulier à vous mander. Tout y est tranquille. Quand on a vu toute l'autorité réunie dans la personne du Régent, tous ceux qui ont eu quelqu'envie de remuer sont demeurés tranquilles. Ce prince donne une si grande attention à toutes les affaires du Royaume, que tout le monde en est charmé. J'attends que la liste de tous les conseils soit imprimée pour vous l'envoyer. La manière du gouvernement a tout à fait changé, et le principe de ce changement a été qu'il ne falloit pas que toute l'autorité résidât sur la tête des ministres, mais qu'ils fussent aidés par les conseils de ceux qui ont été choisis, et que tout passât à la pluralité des voix *. 11 n'y a plus de secrétaires d'État ; M. de Pontchartrain et M. de La Vrillière sont conservés sous le titre de secrétaires des commandemens, ce qui est bien fâcheux pour eux a. M. de Torcy s'est tiré d'affaire étant au conseil de régence qui est le premier de tous. Voilà l'honorable ; et pour l'utile, il retirera le prix de sa charge sur celuy de général des postes qu'il fait créer de nouveau
Je suis avec respect, Monseigneur,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
Làmoignon db Bas ville.
13 octobre 1715.
Le ton grave et pieux du billet suivant est bien selon le caractère de ce grand seigneur dont Saint-Simon a dit 4 : « Il a peut-être été le seul qui ait su joindre une profession publique de dévotion de toute sa vie avec le commerce étroit des libertins de son temps. »
On ne peut estre plus touch^ que je le suis des bontés de Votre Excellence et des marques qu'elle veut bien m'en donner dans touttes ses lettres ; la dernière que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire me trouva dans une triste conjoncture causée par le danger pressant où. estoit alors le leu Roy. à qui Votre Eminance sçait que j'estois infiniment et très justement attaché ; ainsi elle peut bien juger de la douleur que m'a causé sa perte que je sens tous les jours très-vivement et dont je crains beaucoup les suites par rapport à la religion. Je n'ay point douté non plus que vous n'en ayez esté sensiblement afûigô, sachant combien Votre Eminance aimoit ce grand prince qui Ta encore plus paru à sa mort que pendant sa vie, ce qui nous fait tout espérer
1 a Le régent suivait une politique toute contraire (à celle de Louis XIV) en empruntant aux Mémoires laissés par le duc de Bourgogne, un nouveau plan d'administration qui supprimait les secrétaires d'État, et leur substituait six conseils, où devaient siéger, au premier rang, de grands seigneurs. »(A.Trognon, Hist. de France, t. V, p. 253.)
« Saint-Simon, édit. Hachette, t. XIII, p. 168.
» Ibid., p. 319.
* Mémoires, t. IX, p. 294.
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pour luy de la miséricorde de Dieu par les grâces qu'il luy a faites dont j'ay esté témoin, et qui font le plus solide sujet de ma consolation.
Je voy avec déplaisir que les Turcs ont fait bien du progrès dans la Morée *, et, qu'il y a lieu de craindre que les fléaux de Dieu ne se multiplient sur la terre dans beaucoup d'endroits. Plaise à sa divine miséricorde de les détourner, et de conserver la santé de Votre Eminance qui me sera toujours fort chère puisqu'on ne peut l'honorer plus parfaitement que je fais, ni luy estre dévoué avec un attachement plus fidèle et plus respectueux que je le scray toutte ma vie.
4 novembre 1715.
Le quatrième et dernier volume de notre collection (20400 ; années 1722-27) offre, parmi un certain nombre de pièces passablement écrites, plusieurs autres qui sont presque indéchiffrables, et où les règles de l'orthographe sont violées de la manière la plus grotesque. Ces hiéroglyphes sont le résultat du bavardage de la marquise de Crussol, née d'Aumale, cancanière s'il en fût jamais, et dont la généalogie est rapportée tout au long par La Chesnaye des Bois. Je ne pouvais songer à copier ce fatras d'un bout à l'autre, mais en voici de réjouissants spécimens.
J'ay hésité si j'aurois l'honneur d'escrire à Votre Eminance, y ayant peu de nouvelles. Elle sçait aparament ce qui s'est passé au conseil royal, touchant l'affaire de monsieur le duc du Maine et monsieur le comte de Toulouse*, par monseigneur le cardinal de Rohan, lequel se dispose pour aller au premier jour à Strasbourg. Monsieur le cardinal Dubois a esté saigné deux fois du pied, une fois du bras, pour une fièvre laquelle luy provient d'avoir eu la leste trois heures au soleil à cheval, à costé de la calèche du Roy, faisant la route. Je crois que Vostre Eminance y prend quelque mtérest, luy ayant rendu de grands services à Rome. L'on dit qu'il est beaucoup mieux. Vostre Eminance sait qu'il a beaucoup d'occupations dans tous les conseils. Celuy de marine ne pouvoit pas estre mieux, ayant perdu monsieur le comte de Toulouse, que de retrouver monsieur de Morville, fils de monsieur d'Armenonville *, vostre ami, Monseigneur, et le mien. Monsieur de Bellingand 4, qui estoit monsieur le premier, est mort le premier de ce mois à Paris. Monsieur et madame la duchesse de Retz ont signé à l'amiable leur séparation Monsieur l'évêque de Nantes sera secrétaire de l'assemblée du clergé qui commencera le 25 de ce mois. Monsieur le Nonce se porte bien à présent, il est allé prendre le bon air à la campagne. Le Roy ne s'en va que le 3 du mois qui vient à Meudon pendant lequel temps de trois semaines, madame la duchesse
1 Le général Schullenbourg défendit glorieusement Gorfou contre les Turcs, l'année suivante.
1 Voy. le Journal de Barbier, édit. Charpentier, vol. I, p. 269. * Garde des sceaux. Morville mourut en 1732. 4 Beringhen.
1 Voir Barbier, vol. 1, p. 227, 228.
Le duc de Gharost.
Monseigneur,
220 REVUE DES QUESTIONS HISTORIQUES
d'Orléans qui n'ira pas, ira à Saint-Gloud et viendra icy, elle se porte bien, et vostre bonne amie Madame la Duchesse. Monsieur le maréchal de Villeroy a perdu Madame l'abbesse sa fille à Lyon, dont il est fort touché. Le Roy a ordonné à madame la princesse de Conti de rester encore huit mois au Port- Royal !. On dit aussi que monsieur le maréchal de Berwick est nommé ambassadeur extraordinaire à la cour d'Espagne. Mesdames les duchesses de Ventadour et de La Ferté reçoivent très agréablement le souvenir de Vostre Eminance, à laquelle je suis avec respect,
Jay cru mieux faire ma cour à Vostre Eminance do sursoir quelque temps mes lettres, n'ayant sçu aucunes nouvelles qui méritassent la peine de les lire. J'arrivay hier de Versailles, où je suis restée environ un mois. Le Roy, qui est en très bonne santé, est allé à Meudon le 3 de ce mois, pour jusqu'à la Saint-Jean, avec très peu de courtisans. L' infante-Reine y est allé le lendemain, avec madame la duchesse de Ventadour, laquelle sçait tous vos sentimens pour elle, et madame la duchesse de La Ferté. Je leurs ay promis de vous en remercier. Elles m'ont die que Son Eminance, vostre très cher ami, % était partis depuis quelques jours et doit estre arrivé à Saverne dans peu de jours. Il a eu la fièvre, mais il se portoit fort bien en partant. Je suis persuadé qu'il vous donne, Monseigneur, très souvent de ses nouvelles. J'ay veu chez monsieur le cardinal Dubois, premier ministre, monsieur le nonce lequel me dit que sa santé étoit très bien rétablie. Vostre Eminance sçait combien il vous honnore ; il eut une fort grande audiance de ce premier ministre avec lequel, je crois, vous estes en commerce. Il est fort bien rétabli de sa maladie quoiqu'il continue de prendre du lait d'ànesse. Monseigneur le duc d'Orléans se repose sur ses soins pour beaucoup d'affaires, étant ce qui s'appelle premier ministre. Il fut hier aux Augustins où l'on luy lit tous les honneurs imaginables ; ce fut à l'occasion de l'assemblée du clergé qui est commencé. Ils ont fait leurs harangues au Roy la semaine passé et à monsieur le duc d'Orléans. Après cette assemblée finie, l'on dit que l'on distribuera les bénéfices. Si mes souhaits étoit exaucés, Votre Eminance y auroit plus de part qu'aucun prélat. L'ambassadeur de Venise eut sa première audience mardi dernier, où il y avoit grand'suitte de messieurs et de livrée. Je ne sçay si monsieur le marquis de Veniez lequel était aussi embassadeur de Venise est encore vivant. Dans ce temps-là il prenoit la peine de me venir voir très souvent et de m' informer combien monsieur le marquis de Marosini étoit content des conquêtes et services de feu mon premier mary, auquel Bon Altesse Royale le grand Duc a fait coupé la tète, ayant surpris sa religion et conscience par monsieur de Bovy qui étoit commandant dans la ville, sans attendre le temps qu'il falloit pour recevoir les lettres que feu le
i Voir Barbier, vol. I, p. 314, 316.
Ce 4 may 1723.
Monseigneur, très-humble et très-obéissante servante,
D'AUMALB, M. DE GrUSSOL.
Monseigneur,
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Roy avoit fait écrire en sa faveur. C'est ce qui m'a fait perdre la personne que j'aimois tendrement, et ses emplois, et une rante qu'il avoit à font perdu considérables; mais je ne sçay si Vostre Eminance voudra bien me pardonner de luy faire cette triste ralation, laquelle en vérité je n'en avois nulle intentions. Cette pensée m'est venue en escrivant de monsieur l'ambassadeur de Venise ; et n'ay jamais d'autre dessein que de chercher les occasions de vous renouvel 1er mes respects, pour me conserver l'honneur de vostre estime, estant très parfaittement,
de Vostre Eminance,
Monseigneur, la très-humble et très-obéissante servante.
D'AUMALB, MARQUISE DE CllUSSOL.
De Paris, ce 7e juin 1723.
Monseigneur,
J?ay reçeu avec ma joye ordinaire la lettre que Votre Eminance m'a fait l'honneur de m'écrire, datté du mois passé, par laquelle je vis la part que vous prenez à la santé de monsieur le cardinal Dubois. Il sçait qu'il vous a cette obligation, et la rossant comme il doit. Je le vis encore hier, et le trouvay assez bien, pour calmer votre inquiétude et ne point ajouter foy aux nouvelles publiques qui est que les chirurgiens veulent luy faire une opération laquelle l'on dit qu'il ne veut point y consentir, et sont des nouvelles de Paris et non pas de la Cour, quoique à la vérité sa santé est fort chancelante, de temps . en temps *. Il prend du lait d'ànesse tous les soirs, et dîne à merveille avec grande compagnie chez luy. Je crois que monsieur le nonce, que j'y ay rencontré deux fois, a soin de vous tranquilliser sur ce sujet, étant véritablement mieux. Ils se voient tous les huit jours. Vous savez, ou je l'apprends à Votre Eminance, que M. Leblanc, ministre de la guerre, est dépossédé de sa charge, et exilé dans une terre qui appartient à M. le marquis de Trenel son gendre, à vingt lieues d'icy *. J'espère qu'il n'aura pas de peine à se justilier, ayant toujours passé pour avoir beaucoup de probité. L'on a donné à M. de Breteuil, père de M. l'abbé de Breteuil, grand maistre de la chapelle et musique, la charge de M. Leblanc.
Le Roy se porte à souhait ; il reste à Meudon jusque au 5 d'août. L'infante- Reyne y est aussy avec vôtre amie madame la duchesse de Ventadour. Pour monsieur le cardinal de Rohan, il est encore à Strasbourg où je suis seure qu'il a la joie d'entretenir commerce avec Votre Eminance. Monsieur l'abbé d'Antin, mon neveu, étant chanoine de Strasbourg, doit s'y rencontrer, étant fort bons amis. Toute sa famille est à présent à Petit-Bourg. Et vous, monseigneur, à vostre campagne, vostre tranquillité guérira, j'espère, la fluxion de vostre œil incommodé, en n'écrivant ni ne lisant point ; c'est le meilleur remède. Vos secrétaires vous éviteront cette peine. Votre amie, madame la
1 « Le cardinal ne se porte pas bien ; on le disait presque mort ces jours passés. » (Barbier, t. I, p. 287.)
* «Aujourd'hui, l,r de ce mois, M. Le Blanc, secrétaire d'Etat delà guerre, a été déplacé et exilé à Doue ou Traisnel, qui est la terre du marquis de Traisnel, son gendre. » (lbid., p. 285.)
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duchesse du Ludre, a aussi une grande fluxion sur un œil. Je finis ma lettre par vous mander, monseigneur, que M. le duc d'Orléans et madame la duchesse d'Orléans sont en très-bonne santé. Elle reste icy à Paris jusques au retour du Roy à Versailles. Je dois vous mander que madame la duchesse Desforce (?) a esté fort mal, mais elle est bien rétablie ; et moy, je suis avec respect et attachement infiny, etc.
D'AUMALE, MARQUISE DE GrUSSOL.
De Paris, ce 6° janvier 1723.
L'extrait suivant, par un écrivain anonyme, peut servir à donner une idée des nouvelles à la main, ou gazettes manuscrites, que se faisaient adresser de Paris les personnes curieuses de se tenir au courant des affaires politiques.
A Paris, le 31 juillet 1725.
M. le duc d'Orléans partit en poste le 25 à quatre heures du matin pour aller coucher à Chàlons, d'où il s'est rendu le 26 à Lunéville auprès du duc de Lorraine son oncle, avec lequel il passera quelques jours. Ce prince, qui est accompagné par M. le Grand Prieur de France, a emporté avec luy 50,000 écus pour les frais de son voyage *.
Les équipages du Roy partirent le môme jour. Ils consistent en trois carosses à huit chevaux, deux grands corbillards de môme, cinq berlines à six, une calèche et une litière. Tous les cochers, postillons, charretiers, et muletiers sont habillés de neuf. Le directeur des Pompes est aussi parti avec les secours nécessaires en cas d'incendie sur la route.
Mademoiselle de Glermont, princesse du sang, partit de môme avec les dames du palais. Les équipages de cette princesse sont riches, et sa livrée est habillée de neuf.
La princesse Marie, notre future reine, a choisi son confesseur en France, un chanoine de Gracovie qui s'est attaché depuis quelques années au Roy Stanislas, père de cette princesse, laquelle suivant les lettres de Strasbourg du 17. Elle a charmé et édiftlé par sa piété la plupart des Lutériens de cette ville, où l'on a fondé une Procession du Saint-Sacrement où cette princesse asista le 15, tenant d'une main un cierge, et de l'autre un chapelet.
Il n'y a a Vincennes d'autre table que celle de la Reine ; tous ses officiers recevront des sommes proportionnées pour leur nourriture.
Il a été décidé que les maîtres des requêtes rapporteroient dorénavant au conseil des requêtes, le Roy présent, comme ils le faisoient sous le règne du Roy Louis XIV.
La nuit du 22 au 23, le feu prit dans la belle maison de M. le comte d'Evreux, faubourg Saint-Honoré. Il y a plusieurs appartements de brûlés, et un valet de chambre y a péri.
Plusieurs vaisseaux de la Compagnie des Indes sont prêts à partir pour les voyages de long cours. Ils sont chargés de marchandises convenables pour les ports vers lesquels ils vont.
1 Voir Barbier, 1. 1, p. 400. Notre journaliste anonyme ajoute quelques détails au récit de Barbier.
EXCUBSIONS AU BRITISH MUSEUM
On a fait depuis peu à Chantilly un nouveau règlement servant d'instruction à messieurs les intendants des provinces, pour la levée du 50# denier.
Le nouveau gouverneur du Pérou, moins traitable que ses prédécesseurs, a lait défendre aux Espagnols qui habitent les côtes de ce riche pays de faire aucun commerce avec les étrangers sous peine de la vie; et pour leur ôter toutes les tentations, il les a faits retirer avec leurs bestiaux à vingt lieues en arrière dans les terres.
La feuille des bénifices est toujours près de M. Millain. M. du Parc ne Ta que par duplicata, pendant le séjour du Roy à Chantilly.
M. le comte de Rottenbourg, cy-devant ambassadeur plénipotentiaire du Roy au congrès de Cambray, a été nommé à l'ambassade de Prusse, où il a déjà été en qualité d'envoyé extraordinaire de S. M.
M. le chevalier de Castellane, dont le neveu épousa Tarrière-petitefille de madame de Sévigné, était sans doute un fort galant homme, mais l'orthographe lui offrait des mystères insolubles. On en jugera par le billet de faire part qu'il écrivait au cardinal Gualterio.
Monseigneur,
Madame la marquise de Simiane me charge de vous remettre la lettre qu'elle ce donne lonneur descrire à Votre Eminance. Cet pour vous donner par du mariage de sa ûgle avec mon néveu, quoique ce souat un mariage de famille, il est si avantageus pour la notre con nauret jamès aussô ce flater d'un pareil honneur, sans l'amiété particulière qu'elle a toujours eu pour nous. Bile a donner à sa ligle une terre de catorze à quinze mille livres de rante. Elle en a encore près de vint a disposer. Lon peut présantement à juste titre espérer que cette ligle céra son éritière-, d'heautant plus qu'elle pran son beau ils avec elle, l'antretient, luy et quatre domestiques, et veut le mener à la cour. L'on dit que cet pour remettre sa charge à sa fille. La mère donne à son afan (enfant!) pour ses épingles, mille équsde pansion, et le père de mon néveu autant à son lis, est aucas (et au cas II) de séparation cet mille livres de rante. Voilà un très-grand établissement. Jespère par toutes les bontés dont vostro Eminance m'a toujours honoré, qu'elle voudra bien prandre par à la satisfacsion de deux familles qui vous sont si fort dévoués, et qui ceront pour jamès lune et lautre avec un atachement bien respectueus de vostre Eminanse,
Monseigneur, les très-humbles et trôs-obôissans serviteur,
Le CHEVALIER DE CASTELLANE.
A Frascati, ce 25 octobre 1725.
M. le cardinal de Polignac ce porte bien. Il me charge de vous faire de sa part ses complimants.
Le lecteur se fera, par les extraits que je viens de transcrire, une idée passablement nette du riche trésor accumulé au British Muséum, Il est à désirer qu'il soit exploité par les écrivains qui s'occuperont de notre histoire au xviii0 siècle.
Gustave Masson.
REVUE DES QUESTIONS HISTORIQUES