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SOUS-PRÉFET A PRÉFET A ORLÉANS

REVUE DES QUESTIONS HISTORIQUES

La nuit n'était pas arrivée que le général avait donné Tordre à toutes ses troupes de faire retraite sur la rive gauche de la Loire. Mais, avant de se replier lui-même, — se reportant à une de ces nombreuses circulaires dans lesquelles nos gouvernants croyaient faire preuve d'héroïsme en recommandant la destruction inutile de toutes les œuvres d'art qu'on avait mis des siècles à construire, — il donnait Tordre formel de faire sauter les ponts de la Loire sur une étendue de quinze lieues, et il en prévenait le préfet, pour que ce dernier prit les mesures de police nécessaires, et s'entendît avec les ingénieurs des Ponts et Chaussées chargés de faire mettre le feu aux poudres.

L'autorité militaire avait tout pouvoir; il n'appartenait à personne de discuter ses résolutions. Cependant le préfet du Loiret — qui ne croyait pas le danger si imminent et qui voyait avec peine les inconvénients sans nombre et la perte matérielle considérable qu'entraînerait la destruction des deux beaux ponts d'Orléans — prit sur lui de retarder l'explosion et, télégraphiant la nuit au ministre de la guerre, il lui exposa ses scrupules, énuméra les raisons qui, selon lui, militaient en faveur de la conservation des ponts, et demanda de nouvelles instructions ; les ingénieurs se joignaient au préfet, et appuyaient ses arguments. La réponse de Tours fut favorable : les ponts d'Orléans furent conservés, et la population en témoigna hautement sa reconnaissance à son digne et intelligent administrateur. Mais le général avait transmis directement ses ordres dans le département ; aussi les quatre ponts de Beaugency, Meung, Jargeau et Châteauneuf furent -ils impitoyablement détruits. Il est bon d'ajouter que l'ennemi dans la suite ne tira aucun avantage sérieux de la conservation des ponts d'Orléans, qui furent, au contraire, fort utiles à notre armée dans les marches et contre-marches qu'elle devait faire autour de la ville.

Le lendemain, 21 septembre, fut pour toute la cité orléanaise une journée de terreur. On surveillait la route de Pithiviers ; on interrogeait les voyageurs ; on attendait dans Tangoisse. Pas un uhlan ne se présenta. Le général de cavalerie du Coulombier était demeuré à Artenay ; il dépendait de la division Reyau dont le quartier général se trouvait à Blois, et avait été détaché un peu en avant pour couvrir la route de

Paris. Le 21, au matin, son général de division, auquel on n'avait envoyé aucune nouvelle, adressait à Orléans la dépêche suivante, qui dut rester sans réponse :

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