‹ Le droit à l'autopsieChapitre 8 sur 28 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Histoire du Droit à l’Autopsie

SI

Dans l’antiquité

Les’ peuples de l'antiquité, que ce fussent les Hindous, les Hébreux, les Egyptiens, les Grecs ou les Romains, ne reconnaissaient légalement qu’une autorité, celle de leurs dieux. La religion leur te: nait lieu et place de loi comme de commandement. Partaient-ils en guerre, ils offraient à Jupiter, à Rà ou à Mars, des libations ou des sacrifices. C’est ainsi qu'Iphigénie fût menée au bûcher par son père Agamemnon afin d'obtenir la protection des dieux” qui retenaient par des vents contraires la flotte hélène dans le port d’Aulis. Euripide et Racine ont immortalisé cette légende. Revenaient-ils vainqueurs, ils remerciaient les dieux en leur éle-

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vant des temples. Voulaient-ils entreprendre une expédition hasardeuse, ils allaient consulter la Pythie de Delphes ou les Oracles de Dodone, de Delos et d'Epidaure. La déité était partout. Il ÿ avait un dieu pour le logis, un dieu pour le jardin, un dieu pour la moisson, un dieu pour la Jumière, un autre pour l'ombre. Ils les craignaient, les consultaient et leur: obéissaient aveuglément.

Ces dieux cruels, barbares, assoiffés de sang et de vengeance étaient humains aussi. Ils avaient de la mort et de sa majesté une idée très noble. Ils la tenaient pour divine et apprenaient à leurs fidèles, qu'ils vécussent sur les bords du Gange, du Nil ou du Tibre, à la vénérer et à la respecter.

Malheur à celui qui eût osé profaner un cadavre en y portant une main sacrilège ou en le mutilant ; il eût été hors la loi. Les vivants avaient envers les morts un devoir sacré, celui de les ensevelir. Le fils devait ensevelir son père, et l'étranger, le voyageur, couvrir de terre les cadavres rencontrés sur la route au hasard de leur marche, et cela sans tarder pour que l’âme püûüt goûter aussitôt les joies de Léthé. Ce respect des vivants pour les morts, cette hâte qu'ils mettaient à les enterrer tiraient leur source de très belles légendes. Les Grees croyaient que l'âme dépouillée de son enveloppe charnelle errait sur les rives du Styx désolée, suppliante, jusqu’à ce que le corps qu'elle avait habité un temps eût été confié à la terre ou dévoré par les flammes. Cette légende se retrouvait à Rome et à Alexandrie,

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