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et dans les combats, nous dit Suétone, les soldats se battaient autant pour plaire aux dieux, pour remporter la victoire, que pour être maîtres du champ de bataille et pouvoir la nuit ramasser leurs morts et les enterrer.
Aussi, de toute antiquité, les dissections et les autopsies furent-elles interdites comme profanes et contraires à la religion. Il eût fallu, d’ailleurs, une certaine curiosité et un beau courage pour triompher des premiers dégoûts qu'inspira long-
temps cette science ; et ce ne fut pas sans hésitation
qu'au XVF siècle on se décida à porter le scalpel dans des débris humains et à interroger les cadavres auxquels Ja corruption ne laisse bientôt plus, comme dit Bossuet, « de nom en aucune langue ».
D'ailleurs, les anciens ne croyaient pas à la médecine. Ils voyaient dans les épidémies maux, infirmités et ravages de toutes sortes, une manifestation de la colère des dieux.
Aussi, lorsqu'il leur arrivait d’être malades, n’était-ce pas aux hommes de science qu’ils avaient recours, mais aux dieux eux-mêmes ou à leurs oracles. Ils se rendaient à Epidaure, au temple d’Asclépios. Là, après avoir offert des sacrifices, les malades se couchaient dans un dortoir ; un serviteur éteignait les lampes, les prêtres faisaient leurs rondes autour des autels pour recueillir les offrandes, puis tout le monde s'endormait. C’est alors
. qu'au milieu de Ja nuit, apparaissait le dieu, soit
seul, soit accompagné. de ses fils, de ses aides, de