‹ Le Droit aerienChapitre 100 sur 124 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

faible poids. Les aéroplanes paraissaient à M. Ch. Malo, utiles seulement pour le service d’exploration, où ils pourraient admirablement compléter l’œuvre de la cavalerie; avec les dirigeables, ils étaient considérés par lui uniquement comme des organes supplémentaires utiles de la guerre future.

Tandis qu’en France et ailleurs s’accréditaient des prévisions si modérées, en Angleterre l’opinion publique s’agitait dans la crainte d’une invasion e liée tuée du continent, conduite pat un futur Guillaume le Conquérant qui parviendrait par la voie aérienne a violer une autre fois la virginité du sol britannique.Les alarmes, ainsi que le calme que leur opposait le gouveiueim ni anglais, se sont manifestés dans la discussion sur les aéronefs de guerre, qui eut lieu à la Chambre des communes le 2 août 1909. Et en face de la sereine patience du secrétaire d’Etat poui la guerre, qui déclarait vouloir attendre les résultats des éludés d'une Commission consultative avant de choisir les types et d intensifier la construction des aéronefs militaires, des paroles d’avertissements furent prononcées et des cris d’alarme fuient poussés par des personnes du reste très compétentes dans les sciences militaires et dans Part de la guerre. Lord lloberts, pi Ridant le fi décembre 1909 une réunion convoquée par la « Goyul United Service Institution », trouvait étrange l’insouciance de la Grande-Bretagne en pareille matière, et affirmait que si elle pouvait prévoir ce que l’avenir réserve à la guerre aérienne, son apathie serait secouée comme par enchantement. Et te ma J m Baden-Powell lisant aussitôt après un mémoire « sur les ch.in gements probables de la guerre par suite de la locomotion aérienne », prévoyait que, employés non isolément mais pur groupes, les dirigeables et les aéroplanes modifieraient piolou

dément lu guerre; que les reconnaissances deviendraient plus

efficaces, les opérations plus promptes, le théâtre de la. gutiic plus vaste et son résultat définitif plus rapidement décide.

Mais si en 1909 la valeur’des aéronefs paraissait se réduire, même d’après les prévisions les plus favorables, aux set \ | ttS complémentaires de reconnaissance et, par suite de la faible

i/aÉBONEF EN TEMPS DE O U EH RE 103

capacité de transport et de rincertitude du lancement, à quelques actes offensifs dame efflc&pitè plutôt morale que matérielle, en 1910 oo pouvait déjà considérer sous un autre aspect la valeur de Taéroiief comme instrument de guerre. Dans la séance de la Chambre des Lords du 13 avril, Lord Montagu de Beaulieu {11, interrogeant le gouvernement pour savoir de combien de dirigeables et d'aéropariis Tannée et la marine pourraient disposer immédiatement et pourraient compter disposer dans le délai d*un an, faisait remarquer comme les progrès accompli en un an dans Part de se servir de l'aéronef pour les opérations de guen e avaient été notables; i! rappelait aussi que T Allemagne avait dépassé dans le développement des instruments de la guerre aérienne l'exemple donné par !u Crande-Bretagne pour la guerre maritime (2). Car tandis que la Hotte maritime anglaise était tenue an niveau du « two Powers standard », la llotle aérienne, allemande dé dirigeables .'quivalait dès ce moment au total des dirigeables des autres Puissances (3).

Lord .Montagu rappelait encore que, outre le service auxiliaire cTinformaüüu, l'aéronef peut des maintenant accomplir celui de lancement d'explosifs, détruisant ainsi les ligues de communion-

( 1 ) V, au ssi M o N tac u , Th e us e of ai rs h ips i/i Wa r , 1 e e tu re fa i Le à j a « National Dçïgnce- A sso ci a U ou *, Xi m es , â 6 a v ri 1 i 909,

: (2) Vers le milieu de 1910, l'Allemagne avait, d'après le sénateur français Reymond (« Journal des Débats », 2 avril 1910), 12 dirigeables terminés, M en construction, plus 15 termiiïés appartenant à des particuliers, et disposait dès ce moment de 23 hangars militaires pour dirigeables, répartis sur le territoire* D’après le général Brun, les premiers chiffres devraient se réduire à 6 imités immédiatement utilisables et 15 d'usage limité. V. Âinlnps and aéroplanes, dans le a Times » du 3 ocL 1910* Pour Tétude de TElaLMajor alieuiaod sur P utilisation par l'armée des dirigeables appartenant à des particuliers, v* « Rev. juin int de la loc. aér. &, juin 1910, pp. 190-191*

(3) V. pour des données précises jusqu'à la fin de 1909, Cap. Castaoxem, Com- sia inizmla la difesauerea délit nasioni estere, Borna, Poligraüca, 1909*

Page 1