CHAPITRE XXII
HOSTILITÉS PERMISES ET INTERDITES
Une incertitude encore plus grande règne jusqu’ici sur le caractère licite ou illicite des actes d’hostilité commis au moyen d’aéronefs. Elle est augmentée par l’incertitude des faits euxmèmes qu’il s’agit de réglementer ; on ne pourra pas s’entendre sur les hostilités permises aux aéronefs tant qu’ou ne saura pas a quelles hostilités ils peuvent se livrer et comment ils peuvent les effectuer.
Cette incertitude, actuellement inévitable, s’est déjà manifestée lorsqu'on a voulu obtenir des Etats l’interdiction de lancer des explosifs des aérostats. Si ccs derniers n obéissent pas à la direction du pilote comme un navire, si l'explosif jeté du haut de l’aérostat ne peut être qu’abandonné dans l’espace, ou lancé par un canon ne permettant pas une visée sûre, l'interdiction se présente comme une évidente nécessité morale et juridique. Mais si l’aéronef était dirigeable dans l'air comme un navire l'est dans l'eau, et si les artilleries aériennes atteignaient une précision égale ou comparable à celle des artilleries terrestres et navales, alors il n’y aurait plus de raison pour prohiber ou restreindre leur action d’une manière spéciale,. Lorsque la dirigeabilité de l’aéronef était rudimentaire, de même que son tir, on a pu obtenir facilement un accord dans le sens de l’interdiction. Mais la situation change constamment sous l’inlluence du progrès technique, les bases de cet accord viennent à manquer, et la plupart des Puissances préfèrent éviter un engagement qu'elies