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2, Senec. Quest. nf, I, 82.
de la divination, on n'a. pas défini l’ensemble, D'autre part, la conception romaine sur le point qui nous occupe à subi une évolution constante, de sorte que la définition qu'on en peut donner devrait varier suivant l'époque à laquelle on se place. À l'origine il est à supposer qu'il fût nettement question de prédire l'avenir. L'expérience démontra en fait qu'on ne le prédisait pas du tout : on en vint à concevoir les choses autrement.
I ne serait pourtant pas exact de dire qu'à la cuite des pratiques divinatoires, les faits ne venaient pas le plus souvent confirmer les prédictions. L'homme antique crovait prévoir quil serait heureux ou malheureux dans ses entreprises, mais alors 1l était, en réalité, dupe de sa croyance qui, par suite d’une sucgestion Inconseiente, agissait sur ses propres déterminations.
Aucune des sciences particulières que Fesprit humain cultive de nos jours, ne se propose directement la prévision de lavenir social : mais la philosophie qui se décace de toutes les sciences réunies tend à ce but. Différence remarquable ! À limverse de la divmation antique la science moderne, en se constituant, ne s’est pas donné pour but la prévision de cet avenir social, et il est probable qu'en fin de compte elle y aboutira.
Maintenant que la Divination romame à cessé d'exister, et que son évolution semble entiérement achevée, elle nous apparaît dans son ensemble sous
un jour inconnu des Romains. Partant, notre définiüon pourrait différer de la leur.
Mais pour donner une idée exacte d’une chose, il faudrait indiquer succintement : son objet, son but, sa méthode, sa puissance, sa forme, son fondement, ete… Or la divination est une chose si vaste, qu'il est difficile d'enfermer toutes ces indications dans une définition devant être succinte par sa nature même.
Avant de lentreprendre, qu'on nous permette de rapprocher de la divination les définitions qu'on a données de la science. Ce rapprochement permettra de les distinguer et, en fin de compte, de caractériser la divination. Il nous montrera également combien sont défectueuses certaines définitions de la science ; une bonne définition ne doit convenir qu'à l'objet défini : or, on verra que la plupart des définitions de la science peuvent jusqu'à un certain point S'appliquer à la divination. -Nous ferions peut-être mieux de dire que l'opinion des hommes primitifs sur la divination, ressemble assez à lopinion des modernes sur la science.
On à dit: La science est le savoir coordonné : c'est exact. Mais, dans les temps primitifs, la divination n'était-elle pas quelque peu le savoir coordonné ? On a dit encore : la science est la connaissance des modications que comporte l'ordre universel: et cela, aux veux des Romains, aurait pu s'appliquer mot pour mot à la divination. Autre définition : « Toute science est un ensemble de notions liées entre elles, non pas
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d'après certains rapports superliciels où arbitrairement établis, mais d'après la raison et d’après la nature même des choses » (D).
Pour les anciens Romains toute divination était un ensemble de notions hées entre elles, d’après certains rapports qu'ils ne ecrovaient pas du tout superficiels où arbitrairement établis, mais d'après ce qu'ils pensaient être la raison et la nature même dés choses. Enfin, pour Auguste Comte, « toute selence consiste dans la coordination des faits; si les diverses observations étaient entièrement isolées, 11 n°v aurait pas science » (2). Coordonner des faits n’est autre chose que prendre connaissance de leur ordre de sueccessions habituelles : or, aux veux des hommes antiques cet ordre de successions habituelles des faits dépendait du caprice de la divinité: et pour en prendre connaissance 11 nv avait qu'à interpréter le langage divin. Si les diverses observations des signes célestes avaient été entièrement isolées, 11 n°v aurait pas eu divination.
Un grand nombre de personnes pensent, et M. A. Dastre répète après elles, que «< le but de la science est là connaissance de la vérité, Elle ne se propose directement aucune application: elle ne poursuit pas Futile : elle cherche à connaître le vrai» (3). On ne
1. Diche philosophique publié sous la direction de A. Franck, p. 1565, art. science.