Dictionnaire de Pédagogie. t. VW, p
veut pas, J'imagine, en S'exprimant ainsi, attribuer une âme personnelle à la science, avec une volonté sensible dans cette âme, à la facon dont les hommes primitifs en avaient doué les objets matériels. Pour être exact, il faudrait dire : la plupart des savants n’ont d'autre but que la connaissance de la vérité ; 1ls ne se proposent directement aucune application ; 1ls ne poursuivent pas leur utilité personnelle, ils ne cherchent à connaître que le vrai. En un mot, les savants sont désintéressés.
Les augures antiques l'étaient-ils de même? Nous l'ignorons ; mais il est certain qu'ils pouvaient d’une part ne chercher que la vérité : à savoir ce que les dieux voulaient faire ; et d'autre part laisser aux praticiens la liberté d'appliquer à leur guise les résultats fournis par la divination.
Mais la science, pas plus que la divination, n'est une affaire individuelle. €’est une affaire sociale. Pas de société pas de science. Et quel but poursuit la société en construisant la science ? Ce but C'est lutile, et elle Patteint souvent erâce à la séduction que la science exerce sur ceux qui la cultivent. [en était de même pour la divination antique. Alors, comment les distinguer par leur définition 2
La science actuelle, sorte d'être moral lentement enfanté par l'esprit humain, à un objet : la connaissance des phénomènes de là nature: un but : leur explication et leur prévision: une cause : les nécessités de la vie ; des movens, l'observation et le raisonnement. Tout cela
S applique dans une large mesure à la divination ; mais leur base n'est pas la même. Chacune d'elles repose, comme nous l'avons vu, Sur une conception hypothétique, mais diflérente de la nature de Punivers. Enfin, une autre dflérence réside dans leurs formes : lune avait un caractère religieux, l’autre semble repousser ce caractère.
S III — Évolution de la croyance à la Divination. — Influence des philosophes.
Pour être d'accord avec sa croyance, le Romain devait rester inactif chaque fois que les auspices consultés étaient défavorables. Celle règle fut sans doute rigoureusement suivie au début. Îl valait mieux ne pas agir que d'agir sans succès. D'autre part, linaction n'était guère tolérable pour les Romains. Aussi, l'évolution se poursuivant d’après la loi d’adaptation sociale, S'appliquèrent-ils à obtenir des auspices favorables par les procédés plus ingénieux. «Au besoin, écrit V. Duruvy, ils conjuraient les présages funestes par les plus libres interprétations, sans que leur foi s’en alarmât » (4). Notre foi dans la science reste intacte après un insuccès : on attribue cet Insuccès à lignorance, à un mauvais calcul, à une imsuflisance de données : le Romain faisait de même.