Æist. de la Divination, 1, p
de modilier le cours des choses. Pour échapper au fatalisme, la religion grecque admit qu’on pouvait se soustaire à un malheur prévu en offrant au coup du destin une autre victime.
Une image fera mieux ressortir cette pensée ; Le grand drame humain à été arrété sur un plan préconçu par la Divinité Suprême et doit s’exécuter dans toutes ses parties ; mais les acteurs peuvent entre eux changer de rôle. Est-ce aussi déraisonnable qu'on pourrait le croire ? La statistique contemporaine, elle, à trouvé quelque chose d'analogue. Elle à constaté, par exemple, qu'il arrive régulièrement chaque année le même nombre de décès dans l'humanité. Elle en a fait une loi qui permet de prévoir la mortalité annuelle.
Et, connaissant cette loi, on est tenté de dire à ses voisins : Mourez donc, cela augmentera mes chances de vivre.
Les Latins semblent bien avoir accepté ces théories venues de la Grèce. Qu'est-ce pour eux que le destin : fatum ? < Fatum, dit Ginguené, vient de fari, parler. Varron, Minucius Félix, Servius, Priscien, Isidore de Séville, Vossius, Juste Lipse et presque tous les grammairiens sont d'accord sur cette étymologie. Saint Augustin, en l’adoptant, cite ces mots de la Bible : semel Deus locutus est. Dieu à parlé une fois pour toutes, voilà
le Destin » (1).
1. V. la préface du traité du destin de Cicéron, collection Nisard (1541), p. 259.
ee)
Les aruspices toscans ajoutèrent à cette conception quelque chose de leur propre fonds. St les arrêts du destin sont inéluctables, pensaient-ils, leur place dans le temps n’est pas fixée d’une façon tellement précise qu'on ne puisse en ajourner l'échéance. C’est ainsi qu'Apollon, au dire d'Hérodote, a retardé la prise de Sardes (4).
Les philosophes romains n'ayant pas vécu, comme les philo-ophes grecs, au milieu des oracles, firent de la for en la divination une affaire de goût personnel. Ils la traitèrent avec d'autant plus de sans-gêne, que les devins et les prophètes leur venaient de l'étranger.
Ennius, et après lui Polvbe, disciple sur ce point d'Aristote et de Carnéade, commencèrent à l’attaquer sérieusement (2). Varron considère la pratique de la divination comme une habitude sociale. Le représentant du stoicisme, Caton d'Utique, regardait comme une faiblesse le souer supersticieux de Pavenir (3). Lucrèce propageait les négations radicales d'Épicure, et Cicéron considère la divination comme nuisible et funeste (4). Le traité de la divination de Cicéron est l'ouvrage le plus considérable qui nous reste sur la matière. Son retentissement fut immense. Eusèbe (5) estime qu'il donna naissance à plus de six cents ouvrages qui, malheureusement, ne nous Sont pas parvenus.
1. Bouché-Leclercq. ist. de la Div. I, p. 27. Hérodote, I, 91. fa Bouché-Leclercq. Z4:4., p. 69.