Bouché-Leclerca, 09. cit., IV, p
Dans le but, sans doute, de faciliter leur tâche, les augures S’apphquérent, avec le temps, à diminuer de p'us en plus le nombre des signes divinatoires. C’est ainsi qu'ils abandonnérent l'observation du phénomène de la phosphorescence électrique des pointes de lance (1), pour la reléguer dans la catégorie des prodiges, dont ils n'avaient pas à s'occuper. Le nombre des signes fortuits observés en chemin fut restreint de même. Au temps de Cicéron, nous n’en connaissons qu'un seul qui fut encore observé : c'est le présage fâcheux résultant de ce qu'une bête de somme æeftelée fieptait sur le passage dun magistrat, allant vaquer aux devoirs de sa charge.
Pour éviter la rencontre de signes funestes (on appelait ces signes des dire), les augures prenaient toutes sortes de précautions. L’auspiciant faisait par exemple dételer les bêtes de trait dans les lieux où il devait passer, ou bien encore il se faisait transporter en litière fermée, pour ne pas les voir, ce qui revenait au méme (2).
Vers la fin de la république il n°v avait en somme que trois sources d'auspices réguliers :
{° L'observation du vol et du eri des oiseaux ;
2 L'appréciation de Fappétit des poulets sacrés ;
3 L'observation des éclairs et des foudres.
Ces trois genres de phénomènes faisaient seuls
1, Cic. Dév., U, 36. — Arnob., IL, 67.
2, Cic. I, 36.
l'objet d'une observation voulue; mais on tenait aussi compte incidemment des auspices pédestres el des diræ, lorsqu'ils se produisaient au cours de la cérémonie auourale.
A Rome, comme en Etrurie, l'observation commenait par le tracé dun temple. L'augure se servait pour cela dun bâton recourbé et sans nœuds appelé lituus (A). Le temple de la divination romaine n'est autre chose que celur des Étrusques, mais simplifié et dépouillé de toutes les subdivisions enfantées par l'imagination toscane. S'il en différe autrement, €'est par l'orientation qui n'est peut-être pas exactement la même.
Le magistrat chargé de prendre les auspices, assisté d'un augure, se tournait probablement vers le midi, tandis que l’augure assistant se tournait du côté de lorient, pour ne voir que les présages heureux qui, à Rome, se produisent du côté gauche (2). Tite-Live nous montre, en eflet, Numa auspiciant avec le nord à sa gauche (3) et Denys d'Halicarnasse se représente Romulus procédant de la même façon (4).
L'opération du tracé des temples se faisait au moyen de formules sacramentelles. L’auspiciant insérait la désignation des limites par lesquelles il