‹ Le Droit Augural Et La Divination Officielle Des RomainsChapitre 3 sur 102 · La Religion romaine, P · texte numérisé non relu

La Religion romaine, P

2, Voir l’/ÆZist. des Romiins de Victor Duruy, p. 92, tome IL.

3. Manuel des Antiquilés romaines, trad. sous la direction de G. Humbert, tome XII; / Calle chez les Romains, I, p.7 (trad. Lrissaud).

En résumé, ces dieux sont le produit d’une froide raison. Les premiers Romains se sentaient impressionnés devant les forces du monde, comme le sont les savants modernes, avec celte énorme différence toutefois que l'imagination enfantine des anciens les leur représentait douées d'intelligence et de sensibilité. D'autre part ces lorces naturelles : lumière, chaleur, électricité, ete... que la physique tend aujourd'hui à ramener à la manifestation d'une force unique, ils les connaissaient si mal, qu'ils se sont figurés avoir affaire à autant de forces diverses, qu'ils apercevaient de phénomènes dynamiques différents. C’est pour cela qu'ils ont créé une multitude de dieux. Et pourtant, à l'instar des autres peuples de l'antiquité, ils adoraient le soleil, comme le père de toutes les autres divinités, comme le générateur de toute vie. « Ce que la science de nos Jours à constaté, ainsi que la si bien dit M. J. Sourv, la raison des anciens hommes l'avait compris d'instinet » (1).

Empreint de telles idées, l'homme primitif ne faisait qu'ohéir aux exigences de la raison, en cherchant à résoudre le problème de la connaissance des choses futures au moyen d'une entrée en communication avec la divinité. Longtemps sans doute il resta, -dessus, à létat de désir. Mais en voyant se produire des phénomènes dont il ne percevait pas

1. Études hist. sur les Religions de l'Asie ant. et de la Grèce (1877), paze 4.

l’enchainement ni les causes naturelles, son désir aidant, il se figura être en présence de manifestations divines ; il erut que c'était le langage des dieux et que était à lui à interpréter ce langage. Il se mit à l'œuvre et bientôt la Divination fut fondée.

M. Michel Bréal à fort justement remarqué qu'un peuple pieux comme les Romains, « convaincu de la continuelle intervention des dieux dans les affaires humaines, pouvait sans inconséquence demander à la divmité qu'elle manifestât sa volonté par un signe. On choisissait pour obtenir ce signe les phénomènes qui paraissaient le moins astreints à des lois, comme le vol et le chant des oiseaux, la direction de la foudre, la palpitation des entrailles de la victime » (4).

Mais comment en était-on venu à déchiffrer le langage divin ?

En se levant, lhomme primitif avait aperçu un vol d'oiseaux passer à gauche; dans la journée il lui était survenu un événement heureux : apparemment il avait rapproché ces deux faits. À quelques jours de là, en vovant les mêmes oiseaux voler pareillement, il en avait conclu que cette circonstance serait suivie d’un bonheur prochain.

Sans doute, la réalité ne venait qu'exceptionnellement confirmer une telle conjecture. La non prévision,

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