Mite-Live
D ICIC. Din, U, 40.
Incompétents en matière de prodiges et n'attendant qu'une révélation très bornée des auspices, les Romains reportaient sur les omina tout l'effort de leur curiosité. € I n’en sortit pas une doctrine Systématisée, mais une habitude constante qui, jusqu'à un certain point, en tient lieu » (4). Cette habitude faisait partie des coutumes offi-
celles.
On avait à Rome une foi aveugle dans le pouvoir magique des formules (2) : c’est sans doute pour cela que le droit créé par les Romains en est st rempli. Les paroles prononcées avec solennité étaient, pour eux, capables de modifier l'avenir. Is pensaient que le nom donné à un individu où à une eité avait une influence très grande sur sa destinée. Et quelles précautions ne prenait-on pas pendant les cérémonies religieuses, pour qu'aucune paro!e de mauvais augure ne parvint à l'oreille des ponüfes ! L'officiant se couvrait la tête d’un voile et les hérauts criaient au peuple de faire silence (3).
Dans l'omen la clarté soudaine de la révélation est le produit de la parole humaine conduite par un hasard providentiel; dans les sorts la parole est écrite. L'omen s'offre de lui-même, il tient du prodige ; la révélation par les sorts, au contraire, doit être suseitée. Le rôle de l'observateur est passif dans le premiers cas, actif dans
le second.
'Bouche-Leclércq, 02.74 VF p'156!
2 Cf. Pline, XNVIIIL, S3.