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$ II. — Classification des auspices.
Lorsque Jupiter était consulté par plusieurs magisrats à la fois, 11 aurait dû, semble, faire à une méme question, à tous et partout, des réponses idenüques. Mais, après le démembrement du droit d'auspices, on S’aperçut bien vite que Jupiter faisait souvent des réponses contradictoires. Le maitre de POIympe avait sans doute des raisons pour agir ainsi et l’on ne songea pas à faire retomber une imconséquence pareille sur la divination, Pour sortir dembarras on imagina de spécifier d'avance quels auspices seraient considérés comme porteurs de la véritable pensée divine, en cas de conflit entre plusieurs consultations augurales. Le droit romain n'était pas fait seulement pour régler la conduite des hommes, ilentendait aussi, dans une certaine mesure, régir les divinités ellesnémes.
Depuis l'établissement de la république, chaque magistrature était occupée par des titulaires égaux en droits. En cas d'entente tout marchait à merveille: mais des conflits étaient possibles. C'est pourquor la nécessité de maintenir Punité du commandement vint se joindre aux exigences du droit augural, pour établir entre les magistrats collègues uue hiérarchie
temporaire. On institua entre ceux-c1 un roulement, en vertu duquel la préséance leur appartenait à tour de rôle. Ainsi les consuls se passaient les faisceaux de mois en mois. Celui qui était mvesti temporairement du pouvoir suprême — on l’appelait consul majeur (4) — prenait seul les auspices (2); son collègue, relégué au second plan, renonçait en principe à exercer, en même temps. son droit de les prendre. Si, en fait, il ne se conformait pas à sa renonciation volontaire, il y avait un conflit qui paralvsait leur initiative à tous les deux. Gette règle ne S’appliquait pas à la ouerre, Là, le commandement en chef pouvait bien alterner de jour en jour, mais celui qui était désigné pour chef suprême par son tour de rôle, avait seul le droit de consulter les dieux : ses auspices étaient supérieurs et l’on se conformait aux prescriptions de ses observations fatidiques, même au cas où son collègue, auspiclant de son côté, avait observé des signes contraires (3).
1° Auspices majeurs et Auspices mineurs. — L’auoure Valérius Messala à écrit sur la divination offcielle un ouvrage fort remarquable, qui ne nous est malheureusement pas parvenu ; mais Aulu-Gelle nous
1. Reinach. Wannel de Philologie classique, 1, p.285. 2, Cf. Tte-Live, -XXVIIT,' 9: