‹ Le Droit Augural Et La Divination Officielle Des RomainsChapitre 5 sur 102 · V. Bouché-Leclercq, og. cit. IL, p. 177 et suiv · texte numérisé non relu

V. Bouché-Leclercq, og. cit. IL, p. 177 et suiv

laquelle elle repose n'est plus là même. Avec lexpérence accumulée de plusieurs siècles, l'esprit humain croit avoir reconnu que les forces de la nature agissent sans raisonner. Depuis trois où quatre cents ans qu'il les observe avec une attention toute particulière, il les a loujours vu se comporter de même dans les mêmes circonstances. [en à conelu qu'elles se comporteront toujours ainsi, qu'elles sont inconscientes et dépourvues de raison.

D'autre part on s'aperçoit que le bat utile poursuivi par la science se rapproche sensiblement de celui de la divination antique. « L'objet de la science, à écrit Macaulay (sur ce point disciple de Bacon), n'est pas la théorie, mais l'application. L'objet des mathématiques n'est pas la satisfaction d’une curiosité oisive, mais lPinvention de machines propres à alléger le travail de l’homme, à augmenter sa puissance, à dompter la nature, à rendre la vie plus sûre, plus commode et plus heureuse, ete... elle (la science) n'a point son but en elle-même, elle n’est qu'un moven : Fhomme n'est point fait pour elle, elle est faite pour l'homme: elle ressemble à ces thermomètres et à ces piles qu'elle construit pour ses expériences? toute sa gloire, tout son mérite, tout son office est d’être un instrument » (1).

Un instrument de quoi ? I faut, disait Auguste

1. Voir : Æéstoire de la Littérature anglaise, de Taine, t. V, p. 148 et 151.

Comte, savoir pour prévoir, et prévoir pour pourvoir. La science est un instrument de prévision comme Pétait la divination à son origme. Le but de celle-ci n'était pas simplement la satisfaction d’une curiosité oisive; ce but e’était de même Patile. Comme elle, la science est un produit logique du cerveau humain, mais un produit incontestablement plus parlait.

L'une et l’autre se sont constituées par lobservation et le raisonnement, par une combinaison de logique et d'expérience, basée sur. une conception hypo‘hétique de la nature des choses.

Maus, revenons aux temps antiques. Les forces de fa nature divinisées, apparaissaient aux premiers hommes comme des conseillers toujours prêts à dévoiler l'inconnu. Il ne s'agissait que de déchiffrer les phénomènes sans causes apparentes, partant prodigieux, qu'on regardait comme leur langage. Les Grecs (D) appelérent Mantique etles Romains Divination, la connaissance des règles permettant de mettre à profit ce secours intellectuel, spontanément offert aux hommes par la Divinité.

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